juin 21, 2024

Storm of Swords – Storm of Swords

Avis :

Les récits de Fantasy ont toujours fasciné les groupes de Métal. Et plus précisément les groupes qui officient dans le Power, l’Epic ou le Sympho. Il faut dire que le genre se prête agréablement à des thèmes grandiloquents, et rien de mieux qu’une grosse orchestration pour raconter des batailles épiques. Ainsi donc, que ce soit Le Seigneur des Anneaux ou Le Trône de Fer, les groupes s’inspirant des récits de Tolkien ou Martin sont nombreux. C’est le cas de Storm of Swords, dont le nom même de la formation provient du troisième tome de ce que l’on appelle plus communément Game of Thrones. Groupe américain basé à El Paso au Texas, Storm of Swords se forme en 2011, fournit une démo en 2014 (Prelude to War) et un album éponyme deux ans plus tard. Totalement indépendant, on ne peut pas dire que cela porte chance et gloire au groupe.

Thrash de garage

La première chose qui frappe quand on jette une oreille à cet album, c’est que ce n’est pas du Power de l’Epic. Avec une jaquette assez équivoque et une typographie particulière, Storm of Swords est du Thrash qui tache. Les américains ne tergiversent pas avec des arrangements grandiloquents, car ils n’en ont pas besoin, et surtout, ils n’en ont pas les moyens. En effet, ce premier effort est totalement autoproduit, et cela s’entend dès le départ. Difficile d’être impartial avec une telle qualité d’écoute, car on sent que cela a été enregistré au fin fond d’un garage miteux. L’album n’est pas inécoutable, mais la saturation l’emporte sur les mélodies, et surtout, la voix prend beaucoup d’espace, ce qui gâche un petit peu l’expérience. C’est là que l’on voit l’importance d’un bon studio et d’une production qui donne de sous pour faire un skeud.

Néanmoins, il ne faut pas non plus rogner sur la qualité intrinsèque du groupe, qui essaye de fournir un Thrash de qualité, avec beaucoup de technique. Non Conformity ouvre le bal, et on entend tout de suite la volonté du groupe de rentrer dans le lard et de ne pas faire dans la dentelle. Les riffs sont rapides, brutaux, et la voix du chanteur est délicieusement thrash. Le problème provient de la sur-saturation et d’un tabassage qui passe assez mal. End of Time sera encore pire, avec une introduction sympathique à la basse, mais qui va se faire bouffer toute crue par une guitare qui prend le dessus dans une cacophonie désagréable. Le groupe n’arrive pas à créer du liant entre les deux pistes, et cela crée une discordance assez pénible. On sent le côté « amateur » de l’entreprise, et c’est bien dommage.

De l’instru

Sur ce même titre, on notera aussi un blast qui fait de la peine, non pas à cause de la technique des musiciens, mais bel et bien à cause de la production qui a toutes les peines du monde pour rendre un son optimal. Night Stalker ira sur le même chemin, avec moins de fioritures et une voix qui peut rappeler un certain Tom Araya de chez Slayer. Une comparaison flatteuse, mais si le groupe sort de sa bulle underground, on pourrait avoir un joli rendu. Un rendu qui prend forme lorsque les titres sont uniquement instrumentaux, ou lorsque les parties instrumentales prennent plus de place.  Feast for Crows (le quatrième tome du Trône de Fer) démontre alors tout le talent technique de la formation, avec des solis de dingue et une ambiance délicieuse. Il y a du talent dans ce groupe et c’est vraiment dommage que ce soit gâcher.

Gâché par une production inexistante, mais aussi par des choix douteux. Certains passages peinent un peu à convaincre et on sent que certains slides accrochent. Outre des liants manquants dans les ruptures entre les composants de quelques morceaux, on notera aussi des moments techniques hasardeux qui témoignent de deux choses. Premièrement la volonté de bien faire. Deuxièmement, la volonté de trop en faire. Et le groupe ne trouve pas le juste équilibre, ce qui est dommage.

Au final, Storm of Swords, le premier album du groupe du même nom, est sympathique à défaut d’être vraiment bien. Thrash dans la plus pure tradition, les américains manquent de budget pour offrir un produit vraiment fini et agréable à écouter. Ici, tout est saturé, on sent quelques hésitations techniques, et certaines mélodies sont répétitives (la succession Feast for Crows/The Alchemist). C’est d’autant plus préjudiciable qu’on sent que le groupe en a sous la pédale, mais il n’arrive pas à retranscrire cela, la faute à une production aux fraises. Triste.

  • Non Conformity
  • End of Time
  • Night Stalker
  • Feast for Crows
  • The Alchemist
  • Shadow of the Beast
  • False Messiah
  • Oppressor

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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