
Auteurs : Scott Snyder, Joshua Williamson, Javi Fernandez, Xermanico
Editeur : Urban Comics
Genre : Super-Héros
Résumé :
Darkseid est de retour, et cette fois, rien ne semble pouvoir l’arrêter. Alors que le coeur d’Apokolips corrompt inexorablement la terre, la seule chance pour la Ligue de Justice de vaincre Darkseid est de participer à un tournoi mortel, une battle royale épique et sans concession pour couronner le champion, le seul qui pourra se confronter au seigneur d’Apokolips en tant que King Oméga. Une seule règle : ne pas retenir ses coups. Mais quel personnage DC a ce qu’il faut pour aller jusqu’au bout ? Qui est prêt à tout pour gagner, même si cela signifie éliminer ses plus proches alliés ?
Avis :
Il y a des cycles dans les comics. Ou on devrait plutôt dire des âges. Et chaque âge se conclut en règle générale par un grand bouleversement qui rabat toutes les cartes, permettant alors de mettre nos super-héros préférés dans des situations nouvelles et inédites. Ces crises deviennent alors des must-have, des évènements incontournables qui permettent de dessiner les contours des différents futurs de nos super-héros. Néanmoins, il arrive que parfois, les choses vont trop vite, et les lecteurs n’ont pas le temps de tout lire (ou tout du moins les arcs principaux) alors qu’arrive un gros truc. C’est un peu le cas de DC KO, qui annonce l’arrivée du DC Prime, laissant derrière lui le DC Absolute, qui pourtant n’a pas commencé il y a si longtemps. Et c’est peut-être là son plus gros défaut, d’arriver trop vite, et de faire trop de liens.

L’idée de base est plutôt sympathique, et une promesse à un divertissement violent. Il faut dire que mettre en avant un Battle Royale entre quasi tous les personnages de l’univers DC pour acquérir des super-pouvoirs afin de battre un Darkseid devenu quasi omniscient, il y a de quoi attirer le chaland. Sauf que pour proposer cette fameuse bataille à mort entre tous les héros et vilains, il faut un contexte, et c’est là que le bât blesse. Afin d’avoir un peu de cohérence, le récit va faire des liens avec différentes histoires de la période Absolute, mais aussi avec des segments qui ne sont jamais sortis en France. Ici, on y croise quatre personnages capables de voyager dans le temps, qui ont vu un Darkseid omnipotent dans le futur, et ce dernier a si soif de conquête, qu’il revient dans le passé pour devenir une réelle divinité.
On est dans un univers où les temps se croisent, et où les multivers sont légion, donc il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Cependant, on nous raconte que pour vaincre ce Darkseid, il faut plonger au cœur de la Terre, qui renferme un noyau d’Apokolips, et qui confèrera au plus valeureux des guerriers la puissance nécessaire pour vaincre le grand méchant. Là, on commence déjà à lâcher les wagons, tant on peut être perdu dans toutes ces explications, qui trouvent certainement des liaisons dans divers tomes passés. C’est problématique pour ceux qui n’ont pas lu. Car même s’il l’on comprend où veut en venir l’histoire, on a cette sensation de prendre le train en marche, et d’être un peu bête. Mais à la rigueur, on peut espérer retrouver de l’action, et des personnages qui vont s’affronter dans de duels dantesques. Là aussi, ça va être la douche froide.
Dès le départ, les « gentils » vont tout faire pour écarter certains méchants de ce tournoi. On verra par la suite que certains sont plus malins que d’autres, et on ne peut qu’y voir une pirouette scénaristique un peu grossière. Comment ne pas mettre Lex Luthor ou le Joker dans cette histoire ? De ce fait, la première phase du tournoi met du temps à se décanter, et elle ne va pas être à la hauteur de nos attentes. Ici, il s’agira d’une course de vitesse en évitant les attaques de quelques colosses imprévisibles. Ce n’est pas la panacée, mais on retrouve quelques surprises, ou tout du moins, ce qui peut apparaître comme une surprise. Après cette première épreuve, on va devoir se fader quelques atermoiements pour donner de la profondeur au récit. Mais ça va être beaucoup trop long pour convaincre le lecteur.
Ici, on aura droit aux questionnements de Superman sur la nécessité de ce tournoi. Il va balader en famille, poser des questions, et découvrir qu’il n’a pas vraiment le choix. On va aussi avoir plusieurs chapitres sur la mise en sécurité des humains. Plusieurs super-héros ne participent pas au tournoi, car ils ont pour mission de sauver l’humanité, qui doit quitter la Terre à bord de plusieurs vaisseaux. On y retrouve les Titans, ou encore d’autres personnages secondaires qui trouvent alors une fonction dans ce récit. Et puis il y a un segment parallèle autour de Batman, qui n’est franchement pas terrible, et manque de lisibilité. C’est brouillon, ce n’est pas forcément pertinent, et on se retrouve encore avec un Bruce Wayne perclus de doutes. On peut dire qu’ils font la paire avec Clark Kent, apparaissant finalement plus fragile que jamais.
Alors oui, les dessins sont magnifiques, le découpage est assez dynamique, mais cela ne cache pas une narration éclatée assez pénible, coupant alors l’action à chaque fois. On voit bien que le travail de l’éditeur y est pour quelque chose. On passe de chapitres qui sont parus dans DC KO, à d’autres qui sont parus dans des Superman ou des Batman. Si ça permet une certaine linéarité dans l’histoire, et à quelque part, un meilleure compréhension et profondeur, cela nuit aussi à l’action et à la dynamique du récit. C’est dommage, car on sent qu’il y a de l’idée, de l’envie, mais l’ensemble manque de connexions logiques.

Au final, DC KO est un récit plutôt chaotique, qui manque de poids et de connecteurs plus lisibles entre les différents évènements. On n’a pas vraiment le temps de ressentir de l’empathie pour certains personnages, et l’action est trop coupée par des tergiversations personnelles un peu pénibles. Certes, cela amène de la profondeur et des réflexions matures, mais l’efficacité du premier tome en est dégradée, ne donnant pas forcément envie d’aller plus loin dans une aventure qui semble, dès le départ, assez indigeste.
Note : 13/20
Par AqME
