
Auteurs : Dan Slott et Rafael Albuquerque
Editeur : Urban Comics
Genre : Super-Héros
Résumé :
Lorsqu’un astéroïde de la taille de Metropolis fonce droit sur la Terre, c’est à Superman qu’il incombe d’éviter la catastrophe. Mais au coeur de cette menace cosmique se cache un danger plus sombre encore, prêt à bouleverser le monde à jamais… et son pouvoir brille d’un éclat vert. L’Homme d’Acier a toujours considéré sa planète d’adoption comme son foyer, mais face à l’arrivée d’une telle quantité de kryptonite, il se pourrait qu’il n’y soit plus en sécurité…
Avis :
Il est très souvent compliqué de s’y retrouver quand on veut se lancer dans le comics. Entre les divers âges, les différents runs, les timelines qui se croisent et se décroisent ou encore des super-héros qui meurent puis reviennent à la vie, ça peut faire peur de se lancer dans la lecture d’un truc aussi grand. Aussi, certains auteurs ont à cœur d’écrire des stand-alone, des histoires qui sont hors du cadre des intrigues principales, facilitant ainsi le choix pour certains lecteurs. C’est le cas avec Superman Unlimited. Après près de vingt ans d’absence chez DC, Dan Slott (She-Hulk ou encore Silver Surfer) revient et signe une nouvelle aventure pour l’homme d’acier, en dehors des grands runs qui ont cours en ce moment. Superman Unlimited est alors un petit bonbon qui se déguste rapidement, qui n’est pas parfait, mais qui a le mérite de se faire divertissant.

Le début est tonitruant. Un astéroïde de la taille de Metropolis fonce sur la Terre. Un boulot taillé pour Superman, sauf que cet astéroïde est fait de kryptonite. Au péril de sa vie, Superman décide quand même de sauver l’humanité en se sacrifiant. Avec ce démarrage, l’auteur s’assure un solide rappel des faits quant au super-héros. Alors qu’il risque sa vie, on voit défiler toute son enfance dans ses yeux, évitant une énième origin story que l’on connait déjà. Cette façon de faire apporte du dynamisme et évite un ennui poli pour les plus rompus à l’histoire de Superman. Trois mois plus tard, notre héros se réveille, découvrant qu’il n’est pas mort, car il peut désormais se protéger de la kryptonite pendant trois minutes en devenant doré. Et cela va lui être très bénéfique.
Parce que oui, Dan Slott ne va pas se contenter par la suite de mettre en route un grand méchant pour secouer les puces de notre héros. Des restes de kryptonite sont tombés sur un pays précis, El Caldero, qui va alors bâtir un empire avec ce minerai, le revendant aux plus offrants. Mais ce qui représente un plus grand danger pour Superman, c’est qu’au sein d’El Caldero, les mineurs ont trouvé un autre minerai, plus puissant, qui pourrait devenir dangereux s’il tombait entre de sales mains. L’homme d’acier va donc se rendre dans le pays pour essayer de chiper ce cristal, mais la géopolitique nécessite autre chose que de la force ou des super-pouvoirs. Et c’est là toute la finesse du récit, qui n’oppose pas un méchant à Superman, mais tout un pays et son économie.
De ce fait, on va se rendre compte que le scénario est relativement mature. Il va y avoir des compromis à faire, il n’y a pas que de la bagarre, et on sent que Superman marche sur des œufs pour ne pas créer une embrouille géopolitique. Cependant, tout malin que soit le scénario, jouant alors sur quelque chose de très moderne, il y a des éléments qui ne collent pas vraiment avec cette maturité. Par exemple, le vaisseau de Superman, qui a des bras et des mains et qui ressemble à un jouet. L’arrivée d’un nouveau Toyman qui tient plus de Pinocchio qu’autre chose. Tous ces éléments rendent l’ensemble presque enfantin. Tout comme certains chapitres semblent être du remplissage, avec par exemple le coup de Man-Bat, ou le chapitre entier sur Krypto, qui se doit d’être un bon chien. Il y a un déséquilibre dans cette histoire.
Mais encore une fois, ce n’est pas très grave, car le plaisir de lecture est bien présent. Il s’agit d’un premier tome qui se lit comme un rien, et pour lequel on va avoir une certaine empathie. Superman est loin d’être un héros indestructible épris de justice, et il possède aussi des failles. Sa relation avec Loïs Lane, qui est dorénavant sa femme, est simple et efficace. On prend aussi beaucoup de plaisir à croiser certaines figures connues, comme Batman, Robin ou encore Black Canary. Il y a un vrai dynamisme dans l’écriture, mais aussi dans le dessin de Rafael Albuquerque. Nous connaissions sont talent à travers American Vampire, et là, il se sublime, dynamitant son trait déjà vif, et offrant une action quasi non-stop ultra lisible et ultra agréable à l’œil.

Au final, Superman Unlimited n’est pas une histoire parfaite, mais elle a le mérite de nous tenir en haleine, et de nous fournir notre lot d’action et de réflexion autour de la géopolitique. Si on peut râler contre un déséquilibre marquant entre la maturité du scénario et certains éléments très enfantins, il n’en demeure pas moins que l’on prend beaucoup de plaisir à la lecture, et rien que pour ça, ça vaut le coup !
Note : 15/20
Par AqME
