mai 25, 2022

Doctor Strange in the Multiverse of Madness – Ou Comment Raimi Bouscule Marvel

De : Sam Raimi

Avec Benedict Cumberbatch, Elizabeth Olsen, Chiwetel Ejiofor, Benedict Wong

Année : 2022

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Résumé :

Dans ce nouveau film Marvel Studios, l’univers cinématographique Marvel déverrouille et repousse les limites du multivers encore plus loin. Voyagez dans l’inconnu avec Doctor Strange, qui avec l’aide d’anciens et de nouveaux alliés mystiques, traverse les réalités hallucinantes et dangereuses du multivers pour affronter un nouvel adversaire mystérieux.

Avis :

Réalisateur culte américain qu’on ne présente plus, Sam Raimi est un cinéaste qui a bercé bien des adolescences et suscité bien des amours pour le cinéma. Exerçant depuis la fin des années 70, Sam Raimi s’est fait remarquer et connaître dès son premier film, le culte et terrible « Evil Dead« . S’en suit alors une filmographie assez géniale, où l’on y croise « Darkman« , « Mort sur le gril« , le western « Mort ou vif« , les suites d’ »Evil Dead« , « Un plan simple« , ou encore sa trilogie « Spiderman« . Après nous avoir fait bien souvent jubiler, Sam Raimi perd le chemin des plateaux de tournage après 2013 et son dernier film « Le monde fantastique d’Oz« , préquel du génial « Le magicien d’Oz » de Victor Fleming.

Il aura donc fallu patienter neuf années avant de revoir le nom de Sam Raimi en salle. Neuf années où le réalisateur a toutefois travaillé, notamment pour la télévision avec sa série « Ash vs Evil Dead » ou encore la plus confidentielle et annulée série « Rake« . Mais bon, nous y voilà, Sam Raimi est de retour, et il revient au sein de Marvel pour mettre en scène les nouvelles mésaventures de Steven Strange, avec ce qui s’annonçait comme l’un des films les plus attendus de ce début d’année.

Auréolé de très bonnes critiques, « Doctor Strange in the Multiverse of Madness » se pose comme un bon cru dans l’écurie Marvel. Un cru assez dingue, qui régale dans la folie et le délire de sa mise en scène, car derrière toutes les Marveleries faciles du scénario, il reste surtout un film carrément « Raimien », qui nous offre tout ce que l’on est venu chercher, et même un peu plus.

Christine se marie et Steven est évidemment invité au mariage. Pendant la réception, des cris et une panique s’échappent d’une rue. Steven enfile donc sa cape de Strange, et part secourir les passants et c’est là qui va rencontrer America Chavez, une jeune fille poursuivie par un monstre. La jeune fille vient d’un autre univers et le pouvoir qu’elle a est convoité par un ennemi qui a besoin de se déplacer dans d’autres univers…

Un peu de neuf chez Mickey, ça serait possible ? Eh bien oui d’un côté, et non de l’autre. Pour le oui, on peut même dire que c’est un grand oui, car avec « Doctor Strange in the Multiverse of Madness« , Sam Raimi s’amuse comme un petit fou en injectant de son cinéma pour bousculer l’univers Marvel et ça fait du bien.

La première chose qui vient en tête, c’est qu’on trouve beaucoup de ce qu’on aime dans le cinéma du réalisateur. « Doctor Strange in the Multiverse of Madness » est un film qui tient une bonne trame et qui est bien exploitée. Le rythme est terriblement soutenu et tout s’enchaîne parfaitement. Le film nous entraîne dans un éboulement d’aventures, d’action, de découvertes, et même de surprises. Ainsi, en compagnie de Strange et America Chavez, on découvre plusieurs univers et à travers eux, le film se fait assez jouissif. Monstres, zombies, sorciers, sorcières, squelettes, et même des mains qui sortent du sol, s’invitent à la fête.

Esthétiquement et dans sa mise en scène, le film nous offre tout l’ADN de Raimi avec des vues subjectives, des caméras qui tournent, et bien sûr du sombre, voire même de l’horrifique avec deux ou trois jumpscares bien employés. Et ça, c’est offert tout en gardant aussi le côté décalé qu’on adore chez le cinéaste. On ajoutera à cela, le fidèle Danny Elfman à la composition de la BO.

Du côté de son intrigue, le film emploie bien l’idée de voyage dans d’autres univers, et c’est avec un certain plaisir qu’on suit les personnages. Mais la meilleure des surprises dans ce film vient surtout de ce méchant qui en plus d’être étonnant, arrive à toucher et se faire plus humain que d’ordinaire. L’idée est bonne et si l’on a suivi entre films et séries, l’empathie est encore un peu plus soutenue.

Enfin, derniers éléments qui sont bons, ce sont bien entendu ses comédiens. Benedict Cumberbatch renfile la cape de Strange pour la sixième fois et comme toujours, il est très bon, avec ici, un petit défi en plus, car le comédien va jouer plusieurs Strange en même temps et il s’en tire avec les honneurs. C’est avec plaisir qu’on découvre America Chavez sympathiquement tenue par Xochitl Gomez. Sans tenir un grand rôle, la comédienne communique pas mal d’empathie, d’attachement et de sensibilité. Ce deuxième « … Strange » offre à Rachel McAdams l’occasion de développer l’une de ses facettes. Puis parsemé ici et là au travers d’univers, le film nous offre quelques guests et rôles que là encore, on prend plaisir à découvrir. Mais au-delà de ça, celle qui s’en sort le mieux et pique la vedette à tout le monde, c’est Elizabeth Olsen qui dans la peau de Wanda est tout simplement impériale et très touchante.

Ça, c’était pour tout le grand et beau oui, mais comme je le disais plus haut, ce « Doctor Strange in the Multiverse of Madness » n’a pas que de bons côtés et l’on y trouve aussi quelques non, si l’on peut dire. La première chose qui frappe, c’est une très grosse incohérence dans le multivers, notamment entre ce film et le « Spider-Man No Way Home« . Une incohérence très gênante dont on aimerait bien une explication, car pour ce film, tous les personnages au travers des univers ont le même visage, alors que dans le film de Jon Watts, Spider-Man, comme on le sait maintenant, ne suit pas cette règle… Étrange.

Puis derrière ça, si la réalisation de Raimi bouscule un peu l’univers Marvel, dans son scénario, « Doctor Strange in the Multiverse of Madness » tient pas mal de faiblesses de l’écurie, livrant une intrigue facile, qui fait souvent des raccourcis. Le film, en plus de l’incohérence évoquée plus haut, en tient d’autres. De plus, si le film sait se faire jouissif, il est vrai que pour du « Madness » comme le cite fièrement le titre, on a connu plus fou, car même si la réalisation de Sam Raimi assure et que l’ADN du réalisateur est là, sur son ensemble, ça reste du Marvel. Puis enfin, le film déçoit aussi avec une séquence presque ratée, car bien trop vite expédiée avec (pour rester vague) les dirigeants d’un autre univers.

Ainsi, entre ses « oui » et ses « non », « Doctor Strange in the Multiverse of Madness » demeure un film qui s’en sort bien, voire même plus, car pour ma part, j’ai vraiment été touché par le « méchant » de ce film, et ses motivations que j’ai trouvé très humaines au final. Si l’intrigue n’est pas folle, le film, grâce à Sam Raimi, propose quelque chose qui bouscule un peu les codes établis et l’on se plaît à suivre cette mésaventure qui commence à explorer d’autres univers (bon, il est vrai qu’on aurait aimé en avoir plus de ce côté-là). Rythmé, intéressant, divertissant et efficace, se faisant assez court, ce qui tranche chez Marvel, le film fait à peine plus de deux heures, franchement, ce retour de Sam Raimi aux affaires fait plaisir.

Note : 15/20

Par Cinéted

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