mars 15, 2026

Erra – Silence Outlives the Earth

Avis :

Le metalcore est un genre qui est encore aujourd’hui souvent moqué par ceux qui se revendiquent de la sphère « Métal ». Trop de chant clair, des refrains qui lorgnent trop vers la Pop et qui sont trop mélodiques, voilà les principaux défauts que l’on peut lire à droite et à gauche concernant le Metalcore. Et si c’est parfois vrai, comme pour le dernier Dayseeker, d’autres groupes essayent de faire bouger les codes et de proposer un Metalcore plus nerveux, plus progressif, et parfois plus moderne. C’est le cas de Erra. Fondé en 2009 en Alabama, le groupe trouve rapidement ses marques en proposant un Metalcore puissant, mais avec quelques éléments progressifs, qui laissaient entrevoir une jolie identité. Cependant, le groupe a déçu beaucoup de monde en 2024 avec Cure, qui fut froidement accueilli, la faute à un côté Pop bien trop présent.

Deux ans plus tard, voici que déboule Silence Outlives the Earth, Septième album pour les américains, qui semblent inarrêtables. La crainte d’écouter un autre skeud très accès Pop était présent, mais assez rapidement, les doutes se dissipent pour montrer que la formation a su écouter les fans, pour se recentrer sur un metalcore virulent, tout en gardant un aspect mélodique très prégnant. Stelliform est donc le premier titre, et ça envoie du lourd dès le début. Les riffs sont rugueux, puissants, le chant l’est tout autant, et on sent une envie de mettre un uppercut dans la tronche dès le premier morceau. Bien entendu, la mélodie se fait plus douce dans le refrain, lorsque le chant clair arrive, avec un côté tendre assez inattendu. Alors certes, on pourrait pester contre cette structure connue, mais ça fait le taf, et surtout, ça donne envie d’écouter la suite.

En abordant Further Eden, on reste sur une ligne de conduite assez claire et connue de tous. Erra fait du Metalcore bien comme il faut, et envoie du lourd au bon moment, notamment via un break qui est vraiment impressionnant. La conclusion est massive, et on sent que les américains sont vraiment là pour marquer le coup. Gore of Being ne sera pas en reste, avec notamment un pont percutant, et un cri qui reste en tête, nous donnant envie de beugler à notre tour. Avec ce titre, on retrouve aussi des éléments très progressifs, avec le jeu de guitare qui prend aux tripes, et qui va très vite. D’ailleurs, sur certains points, on est très proche du Djent, ce qui n’est pas pour nous déplaire. On sera un peu plus dubitatif avec Black Cloud. Le groupe retombe dans ses travers popisants, et le titre ne démarre jamais vraiment.

Heureusement pour nous, Cicada Siren va venir nous réveiller avec un riff brutal et surpuissant. La lourdeur est imposante, le groupe ne fait pas dans la demi-mesure, et on prend vraiment un gros parpaing dans la tronche. On peut se demander si le fait d’avoir mis un titre plus doux juste avant n’est pas fait exprès pour donner encore plus de puissance à ce titre. Echo Sonata remplit parfaitement son cahier des charges, avec tous les éléments du Metalcore qui sont cochés. C’est à la fois mélodique, un peu Pop, mais on a droit à des riffs assez puissants, qui donnent un aspect finalement brut à l’ensemble. Lucid Thresold poursuit cette petite baisse de régime, qui n’en est pas vraiment. En fait, le groupe prépare le terrain pour un final explosif, qui va nous cueillir dans un délire en trois actes tout simplement virulent.

Avant ce triptyque, Spiral (of Liminal Infinity) va continuer son petit travail de sape, alternant les riffs rugueux avec un chant éthéré et plus clair. Les différentes nappes mélodiques se chevauchent à la perfection, et il y a une réelle complexité qui se détache de l’ensemble. Mais la véritable claque viendra des trois derniers titres qui ne laisseront personne indemne. I. The Many Names of God est une grosse mandale dans la gueule, qui ne fait aucune concession, partant même dans un délire Deathcore parfaitement orchestré. Là, tout le côté Pop a disparu au profit d’une noirceur infinie. II. In the Gut of the Wolf va continuer le boulot, fracassant tout sur son passage, ne laissant aucune place au chant clair. Même le refrain se fera avec un growl démentiel. Enfin, III. Twilight in the Reflection of Dreams sera une parfaite symbiose de tout ce qui définit Erra.

Au final, Silence Outlives the Earth, le dernier album de Erra, est un excellent disque de Metalcore, qui arrive à assimiler le classique avec la modernité. A la fois mélodique et brutal, les américains délivrent un album à la fois simple d’accès et complexe dans ses riffs, qui trouve le parfait équilibre qui manquait tant dans leur précédent opus. Bref, le Metalcore a encore de beaux jours devant lui, et Erra le prouve avec une certaine maestria.

  • Stelliform
  • Further Eden
  • Gore of Being
  • Black Cloud
  • Cicada Siren
  • Echo Sonata
  • Lucid Thresold
  • Spiral (of Liminal Infinity)
  • I. The Many Names of God
  • II. In the Gut of the Wolf
  • III. Twilight in the Reflection of Dreams

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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