février 18, 2026

Maigret et le Mort Amoureux – Simple Enquête

De : Pascal Bonitzer

Avec Denis Podalydès, Anne Alvaro, Manuel Guillot, Irène Jacob

Année : 2026

Pays : France

Genre : Policier

Résumé :

Le commissaire Maigret est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné. Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes, dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant aux membres des deux familles et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise…

Avis :

Avec « Maigret« , Pascal Bonitzer a voulu se mesurer à l’un des plus grands personnages de la littérature policière française, créé par Georges Simenon. Plutôt que de moderniser radicalement le commissaire, le réalisateur a choisi d’en proposer une lecture plus intime et introspective, fidèle à l’esprit des romans. Son intention n’était pas de faire un polar spectaculaire, mais de retrouver la patience, le doute et l’observation qui caractérisent Maigret, tout en apportant une sensibilité contemporaine à cette figure mythique. Puis au-delà de ça, le réalisateur n’avait pas envie de faire une énième adaptation du personnage qui le replongerait dans les années 50/60. Non, pour ce film, Pascal Bonitzer avait envie de voir ce que Maigret donnerait s’il était dans notre époque.

Le commissaire Maigret, c’est l’un des personnages de notre patrimoine les plus adaptés, et ça depuis les années 30. De Pierre Renoir, en passant par Jean Gabin, Bruno Cremer évidemment, ou plus récemment Gérard Depardieu — et là on ne parle que des films ou séries réalisés en France — le personnage de Georges Simenon fascine les réalisateurs. Aujourd’hui, c’est au tour de Pascal Bonitzer de s’arrêter sur le célèbre commissaire et pour cela, il a offert le rôle à Denis Podalydès, autant dire un petit rêve de cinéma.

« une plume assez extraordinaire dans ses dialogues »

Pour cette nouvelle enquête, le cinéaste adapte « Maigret et les Vieillards« , roman écrit par son auteur en 1960 et cette enquête, même si elle reste très classique, arrive à nous tenir avec un certain intérêt, notamment grâce à une plume assez extraordinaire dans ses dialogues, qui sont un régal, tout comme le jeu de ses acteurs, Denis Podalydès et Anne Alvaro en tête.

Le commissaire est appelé en urgence au Quai d’Orsay, car Monsieur Berthier-Lagès, un ancien ambassadeur, vient d’être retrouvé chez lui assassiné de cinq balles. Très vite, Maigret découvre que le mort entretenait une correspondance amoureuse avec une femme depuis près de cinquante ans. Cette femme, c’est la Princesse de Vuyne et, comme par un hasard des plus étranges, le mari de cette dernière vient de décéder après une chute à cheval. Maigret, fidèle à lui-même, questionne tous ces suspects et entre ceux qui parlent et ceux qui restent mutiques, un sentiment émerge chez le commissaire : tous ont l’air de dire la vérité…

Prêts pour la petite enquête de la semaine ? Pour cette nouvelle adaptation, c’est donc Denis Podalydès qui enfile le chapeau et la pipe du commissaire le plus célèbre de France et le moins que l’on puisse dire, c’est que, sans être un film incroyable, ce « Maigret et le mort amoureux » se pose comme une petite réussite. Une réussite dans son adaptation, avec cette très bonne idée de transposer une enquête de Maigret à notre époque moderne, ce qui dépoussière le personnage (si l’on peut dire ça comme ça).

« Denis Podalydès et Anne Alvaro crèvent l’écran »

Une réussite dans son enquête qui, si elle n’est pas un comble de suspense, se tient très bien et diffuse parfaitement son intrigue. « Maigret et le mort amoureux« , c’est un film qui intrigue. C’est un film qui tient. C’est un film qui fait de tous, absolument tous les personnages des suspects et l’on apprécie plonger dans les méandres de ces portraits, qui ont tous l’air aussi innocents que coupables. Puis derrière ça, le film est aussi une réussite pour la qualité de ses dialogues. Sincèrement, c’est du caviar ! Drôles, décalés parfois, pertinents, étonnants même, avec des scènes d’interrogatoire qui sont de vrais délices. Et ça, même dans les silences entre deux questions, c’est absolument parfait tant c’est maîtrisé par ces comédiens qui sont géniaux dans les rôles que Pascal Bonitzer leur a confiés.

Après, comme je le disais, s’il y a des acteurs qui sont déments comme Dominique Reymond, Laurent Poitrenaux ou encore Julia Faure, c’est bel et bien Denis Podalydès en Maigret et Anne Alvaro en Jacotte, la domestique du mort, qui crèvent l’écran. Les deux acteurs sont tellement bien dans la peau de ces personnages qu’on aurait presque envie d’un huis clos rien qu’avec eux deux et les dialogues qui leur sont offerts. Franchement, le premier incarne un Maigret très loin de l’image qu’on lui connaît. C’est un personnage moins massif et plus intériorisé. Quant à la seconde, elle captive et passionne de par ses silences, son mutisme et ce que le personnage cache.

« le film n’est pas non plus exceptionnel »

Du côté de la réalisation, Pascal Bonitzer a fait un film très court, une heure vingt, et cette idée est aussi l’un des éléments qui fait que cette enquête fonctionne si bien, car le réalisateur va à l’essentiel avec cette histoire. Si sa réalisation est lente, si elle prend le temps de laisser Maigret observer, réfléchir, poser des questions, le film ne traîne pas la trame. Non, il y a un vrai rythme qui se tient et tout s’enchaîne logiquement.

Après, comme je le disais aussi, le film n’est pas non plus exceptionnel. Il n’a rien de spectaculaire, ce n’est pas un film noir et au-delà de ça, on pourrait lui reprocher un manque d’ambiance, mais comme tout le reste est bon, voire excellent, et surtout que l’ensemble nous tient jusqu’à ce final, qui pour le coup a franchement de la saveur, tous les manques que le film peut avoir sont très largement comblés et l’on passe très vite au-dessus, pour ne garder, comme la réalisation de Pascal Bonitzer, que l’essentiel.

Cette nouvelle adaptation de « Maigret » est donc une jolie petite réussite. L’enquête est intéressante, tenue par d’excellents dialogues et menée par des acteurs qui captivent. C’est parfois drôle, d’autres fois ça pique l’intérêt, puis il y a ce jeu, cette enquête, où tous ont l’air aussi innocents que suspects. Denis Podalydès a dit que c’était un rêve d’incarner « Maigret » et qu’il espérait que ce rêve se prolonge avec de nouvelles enquêtes et à la vision de ce « Maigret » plongé au milieu des années 2000, allié aux qualités de ce premier film, on ne serait vraiment, mais vraiment pas contre avoir de temps à autre, une nouvelle enquête.

Note : 13,5/20

Par Cinéted

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