septembre 27, 2022

Me and That Man – New Man, New Songs, Same Shit Vol.1

Avis :

Il y a 3 ans, Adam Darski alias Nergal, leader des mastodontes du blackened death metal Behemoth, montrait une autre facette de son univers musical avec Me and That Man, projet orienté blues, folk et country sous influence de Johnny Cash ou de Nick Cave. Un album imparfait mais séminal, réalisé en collaboration avec John Porter. Depuis en froid, le duo ne connaitra pas de lendemain, mais Nergal a choisi de faire revivre le projet avec une ribambelle d’invités. Alors que la faiblesse de Songs of Love and Death étaient d’être parfois redondant, New Man, New Songs, Same Shit Vol.1 n’hésite pas à varier les ambiances et à casser les codes.

L’album commence sur des chapeaux de roue avec le blues-rock endiablé Run With The Devil porté par Jørgen Munkeby du groupe norvégien Shining avec le saxophone qui va bien. Coming Home part plus dans un registre doux-amer nostalgique avec Sivert Høyem de Madrugada et son timbre dans un registre proche de Johnny Cash. On se croirait dans un western, impression prolongée avec Burning Churches, avec Mat McNerney de Grave Pleasures. Nergal, plus discret sur le chant, compense en écrivant la musique et les paroles, et Burning Churches, niveau lyrics, n’a rien à envier à du Behemoth. Sur By The River, Ihsahn d’Emperor sort de son registre habituel pour nous emmener dans le désert le temps d’un blues mélancolique ponctué par un superbe solo hard rock de Nergal. Męstwo, hyper catchy, est le seul morceau solo de l’album, premier morceau dans sa langue natale de toute la discographie d’Adam Darski, qui nous fait le plaisir d’un chant clair à la limite du crooner. Surrender, qui invite Anders Landelius de Dead Soul et le guitariste Rob Caggiano de Volbeat, mêle blues profond et gospel avec la voix chaleureuse de Patrycja Gola pour les chœurs.

Deep Down South, porté par Nicke Anderson d’Entombed et Johanna Sadonis de Lucifer, fait une escale dans le sud profond avec un bluegrass joyeux et entrainant qui sort le banjo, l’harmonica et le violon et donne une sérieuse envie de taper du pied. Un moment léger avant le sublime Man On The Cross, sombre voire crépusculaire, porté par la voix caverneuse de Jerome Reuter de ROME. Un moment de grâce qui prend aux tripes et que n’auraient renié ni Nick Cave ni Leonard Cohen. On reste sur les ballades avec l’à peine plus joyeuse You Will Be Mine avec Matt Heafy de Trivium qui pose sa voix pour un folk minimaliste du plus bel effet. Dans un registre plus rock, How Come ? convie le guitariste Brent Hinds de Mastodon et Corey Taylor nous gratifie d’une de ses performances vocales plus posées dans un registre proche de celui de ce qu’il fait avec Stone Sour. New Man, New Songs, Same Shit Vol.1 se termine avec Confession en duo avec Niklas Kvarforth du groupe suédois Shining (oui, il y a bien les deux groupes Shining homonymes), un morceau qui commence par un folk mélancolique pour prendre tout le monde de court en finissant sur un black metal furieux et désespéré, histoire de montrer que Me and That Man était bel et bien un projet qui visait à casser les codes attendus du simple album folk.

New Man, New Songs, Same Shit Vol.1 partait avec le risque de faire trop dans l’empilage de guests prestigieux et de virer à la jam session plus fun qu’autre chose. Il n’en est rien. Chaque morceau possède son identité, son intensité, véhicule une émotion différente. Les invités mettent en valeur la richesse de la palette de Nergal, musicien chanteur aux talents multiples et aux influences diverses. Et pour couronner le tout, la production classieuse et le mix qui souligne chaque instrument et la profondeur des voix finissent de faire de ce premier volet (en espérant d’autres de la même qualité) l’un des albums les plus beaux, les plus émouvants et les plus intéressants de cette année. Un de ces albums qu’on ne peut qu’écouter en boucle tant on n’a pas envie de les quitter.

  • Run With The Devil (feat. Jørgen Munkeby)
  • Coming Home (feat. Sivert Høyem)
  • Burning Churches (feat. Mat McNerney)
  • By The River (feat. Ihsahn)
  • Męstwo
  • Surrender (feat. Anders Landelius)
  • Deep Down South (feat. Nicke Anderson & Johanna Sadonis)
  • Man Of The Cross (feat. Jerome Reuter)
  • You Will Be Mine (feat. Matt Heafy)
  • How Come?  (feat. Corey Taylor & Brent Hinds)
  • Confession (feat. Niklas Kvarforth)

Note : 20/20

Par Nikkö

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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