
De : Hadi Hajaig
Avec Sam Rockwell, Ben Schwartz, Phoebe Fox, Peter Ferdinando
Année : 2018
Pays : Angleterre
Genre : Comédie, Policier
Résumé :
Deux ex-prisonniers en liberté conditionnelle travaillent dans un restaurant de New York. Leur vie est une impasse, jusqu’à ce qu’une avocate anglaise entre dans le restaurant avec une offre qu’ils ne peuvent pas refuser.
Avis :
S’il y a bien un art dans lequel excellent les anglais, c’est la comédie. Certes, il faut adhérer à leur humour si particulier, mais certains films anglais sont devenus cultes par leurs histoires à la fois touchantes et drôles. Pas besoin de les lister ici, rien qu’avec un peu de mémoire et de travail de recherches, les noms des films vont popper directement dans votre tête. Cependant, comme tout genre qui se respecte, il y a aussi les ratés, les films qui ne font pas rire, ou qui n’ont pas la bonne histoire. Blue Iguana pourrait faire partie de cette catégorie. Comédie anglaise réalisée par Hadi Hajaig, (plutôt habitué aux thrillers low cost (Menace d’Etat avec Sean Bean ou Vengeance is Mine)) on ne peut pas dire que la réussite soit le maître-mot de ce long-métrage poussif et sans aucun intérêt, pas même visuel.

Dès le démarrage, on sent que l’on tombe sur un film qui veut imposer un rythme humoristique. On y voit Ben Schwartz et Sam Rockwell dans un restaurant, en train de bavasser à toute vitesse, espérant sortir une vanne toutes les deux secondes. C’est déjà épuisant, et surtout, ça ne sert pas du tout les personnages. On devine rapidement les rôles de chacun, avec un Sam Rockwell plus posé et donneur de leçon, et un Ben Schwartz surexcité et complètement débile. Après cet échange, une jeune femme entre, commande à manger, et pose les bases de l’intrigue. Il s’agit d’une avocate qui demande à ces deux hommes, qui sont en liberté conditionnelle, de faire un travail pour elle, à Londres, en échange d’une grosse somme d’argent. Ce qu’ils vont accepter, bien évidemment, mais les choses vont se compliquer avec l’arrivée d’un parrain de la pègre londonienne.
« Blue Iguana est un film impersonnel »
A partir de là, le film va devenir un mélange entre policier et comédie. On va y croiser des personnages tous plus ubuesques les uns que les autres, et on aura droit à des passages qui se veulent drôles, mais qui ne le seront jamais. En fait, tous ces protagonistes sont épuisants, tant ils ne rentrent dans aucune case crédible. Le mafieux avec sa coupe mulet qui est sous les ordres de sa mère, une vieille cochonne qui se tape tout le quartier, est très désagréable, et surtout, il n’est jamais marrant. On peut y ajouter un parrain de la pègre tout mou, qui ne sert strictement à rien. Ou encore deux types qui viennent aider le trio principal, mais qui n’ont aucun background. Très clairement, l’écriture de Blue Iguana pêche par un manque de qualité, et par un manque d’envie de faire quelque chose de plus rigoureux.
Visuellement parlant, c’est un peu la même chose. L’affiche du film, tout comme son générique, laissent à penser à un long-métrage coloré, relativement pop, mais il n’en sera rien du tout. Blue Iguana est un film impersonnel. La mise en scène est basique de chez basique, et s’amuse même à singer des cinéastes comme Guy Ritchie ou Danny Boyle sur certaines séquences, mais sans une once de talent. Les scènes de baston auraient pu être bien amenées, mais elles sont réduites comme peau de chagrin, et surtout, elles ne dynamitent pas le récit. Il en va de même avec les gunfights, qui auraient pu avoir un certain impact, donner du cachet au film, mais elles sont d’une fainéantise crasse. Alors oui, ça se laisse regarder, mais on est en droit d’en attendre plus, surtout avec un casting aussi alléchant et de telles promesses.
« qu’est venu faire Sam Rockwell dans cette galère »
On se demande d’ailleurs ce qu’est venu faire Sam Rockwell dans cette galère. L’acteur a pourtant un CV impressionnant, et c’est étrange de le voir dans un tel naufrage. Il n’est pas bon dans le film, mais son personnage est trop lisse pour avoir un quelconque ressenti sur nous. Il en va de même pour le reste du casting, avec un Ben Schwartz qui en fait des caisses, et qui est ridicule, ou encore une Phoebe Fox transparente, et qui n’est pas drôle du tout. Et le pire dans tout ça, c’est que l’histoire du film ne raconte pas grand-chose de fondamental. Il n’y a pas vraiment de messages, pas de critique de quoi que ce soit, qui aurait pu donner un intérêt au film. On suit cette histoire de bras cassés de façon détachée, avec un ennui poli, espérant trouver au bout d’un moment un quelconque intérêt.

Au final, Blue Iguana est un film qui n’a pas fait de bruit lors de sa sortie directement en VOD chez nous, et on comprend aisément pourquoi. Si ce n’est pas le plus mauvais film que l’on ait vu, il n’en demeure pas moins un long-métrage mou, sans saveur, sans identité, avec un scénario faiblard et un humour qui tombe très souvent à plat. Se voulant dans la veine de ces comédies policières anglaises cultes, le film de Hadi Hajaig ne vaut pas grand-chose, et n’occupe même pas un après-midi pluvieux, c’est dire son côté oubliable…
Note : 08/20
Par AqME
