février 18, 2026

Send Help – Koh-Lanta selon Sam Raimi

De : Sam Raimi

Avec Rachel McAdams, Dylan O’Brien, Edyll Ismail, Dennis Haysbert

Année : 2026

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

Seuls rescapés d’un accident d’avion, Linda Liddle et Bradley Preston se retrouvent à présent coincés sur une île déserte. Pour ces deux collègues que tout oppose, l’heure est venue de surmonter les griefs du passé et de travailler ensemble pour tenter de s’en sortir. Sauf qu’en fin de compte la bataille pour la survie devient une épreuve de force, inquiétante et cruellement drôle, où chacun veut jouer au plus fin…

Avis :

Après « Doctor Strange in the Multiverse of Madness« , Sam Raimi cherchait à revenir à ses premiers amours. Il voulait réaliser un petit thriller horrifique et il voulait une histoire qui sortirait de l’ordinaire. En apprenant ça, les deux scénaristes Damian Shannon et Mark Swift ont eu l’idée de ressortir de leur tiroir une idée de scénario avec deux personnages dont les rôles se trouvent inversés après un crash d’avion. Ils font passer le scénario via une productrice qu’ils connaissaient et qui connaît Sam Raimi. À la lecture de cette histoire, Sam Raimi adore l’idée, car il voit tellement de possibilités autour de cette histoire.

Ça y est, le grand retour de Sam Raimi se fait enfin, dix-sept ans après « Jusqu’en enfer« , qui était sa dernière incursion dans le cinéma d’horreur. Parmi les sorties cinéma de février, le nouveau Sam Raimi faisait office de priorité, d’autant plus que « Send Help« , avec cette histoire d’employée presque brisée par sa hiérarchie, et qui se retrouve à prendre le pouvoir après un crash d’avion, me tentait tout particulièrement, et autant le dire tout de suite, j’en ai eu pour mon argent. Quel retour terrible nous offre là Sam Raimi. Drôle et jouissif à souhait, plein d’idées de mise en scène, plein de retournements de situation assez fous, « Send Help« , c’est un petit thriller psychologique qui tient toutes ses promesses et plus encore.

« Quel pied ! Oui, oui, quel pied ! »

Linda Little est une employée modèle et surtout une employée sur laquelle on peut compter pour tout. Promise au poste de directrice adjointe, Linda voit ses espoirs de promotion s’écraser lorsque son patron meurt et qu’il est remplacé par son fils, un jeune homme arrogant né avec une cuillère en argent dans la bouche. Bradley ne peut offrir cette promotion à Linda, car même si elle est très compétente, il lui préfère un ami et surtout, au-delà de ça, il trouve la jeune femme tout simplement hideuse. Lâche et un brin pervers, il fait toutefois miroiter à Linda le poste en lui proposant de le suivre en Thaïlande pour résoudre un problème. Malheureusement, le jet privé de Bradley s’écrase en pleine mer, seuls survivent Linda et Bradley, qui se retrouvent coincés sur une île déserte, et là, d’un coup, les rapports de force et d’autorité changent …

Quel pied ! Oui, oui, quel pied que ce nouveau Sam Raimi. Le réalisateur de « Evil Dead » est donc de retour avec un thriller horrifique et plante deux personnages en mode survivaliste sur une île déserte. Et avec ça, le plus intéressant donc dans ce film, c’est le rapport de pouvoir qui change entre le patron et son employée. C’est même l’essence de « Send Help« , qui petit à petit installe une tension assez terrible entre ces deux personnages.

« ce combat psychologique que le film offre »

D’un côté Bradley, qui est l’incarnation du jeune connard de Wall Street. Le petit merdeux imbu de sa personne, qui écrase tout le monde et juge à l’emporte-pièce. Et de l’autre, on a Linda, une jeune femme que le système écrase, car visuellement, elle fait crasseuse. D’un côté le patron, de l’autre l’employée, et que se passerait-il si un crash d’avion et une île déserte venaient changer tout ça ? Que se passerait-il si ce patron devait compter sur les compétences de la crasseuse et accepter d’être diminué et d’être sous les ordres de… voilà l’idée géniale de « Send Help« . Bien sûr, le film va plus loin que ça, poussant et creusant ses personnages, au point qu’on finira même par se demander quel est le plus pourri des deux.

Plus que le côté survival et les délires horrifiques et burlesques de Sam Raimi lorsqu’il s’aventure dans le gore, comme une chasse aux sangliers, ou encore des rêves qui tournent au cauchemar (gâchés quelque peu par des effets numériques pas terribles), c’est bien ce combat psychologique que le film offre. De ce côté, c’est bien écrit. Certes, c’est simple comme film, mais la tension tient le choc et le rythme navigue entre des moments intenses, qui peuvent même mettre très mal à l’aise, et des moments où le film se permet des respirations qui font du bien.

Et mieux encore, au fur et à mesure que cette histoire se déroule sous nos yeux, on se surprend même à se trouver dans une zone grise d’émotions, dans le sens où les rôles s’inversent tellement que l’on finit par avoir de la compassion pour les deux personnages, alors même que tout était fait pour rendre Bradley insupportable et détestable au départ.

« Sam Raimi s’amuse comme un petit fou »

« Send Help« , c’est un film qu’on prend plaisir à suivre grâce aussi à ces deux acteurs qui s’en donnent à cœur joie pour incarner ces deux personnages qui repoussent toujours plus loin leurs limites. D’un côté on a donc Rachel McAdams, géniale en employée bridée, qui a une confiance en elle incroyable. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu Rachel McAdams tenir un tel rôle et surtout s’éclater avec celui-là. On ressent le plaisir de l’actrice et du personnage. Puis c’est intéressant de voir le personnage de Bradley, au départ ultra sexy, dépérir au fur et à mesure, alors que le personnage de Linda, là, perdue sur son île, s’épanouit de plus en plus.

De l’autre côté, on a Dylan O’Brien et, très étrangement, c’est lui qui tient finalement le personnage le plus intéressant, car c’est celui qui morfle le plus. Celui que la vie attaque le plus, celui qui est perdu et qui doit renoncer à tout ce qu’il est. Le personnage et l’acteur en sont touchants et c’est peut-être là la vraie surprise du film, la compassion que l’on finit par avoir pour Bradley.

Du côté de la mise en scène, Sam Raimi s’amuse comme un petit fou et entre deux respirations, il nous offre un petit feu d’artifice. Humour noir, rythme parfois débridé, penchant vers la comédie joyeusement gore, puis d’un coup changement dans son sens de la narration, pour aller vers de la romance, vers le drame ou encore un final flamboyant dans son délire. Le tout est accompagné par le fidèle Danny Elfman pour notre plus grand plaisir.

Ce comeback de Sam Raimi sur un petit thriller plus psychologique qu’horrifique fait plus que plaisir. « Send Help« , c’est un délice d’un bout à l’autre. C’est un film qui tient très bien sa tension, ses personnages et au-delà de ça, qui démontre qu’il n’a pas besoin d’un énorme budget pour accrocher son public et ne pas le lâcher d’un bout à l’autre. D’ailleurs, en parlant de budget, il démontre même l’inverse, car dès que le film s’aventure sur des effets numériques, tout de suite ça saute aux yeux et ça dénature l’ensemble, alors que dès que Sam Raimi fait dans l’effet pratique, le film marche trop bien. Bref, vous l’aurez compris, ce qu’on peut dire de « Send Help« , c’est que c’est un énorme kiff !

Note : 17/20

Par Cinéted

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