janvier 11, 2026

Ip Man – L’Excellent Biopic sur le Maître de Bruce Lee

Titre Original : Yip Man

De : Wilson Yip

Avec Donnie Yen, Simon Yam, Siu-Wong Fan, Ka Tung Lam

Année : 2008

Pays : Chine, Hong-Kong

Genre : Biopic, Arts Martiaux

Résumé :

Film biographique sur la vie de Ip Man, un maître de Kung-Fu spécialisé dans le style Wing Chun et qui fut le maître de Bruce Lee. Dans les années 30, Ip Man vit à Foshan dans le sud de la Chine, lors de l’occupation japonaise. Face à ses indéniables talents en matière d’arts martiaux, les japonais lui demandent d’entraîner les soldats, ce qu’il refuse catégoriquement. Il va alors devoir lutter pour sa survie.

Avis :

En Asie, le cinéma d’arts martiaux constitue une véritable institution. La Chine excelle tout particulièrement pour dépeindre des prouesses remarquables, que celles-ci surviennent dans un cadre contemporain ou historique. Dans ce dernier contexte, ce registre permet de se pencher sur certaines personnalités emblématiques. À l’image de Wong Fei-Hung, celles-ci peuvent s’avancer comme des mythes vivants, maintes fois ressassées dans le septième art. Parmi les autres figures notables, on retrouve Ip Man, grand maître du wing chun. Au fil des décennies, son histoire a fait l’objet de nombreuses spéculations. Cela tient autant à son parcours qu’à la notoriété de son élève le plus célèbre : Bruce Lee.

Avant le film éponyme de Wilson Yip, Ip Man n’a jamais eu droit à un projet consacré à sa vie. Au mieux, peut-on apprécier des références ou de brèves apparitions, en particulier dans les biopics dédiés à Bruce Lee, comme Dragon. Ce qui reste étonnant, a fortiori en considérant l’importance qu’accorde la Chine à de tels symboles de sa culture et de ses valeurs. Avec le présent métrage, il ne s’agit pas d’un biopic soucieux de fournir un point de vue réaliste et méticuleux de l’homme. Il est davantage question de proposer une vision romancée, non moins notable, de ce qui a pu constituer certains évènements clefs de sa vie.

« le travail sur la caractérisation se veut nuancé »

L’intrigue se déroule essentiellement dans les années 1930. On observe deux grandes parties. La première tend à présenter le personnage dans un contexte léger, à tout le moins insouciant. Il est facile de distinguer son statut social aisé quant à ses biens, son mode de vie. Le simple fait de pouvoir pratiquer le wing chun à plein temps traduit une position privilégiée, en comparaison de ses pairs. Pour autant, on remarque un tempérament guère condescendant ou imbu de ses capacités. Son humanisme et sa modestie vont contribuer à forger sa renommée. À ce titre, le travail sur la caractérisation se veut nuancé, y compris pour les intervenants secondaires.

Alors qu’il règne une saine rivalité entre les écoles d’arts martiaux à Foshan, les affres de la guerre et de l’occupation nipponne amorcent un registre très différent dans la seconde partie. Le changement de situation et un cadre délétère marquent un dénuement total pour la famille d’Ip Man. À ce titre, le travail sur la photographie et l’atténuation des couleurs confèrent un sentiment de désolation, là où les quartiers vivants de la ville se traduisaient par l’effervescence et la bienveillance ambiantes. Dans un cas, comme dans l’autre, la reconstitution historique de Foshan force le respect. Si la seconde partie se veut manichéenne, cet aspect n’est guère rebutant, car il se préserve d’une diabolisation et d’un patriotisme exacerbés.

« Quant aux combats, on touche à l’excellence »

Quant aux combats, on touche à l’excellence. On connaît les productions chinoises pour leur savoir-faire et leur capacité à magnifier des confrontations longues sans lasser ou se montrer redondantes. Ici, les affrontements sont un peu plus brefs qu’à l’accoutumée. Il n’en demeure pas moins que les chorégraphies sont travaillées et distinguent avec brio les différents styles d’arts martiaux ; qu’il s’agisse du wing chun, de la boxe du nord ou du karaté. On apprécie tout autant la célérité des coups portés, la maîtrise des corps et des environnements pour fournir des joutes de premier ordre. Pour ne rien gâcher, la mise en scène s’avère fluide et dynamique avec un bel enchaînement des points de vue et du cadrage, sans paraître confuse ou anarchique.

Au final, Ip Man s’avance comme un film remarquable. Si le registre de l’action est prédominant, Wilson Yip n’en oublie pas d’apporter un fond à son intrigue. En l’occurrence, l’occupation nipponne de 1937 offre un contraste bienvenu pour étayer les enjeux et souligner la tonalité dramatique des évènements. On apprécie également une caractérisation développée sans sombrer dans la facilité ou les poncifs de circonstances. Présenté avant tout comme un biopic romancé, Ip Man privilégie un portrait humain de son protagoniste, et ce, malgré des capacités martiales d’exception. Un métrage aussi distrayant qu’intéressant dans sa manière d’aborder une figure mythique de la culture chinoise.

Note : 18/20

Par Dante

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