
Avis :
On a souvent tendance à réduire le Stoner à un style pas très bien produit, qui joue avec les rythmiques et qui offre une ambiance assez lourde et poussiéreuse. Pour autant, c’est un genre qui s’allie très bien avec d’autres, comme par exemple le Doom. Le rythme est alors lent, les thèmes abordés sont souvent liés à l’occultisme et on obtient une atmosphère poisseuse qui est relativement grisante. Là où l’on est un peu moins habitué, c’est lorsque le Stoner se mélange avec le Heavy, car il semblerait, sur le papier, que ce soit deux genres plutôt opposés. Le Heavy est rapide, vif, les notes sont plus claires, ce qui n’a rien à voir avec le Stoner. Et pourtant, Electric Hydra va tenter ce pari. Formé en 2017 en Suède, le groupe va sortir plusieurs morceaux avant de sortir un premier album en 2020 chez Majestic Moutains Records.
Après un léger changement de line-up (le batteur et le guitariste sont partis voir si l’herbe était plus verte ailleurs), la formation continue son mélange incongru, porté par une chanteuse dont la voix trainante colle bien aux intentions du groupe. From the Fallen est donc le second skeud des suédois, qui arrive six ans après le précédent effort, et dans une discrétion assez sidérante. C’est bien simple, Electric Hydra ne se trouve pas référencé sur Metal Archives, site de référence du métal (même si on n’y trouve pas de metalcore, ce qui est, à mon sens, une hérésie), et pour avoir quelques infos, il faut papillonner dans les affres de l’internet. Une communication alors minime avec le label permet de découvrir le groupe et leur album, mais c’est bien dommage de ne pas avoir plus de lumière, sinon sur les réseaux sociaux.
Non pas que From the Fallen soit une totale réussite, mais c’est un album fort recommandable, qui essaye des choses, et qui prouve qu’avec peu de moyens, on peut faire un effort studio qui tient la route. Tout commence avec Scent of Blood, et le groupe veut réellement démontrer toutes ses intentions. La rythmique est rapide, le riff d’introduction est puissant, et on est plus sur un titre Heavy que Stoner. Le chant demeure correct, même s’il manque de tessiture. Mais comme entame, ça a le mérite d’attiser la curiosité et de pousser plus loin l’écoute. Let the Chaos Unfold va commencer à modeler un style hybride qui n’est pas si inintéressant. Les riffs sont plus lourds, le rythme est toujours rapide pour du Stoner, mais les guitares sont accordées assez basses, ce qui donne ce côté poussiéreux, presque garage. Il est dommage que le refrain soit faiblard.

Prayers of Fire reste un petit peu dans cette veine, et manque d’une identité plus prégnante. C’est bien, mais ça manque de consistance. Avec It’s All Just Dirt, le groupe s’essaye à quelque chose de plus long, et si on retrouve une ambiance un peu sale, le chant n’est pas assez puissant, et surtout, l’ensemble manque de variations. On est toujours sur la même ligne mélodique, et parfois, l’ennui s’installe. When Destruction Calls, on retrouve de l’énergie, et une envie de mettre le feu aux poudres. C’est court, concis, les riffs sont incisifs et le morceau marche à plein régime. Il en va de même avec Contagious, qui frappe fort dans sa mélodie et son riffing, tout en abordant cette fois-ci un chant masculin. Là aussi, ça reste assez simple, mais le morceau marche bien, et les échanges vocaux donnent plus de puissance.
A New Dawn a un petit côté Grunge qui n’est pas désagréable, mais encore une fois, le chant manque d’impact. Fort heureusement, derrière ce titre, on va avoir droit à un trio magique. Durant moins de trois minutes, les trois titres suivants sont bien énervés, et montrent toutes les capacités du groupe. My Decay envoie du bois au niveau du riff, et donne vite envie de headbanger. Riding the Haze ira même voir du côté du Hardcore avec son chant crié masculin qui donne plus d’épaisseur à l’ensemble. C’est puissant, sans concession, et ça fait bien plaisir d’écouter un morceau comme celui-là. Puis The Fallen démontre que le Stoner peut faire équipe avec le Heavy dans une rythmique rapide et vivace, mais portée par des riffs lourds. Enfin, A Sky Full of Fading Stars clôture l’ensemble avec classe, dans un pur Stoner inspiré et inspirant.
Au final, From the Fallen, le dernier album de Electric Hydra, est un bon disque, même s’il est perclus de petites imprécisions. On sent que le groupe n’a pas forcément les moyens de ses ambitions, et on espère que par la suite, le label mettra un peu plus de sous dans cette formation qui a du culot, et qui peut prétendre à faire du bruit dans un futur proche. Bref, si ce n’est pas l’album de l’année, ça reste une belle découverte.
- Scent of Blood
- Let the Chaos Unfold
- Prayers of Fire
- It’s All Just Dirt
- When Destruction Calls
- Contagious
- A New Dawn
- My Decay
- Riding the Haze
- The Fallen
- A Sky Full of Fading Stars
Note : 14/20
Par AqME
