juin 7, 2026

Black Veil Brides – Vindicate

Avis :

Les changements de direction artistiques sont monnaie courante dans le milieu du métal. On a constamment des groupes qui débutent dans un genre, puis qui s’assagissent avec les années, ou au contraire, qui décide de faire parler la rage. Cela peut avoir des effets néfastes sur une carrière, car les formations peuvent se mettre à dos une partie de leurs fans, qui vont être déçus par les changements opérés. Cependant, c’est aussi une preuve de maturité. Ne pas s’enfermer dans un genre, vouloir grandir et muter, tout cela démontre une envie de bousculer les préjugés et de se mettre en péril. On peut évoquer Linkin Park et sa dérive après Meteora, ou encore Darkthrone qui a commencé dans le Death avant de partir vers le Black. C’est sensiblement la même chose avec Black Veil Brides, qui opère une mue lente, mais pas dénuée d’intérêt.

Lors de sa création, dans la deuxième partie des années 2000, le groupe propose un Heavy assez joyeux, qui peut aussi se ranger dans la catégorie du Glam. Cheveux longs, maquillage, vêtements troués, tout est là pour faire de cette formation un hit en puissance à destination d’un public féminin. Point de chant crié, pas de growl, techniquement propre mais sans folie, l’ensemble mise aussi beaucoup sur son frontman, le très beau Andy Biersack. Puis au fil des ans, le groupe change de direction artistique. Il se fait plus sombre, plus sulfureux, et rentre dans un métal alternatif assez transparent. Néanmoins, malgré des albums pas très impactants, Black Veil Brides continue son ascension, jouant encore plus sur le charisme de son chanteur. Puis déboule alors Vindicate, leur huitième album studio, et on va en prendre plein la tronche, avec une certaine délectation.

Dès l’entame, on sent que les américains ont bossé leur sujet pour faire quelque chose de plus sombre. Invocation to the Muse est une introduction où Andy Biersack parle, et permet alors de lancer Vindicate, un titre puissant, qui joue sur plusieurs textures. Le début peut faire penser à du métal alternatif de base, mais on va rapidement se rendre compte que le refrain fonctionne du tonnerre, et que l’ensemble rentre immédiatement en tête. Pas de révolution sur ce morceau, mais un riff plus rugueux, plus lourd, qui fait du bien. C’est avec Certainty que les choses sérieuses commencent, et que l’on voit que le groupe veut aller de l’avant et faire quelque chose de plus violent. Ici, on embrasse tous les codes du Metalcore, jusqu’à un growl surpuissant, qui donne une véritable plus-value à l’ensemble. C’est puissant, addictif, et savamment orchestré.

On va vite se rendre compte que l’album navigue constamment entre les eaux du Metalcore et de l’alternatif. Cependant, on ne peut renier une envie de fournir quelque chose de plus franc et brut. Si Bleeders épouse sans problème les codes que le groupe a toujours eus, il réside en son sein cette envie de nous frapper fort et de marquer les esprits. Puis Hallelujah vient nous percuter avec un riff puissant et, encore une fois, un chant plus violent. Le refrain se fait entêtant, et en un sens, on en redemande. Seul Cut, en duo avec la chanteuse Lilith Czar, replonge dans les défauts du groupe. Le morceau sonne comme très pop malgré des paroles assez sombres, et les arrangements post-prod sont trop pompeux pour vraiment être bons. D’ailleurs, c’est un peu l’anomalie de l’album, qui ne rentre clairement pas dans le cadre Heavy recherché par le groupe.

Heureusement, derrière cela, Alive viendra nous frapper très fort, avec un Metalcore classique mais hargneux, qui ne fait pas dans la dentelle. Il faudra bien un petit interlude après ça, pour nous remettre. On retrouve alors la grandiloquence du groupe, et cela permet alors de balancer Revenger avec un feat inattendu, celui de Rob Flynn de Machine Head. Une preuve, si besoin en était, que le groupe veut aller vers quelque chose de plus brutal. Et ça marche ! Et même quand c’est un peu plus doux, on prend énormément de plaisir, grâce à des refrains savamment troussés, ou des solos rares, mais toujours de qualité. Sorrow est un très bon morceau, mais on sera plus attiré par Ave Maria et son riff qui donne envie de headbanger. Puis Woe & Pain détient un refrain mémorable, que l’on chante immédiatement.

Au final, Vindicate, le dernier album en date de Black Veil Brides, est une surprenante réussite. Là où l’on aurait pu craindre un métal alternatif de poseurs à destination d’un public féminin, on se retrouve face à un groupe qui est énervé, et qui ne demande qu’à faire monter la sauce. Percutant, efficace dans ses mélanges et ses refrains, on peut aisément dire que Vindicate est le meilleur album de Black Veil Brides à ce jour.

  • Invocation to the Muse
  • Vindicate
  • Certainty
  • Bleeders
  • Hallelujah
  • Cut feat Lilith Czar
  • Alive
  • Purgatory (Overture IV)
  • Revenger feat Machine Head
  • Sorrow
  • Grace (Interlude)
  • Ave Maria
  • Woe & Pain
  • Eschaton

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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