février 18, 2026

Le Mystérieux Regard du Flamant Rose – Quel est le Sens ?

Titre Original : La Misteriosa Mirada del Flamenco

De : Diego Céspedes

Avec Tamara Cortes, Matias Catalan, Paula Dinamarca, Pedro Munoz

Année : 2026

Pays : France, Chili, Allemagne, Espagne, Belgique

Genre : Drame

Résumé :

Début des années 1980, dans le désert chilien. Lidia, 11 ans, grandit au sein d’une famille flamboyante qui a trouvé refuge dans un cabaret, aux abords d’une ville minière. Quand une mystérieuse maladie mortelle commence à se propager, une rumeur affirme qu’elle se transmettrait par un simple regard. La communauté devient rapidement la cible des peurs et fantasmes collectifs. Dans ce western moderne, Lidia défend les siens.

Avis :

Diego Céspedes est un jeune réalisateur chilien qui s’est fait remarquer très vite. Son cinéma, c’est celui des marges, des invisibles, des communautés que le monde juge trop vite. Diego Céspedes aime les histoires rares, étranges, à la frontière du réel et de l’onirique. Il a une sensibilité très forte pour filmer ceux qui vivent en dehors des normes.

Décidément, cette édition du Chéries-Chéris n’arrive pas à me charmer cette année. Une fois de plus, sur le papier, le festival présentait un film avec une excellente idée. Ici, Diego Céspedes nous entraîne au fin fond du Chili dans les années 80 pour nous raconter les mésaventures d’une famille qui s’est construite avec le cœur plus qu’avec le sang. Déjà, rien que ça, c’était prometteur. Avec ça, il y ajoute une mystérieuse maladie qui se transmet par le regard, et franchement, il y avait de quoi intriguer. Malheureusement, « Le mystérieux regard du flamand rose » m’aura totalement laissé sur le bas-côté. C’est bien simple : je n’ai pas compris ce que j’étais en train de suivre. Bordélique, incohérent et foutraque, ce premier film me laisse un goût amer en bouche.

« Bordélique, incohérent et foutraque »

Chili, 1982. Perdu en plein désert, il y a un petit village de mineurs. Et au beau milieu de ce village, il y a la maison de Maman Boa. Au sein de cette maison vit Lidia, onze ans. La jeune fille a grandi dans un cabaret où se croisent homosexuels, trans et travestis. Depuis quelque temps, une mystérieuse maladie commence à se propager. Elle se transmet par le regard. Les homosexuels en seraient les porteurs, et le village commence à en avoir peur.

« Le mystérieux regard du flamand rose« … en voilà un titre qui attisait ma curiosité, d’autant plus que le film est reparti du dernier festival de Cannes avec un prix. Comme je le disais, sur le papier, le film avait tout pour être intriguant :
– un décor qu’on ne voit jamais,
– une histoire forte,
– un contexte social passionnant,
– un mystère visuel autour d’une maladie symbolique.
Puis avec ça, cette métaphore du sida… enfin, ce que je croyais être une métaphore. Au début, le film parle très bien de cette maladie et de ce qu’elle symbolise. Il y a les non-dits, les peurs, les silences qui pèsent. On comprend vite qu’il y a quelque chose qui se cache derrière tout ça. Une hypocrisie monstrueuse. Et ce thème-là, franchement, Diego Céspedes l’attrape bien.

« un film qui ne raconte pas grand-chose »

Mais voilà… derrière ce bon sujet, « Le mystérieux regard du flamand rose » est un film qui ne raconte pas grand-chose. L’intrigue se prend les pieds dans elle-même, trébuchant sur ses idées, qu’elle n’exploite jamais vraiment. Pire encore : l’écriture est totalement incohérente. C’est bien simple : avec ses retournements de situation (notamment entre Maman Boa et le chef du village), ça part dans tous les sens. Au départ, ça promet, et quelques scènes plus tard, comme si de rien n’était, le film annule tout ce qu’il avait mis en place pour s’engouffrer dans une brèche que je ne comprends pas. Résultat : on ne saisit pas ce que veut raconter le réalisateur. Est-ce l’arrivée de cette maladie ? Est-ce la vie de personnages différents en milieu hostile ? A priori non, puisque la trame change complètement de direction.

Alors quoi ? Un parcours initiatique d’une jeune fille obligée de quitter son foyer pour grandir ? Un récit choral sur une cohabitation improbable ? Une fable sociale ? Une satire ? Un drame ? Tout est mélangé, mais rien n’est clair. Et ça ne va jamais au bout. En fait, j’ai l’impression que le film, ce ne sont pas des scènes : ce sont des sujets. Juste des sujets. Et à force d’accumuler des sujets, Diego Céspedes en a oublié d’écrire une histoire cohérente. Une histoire qui raconte quelque chose. Une histoire qui crée de l’attachement. Où on aurait aimé des personnages. Une histoire qui vibre, qui existe, qu’on a envie de suivre.

Ici, on a pourtant des meurtres, une maladie, des illusions perdues, de l’amour, un mariage, d’autres choses encore… et pourtant, je me suis ennuyé. Pire : je me suis fiché de ce qui pouvait arriver à ces personnages. Ils ne résonnent jamais. Ils semblent creux, comme du vent. Et ça… c’est tellement dommage.

Ainsi… « Le mystérieux regard du flamand rose » se pose comme une vraie déception. Ce premier long-métrage de Diego Céspedes a de bonnes idées. Il est très bien filmé. Il est dépaysant. Certains plans sont magnifiques. Mais tout ça ne suffit pas à sauver le reste, notamment cette histoire dont je cherche encore le sens. Le film semble constamment chercher ce qu’il veut être, sans jamais le trouver. C’est frustrant, car c’est visuellement beau, mais narrativement je cherche encore…

Note : 05/20

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.