février 18, 2026

Ip Man 2 – Le Retour du Grand Maître – Une Suite de Qualité

Titre Original : Yip Man 2

De : Wilson Yip

Avec Donnie Yen, Sammo Kam-Bo Hung, Simon Yam, Lynn Hung

Année : 2010

Pays : Chine, Hong-Kong

Genre : Action, Biopic

Résumé :

Désireux de faire perpétuer son art, Ip Man décide d’enseigner les arts martiaux au sein d’une école mais essuie l’hostilité de Hung qui est le seul à décider qui peut s’octroyer ce droit. Pour cela, Ip Man doit vaincre une flopée d’adversaires, un défi qu’il relève avec brio mais ces ennuis ne s’arrêtent pas là puisque le gouvernement britannique organise un tournoi auquel participe Twitser, un redoutable champion de boxe.

Avis :

Avec Ip Man, Wilson Yip offrait un excellent compromis entre le biopic et le film d’action ayant pour toile de fond l’occupation nipponne et les prémices de la Seconde Guerre mondiale. Il en ressortait une proposition remarquable, magnifiée par des chorégraphies d’exception. Si la fin restait ouverte, une suite n’était pas immédiatement prévue. En l’état, cette conclusion venait souligner le terme d’un chapitre pour son protagoniste. Car, contrairement à bon nombre de récits biographiques, le premier métrage évoquait une période et non l’ensemble de sa vie. Ce qui permettait de développer les personnages et de minimiser les ellipses afin de rendre le rythme d’autant plus intense. Avec Ip Man 2 : Le Retour du grand maître, on se penche désormais sur son exil à Hong Kong.

L’intrigue s’inscrit dans la continuité du précédent film. La transition est telle qu’on pourrait les considérer comme deux parties d’un seul projet. À de nombreux égards, on y distingue des occurrences similaires pour dépeindre Hong Kong à la fin des années 1940. En cela, la reconstitution reste toujours aussi soignée. On apprécie la qualité des décors qui, même pour des environnements tournés en studio, font illusion. L’impression tient notamment à cette effervescence urbaine dans les rues étriquées ou les quartiers malfamés de l’ancienne colonie britannique. Une occupation étrangère qui demeure centrale dans le récit et les thématiques véhiculées.

« la reconstitution reste toujours aussi soignée »

Là où Ip Man se focalisait sur les persécutions du Japon à l’encontre des Chinois, sa suite délaisse cette sombre page historique. Elle se penche plutôt sur l’une des étapes clefs de la période de colonisation du Royaume-Uni. Soit dit en passant, celle-ci coïncide avec l’accession au pouvoir des communistes en Chine. Le parallèle reste intéressant, mais il n’est qu’un facteur contextuel. De discours politique, on ne distingue que l’ascendance et le mépris des Occidentaux à l’égard de la Chine ; allusions condescendantes et comportements racistes à l’appui. L’accent est également mis sur la corruption qui règne au sein des autorités locales. Comme pour le premier volet, l’opposition des forces est marquée, mais elle demeure essentielle pour mieux appréhender les épreuves des intervenants.

Celles-ci se traduisent par le quotidien d’Ip Man, où il doit concilier sa vie familiale, ses responsabilités financières avec la reconnaissance de ses pairs en matière d’arts martiaux. Cela sans oublier les difficultés à créer une école et trouver des élèves. Là encore, le personnage reste très intéressant, car il s’écarte du mythe forgé par la culture populaire et son histoire avec Bruce Lee. Pour rappel, il s’agit d’une inspiration plus ou moins libre, non d’un biopic didactique et rigoureux quant aux véritables évènements qui ont marqué son existence. Certains sont fantasmés, d’autres occultés, en raison d’une tonalité dramatique trop forte. Il n’en demeure pas moins que les faits permettent de mieux concevoir son tempérament et sa philosophie de vie, au regard de ce qu’il a pu traverser.

« le film n’en oublie pas l’action »

En complément d’une narration fouillée et d’un contexte bien amené, le film n’en oublie pas l’action qui régit tout bon métrage d’arts martiaux. L’ensemble se veut dynamique et équilibré pour varier les affrontements à l’échelle de duels ou de batailles urbaines rangées. Selon les circonstances et le cadre des combats, la dimension spectaculaire prend ici différentes significations. La maîtrise du wing chun et d’autres arts martiaux renvoie à des joutes percutantes, chorégraphiées avec un sens du détail qui impose le respect (et l’admiration). Mention spéciale à la séquence de la table qui joue de la gravité, sans pour autant se montrer surréaliste. On apprécie également cette confrontation avec la boxe occidentale, dont les caractéristiques demeurent aux antipodes des arts martiaux chinois.

Au final, Ip Man 2 : Le Retour du grand maître s’avance comme une suite aussi incontournable que le premier film. Son esprit se veut dans sa continuité, tout en évoquant d’autres sujets et moments charnières de la vie d’Ip Man. Le contexte historique et le discours sur les conséquences de la colonisation (incompréhension culturelle, mépris racisé…) interpellent, sans pour autant délaisser l’aspect distrayant et la nervosité d’un tel métrage. Les combats sont nombreux et variés. Ils constituent un moyen de mettre en avant les compétences martiales du protagoniste et, surtout, de son sens de l’honneur, sa force d’esprit face à l’adversité. Il en ressort un film d’arts martiaux qui soignent autant sa réalisation que ses propos pour fournir un résultat aux multiples attraits.

Note : 17/20

Par Dante

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