décembre 10, 2022

Crazy Amy

Titre Original : Trainwreck

De : Judd Apatow

Avec Amy Schumer, Bill Hader, Brie Larson, Colin Quinn

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Depuis sa plus tendre enfance, le père d’Amy n’a eu de cesse de lui répéter qu’il n’est pas réaliste d’être monogame. Devenue journaliste, Amy vit selon ce crédo – appréciant sa vie de jeune femme libre et désinhibée loin des relations amoureuses, qu’elle considère étouffantes et ennuyeuses ; mais en réalité, elle s’est un peu enlisée dans la routine. Quand elle se retrouve à craquer pour le sujet de son nouvel article, un brillant et charmant médecin du sport nommé Aaron Conners, Amy commence à se demander si les autres adultes, y compris ce type qui semble vraiment l’apprécier, n’auraient pas quelque chose à lui apprendre.

Avis :

Judd Apatow est un scénariste, producteur et réalisateur relativement connu dans le milieu de la comédie américaine. S’il commence dans de petites productions avec Ben Stiller, le succès critique est immédiat et cela va lui permettre de faire des rencontres, comme avec Seth Rogen et de peaufiner certains de ses projets. S’il début au début des années 90, ce n’est réellement qu’au début des années 2000 qu’il va s’envoler avec notamment Présentateur Vedette où il met en scène Will Ferrell, mais aussi Steve Carell. Ce dernier deviendra alors une star grâce à Judd Apatow par la suite. Bref, la carrière d’Apatow décolle et ne redescendra jamais vraiment. A un tel point que son nom suscite une certaine idée de la comédie américaine, avec ce qu’il faut de blagues vaseuses, mais avec toujours des moments touchants et un fond intelligent. Crazy Amy est son cinquième film.

Addict au sexe

Dans une filmographie, on a toujours des hauts et des bas, et aucun réalisateur n’a, à son actif, que de bons films. C’est aussi le cas pour Judd Apatow qui aime plonger tête la première dans les blagues sous la ceinture pour raconter des destins parfois pathétiques. C’est un peu le cas avec Crazy Amy. Ici, on va suivre une jeune femme qui, sur les conseils foireux de son père, refuse de tomber amoureuse. Elle enchaîne les relations sexuelles mais refuse de rester plus d’une nuit avec une personne. Journaliste pour un magazine, elle va rencontrer un chirurgien prodige qui s’occupe des genoux de sportifs professionnels. Une histoire va alors commencer, et Amy se sent troublée. C’est la base même de cette comédie qui pourrait être romantique si elle ne visait pas de façon incessante sous la ceinture. Crazy Amy est un comédie potache qui peut parfois fonctionner.

Le but premier ici est de présenter Amy, une jeune femme belle et dynamique qui accumule les coups d’un soir malgré sa relation plus ou moins sérieuse avec un bodybuilder. Amy est pétillante, joyeuse, insouciante, mais elle est aussi infidèle et a des idées très arrêtées sur les gens. Par exemple, elle ne supporte pas vraiment le mari de sa sœur, et encore moins son fils, un petit prodige un peu bizarre. Amy boit beaucoup, et elle se retrouve souvent dans des situations peu agréables avec les garçons. Le portrait de cette jeune femme fait presque peine, tant elle souffre de solitude alors qu’elle est entourée. Entourée par des collègues de boulot, sa sœur ou encore son petit ami qui espérait construire une relation sérieuse. C’est à travers ce portrait que l’on va voir les contours du scénario écrit par Amy Schumer.

L’amour, toujours

Outre la solitude, le thème principal est bien évidemment l’amour avec un grand A. Ici, une jeune femme refuse de tomber amoureuse sous les conseils d’un père raciste et homophobe qui tombe malade et se retrouve dans un EHPAD. Le film va alors pousser Amy dans les bras d’un médecin plutôt cynique au départ, mais qui va se révéler touchant et assez banal. L’histoire va pourtant fonctionner, jusqu’à ce qu’Amy, par peur de l’engagement, finisse par tout foutre en l’air. Elle va alors se retrouver seule, perdue sans ses repères, avec ce père absent malgré tout, et une sœur qui tombe enceinte. Crazy Amy va cocher toutes les ases de la comédie romantique américaine, avec l’histoire qui part en eau de boudin à la fin, mais qui va bien se terminer Sauf qu’ici, c’est la femme qui fait le premier pas pour revenir vers l’homme.

Car oui, Amy est consciente que c’est elle qui pose problème, qu’elle a un souci psychologique avec l’amour et l’engagement. Le problème, c’est que même si l’histoire fonctionne bien et qu’elle est téléphonée, on restera plus dubitatif sur les ruptures de tons et sur l’humour graveleux qui est présent dès le début de métrage. Alors oui, c’est du Judd Apatow, on doit savoir à quoi s’en tenir. Pour autant, rien ne vient vraiment sauver les quelques blagues potaches un peu nulles. On aura droit à des moments SM avec un Ezra Miller tout jeune. On pourra bénéficier d’un John Cena qui joue de son corps et fait des références homophobes. Ou encore d’une rédactrice en chef raciste et sans aucune loyauté. Une galerie de personnages qui vont insister sur des vannes lourdes et sur des passages parfois gênants et vulgaires. La patte Apatow en quelque sorte.

Pas si crazy

Même si on retrouve les tics de son réalisateur dans le scénario (et même si c’est l’actrice principale qui est scénariste), ce n’est pas la folie en termes de mise en scène. Crazy Amy est une comédie américaine lambda qui manque d’éléments intéressants dans son visuel pour vraiment nous impacter. Il ne suffit d’aligner les guests et mettre en avant quelques pointures du basket pour nous surprendre. Pas même de foutre Daniel Radcliffe et Marisa Tomei dans un film d’auteur en noir et blanc avec des chiens. Et c’est tout le problème du film qui joue le jeu des clins d’œil et du casting de luxe, mais qui cache en vérité un certain conformisme dans la mise en scène. Il n’y a pas forcément de recherche dans les jeux de lumière et il n’y a pas de scènes qui restent en tête. Si ce n’est, peut-être le final.

Au final, Crazy Amy est une comédie qui se veut sulfureuse, mais qui reste dans une zone de confort propre à son réalisateur. L’humour vulgaire est de mise, et on est de suite dans le bain pour ne plus jamais sortir de l’eau. Sans être catastrophique, le film de Judd Apatow manque d’une mise en scène plus raffinée et surtout, d’une écriture plus fine. Ici, on navigue dans une mer connue et calme, dont les seuls sursauts seront les blagues potaches bien lourdes et en dessous de la ceinture. Bref, si on rigole parfois, on reste aussi de marbre face à des situations gênantes. Même l’aspect émotionnel n’est pas forcément bien géré, si ce n’est l’enterrement du père qui reste un doux moment. Sans être un ratage complet, Crazy Amy reste un film anodin.

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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