mai 18, 2026

The Land That Time Forgot – L’Insulte à Conan Doyle

De : Anthony Frith

Avec Faduma Ali, Michelle Bauer, Jono Darby, Joshua Davies-Thain

Année : 2025

Pays : Etats-Unis

Genre : Aventure, Science-Fiction

Résumé :

Les survivants d’un navire coulé s’emparent d’un sous-marin russe et se retrouvent bloqués sur une île peuplée de créatures préhistoriques.

Avis :

Lorsqu’on évoque une contrée perdue et la présence impromptue de dinosaures, on a tôt fait d’assimiler une telle histoire à l’œuvre d’Arthur Conan Doyle, en particulier Le Monde perdu, issu des Exploits du professeur Challenger. Davantage orienté vers la science-fiction, Edgar Rice Burroughs a proposé une incursion similaire aux aventures littéraires de son homologue avec The Land That Time Forgot. À l’écran, on retient surtout un sympathique long-métrage des années 1970 avec Le Sixième continent. Puis Asylum s’est entiché de souiller l’intrigue originelle par une effroyable adaptation, plus de trente ans après la précédente itération cinématographique. La société de production récidive dans ses méfaits avec une nouvelle vision déplorable à laquelle on lui prête une dimension absurde.

En de telles circonstances, il n’est guère utile de s’attarder sur une quelconque fidélité au matériau de base. L’idée avait déjà été sabotée dans tous les sens avec le métrage de C. Thomas Howell. Elle est ici exploitée sans scrupule ni passion. Le simple fait de rapprocher l’ignominie commise par Anthony Frith du récit d’Edgar Rice Burroughs relève de l’insulte pour ce dernier. Parmi les bêtises en devenir, le contexte contemporain délaisse la découverte opportune d’un continent (ou d’une île perdue). L’histoire évoque une anomalie temporelle. Celle-ci propulse des marins d’eau douce de divers horizons sur une île isolée, grouillante de bestioles peu accueillantes et d’un peuple hostile très discret, sinon inexistant.

« le film est un festival de stupidités et d’inepties en tous genres »

The Land That Time Forgot (ou The Lost Earth pour sa diffusion sur certaines plateformes de VOD) enchaîne les aberrations à un rythme rarement atteint, même pour une production Asylum. Si cela tient tout d’abord aux circonstances de ce périple sous des tropiques préhistoriques, on peut aussi avancer des dialogues et des situations qui relèvent du non-sens. Mention spéciale à l’hommage paternel et ses compétences en chirurgie pour justifier de la mort du mosasaure, empalé sur le sous-marin russe. En cela, le film est un festival de stupidités et d’inepties en tous genres. Preuve en est avec ce T-Rex qui se hisse dans une grotte en hauteur (après avoir ingéré une échelle) ou à ces ptérodactyles à la passivité manifeste.

On peut aussi évoquer ces raptors qui manquent cruellement d’intelligence et de cohésion pour piéger leurs proies. Les espèces de dinosaures demeurent classiques et restreintes. En effet, l’intrigue se montre verbeuse et répétitive, à de nombreux égards. Cela porte sur les observations des intervenants sur leur condition, l’identification des reptiles disparus ou les étapes pour s’évader de ce caillou paumé. On peut s’amuser de réparties plus caricaturales que comiques. Par exemple, celles de l’allemand impérialiste (au doublage forcé) ou du lieutenant Olson, sorte de leader de pacotilles qui rappellent surtout la rencontre improbable entre Philippe Etchebest et Jean-Pierre Coffe, un soir de beuverie. Cela sans oublier les élucubrations du Pentagone pour comprendre la situation et retrouver ses fidèles soldats.

« les dinosaures sont relégués au second plan »

Dès lors, les dinosaures sont relégués au second plan. Malgré les 80 minutes bien tassées, on finit par s’ennuyer, tant la nullité ambiante supplante toute autre considération. En matière de trucages, on reste toujours dans des carcans de médiocrité, y compris pour les effets pyrotechniques. Cela ne tient pas forcément à la modélisation des reptiles, mais à leur animation et leur incrustation à l’image ; catastrophiques, au demeurant. Le rapport d’échelle est également fluctuant pour traduire la menace par la taille. En l’occurrence, le danger relève surtout d’une épidémie de stupidité qui touche les bestioles, comme les sombres caricatures qui font office de protagonistes ou de hors-d’œuvre. Tout dépend du point de vue et du statut qu’on leur prête.

Au final, The Land That Time Forgot constitue une énième immondice cinématographique, comme seul Asylum (et quelques rares élus) sait en commettre. Malgré l’idée de base initiale, on se perd très vite dans les élans putrides et opportunistes du studio de production. Entre des incohérences en pagaille, des personnages qui font office de potiches et des dinosaures aussi discrets qu’ignobles, le film d’Anthony Frith coche toutes les cases du mockbuster en puissance. Une telle expérience demeure éprouvante à bien des égards, notamment lorsqu’on considère une stupidité intentionnelle pour saborder le récit et sa progression. Pas même un divertissement potable, juste une soupe de pixels indigestes nantit d’une histoire alambiquée et invraisemblable.

Note : 02/20

Par Dante

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