
De : Ferzan Özpetek
Avec Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Stefano Accorsi, Kasia Smutniak
Année : 2026
Pays : Italie
Genre : Drame
Résumé :
Un réalisateur de renom réunit ses actrices préférées. Il leur propose de réaliser un film sur les femmes. Il les projette alors à Rome, dans les années 70, dans un magnifique atelier de couture pour le cinéma et le théâtre, dirigé par deux sœurs très différentes. Dans cet univers peuplé de femmes, le bruit des machines à coudre résonne, les passions et la sororité s’entremêlent…
Avis :
Et si on posait nos émotions de cinéphiles en Italie ? Aujourd’hui, on s’arrête sur un réalisateur très connu dans son pays, mais qui reste assez discret chez nous. Ce réalisateur, c’est Ferzan Özpetek, metteur en scène de films aussi sublimes que « Pour toujours« , « Le premier qui l’a dit« , ou encore « Nuovo Olimpo« , qui était d’ailleurs son dernier film sorti, malheureusement privé de salles chez nous. Au fil des années et des films, Ferzan Özpetek s’est bâti une filmographie reconnaissable entre toutes. Un coup d’œil, un plan, une lumière, une couleur, et d’emblée, on sait que l’on est dans un film de Ferzan Özpetek.

Pour son nouveau film, Ferzan Özpetek s’est lancé dans un projet audacieux. Un projet dont peu de monde pensait qu’il trouverait un tel succès. Pourtant, « Diamanti » a été un véritable phénomène en Italie, rassemblant plus de deux millions de spectateurs en salles. « Diamanti« , c’est une déclaration d’amour aux femmes, et derrière ça, au cinéma, et à un métier en particulier : costumière. Pour ce film, le réalisateur turco-italien nous plonge dans l’Italie des années 60, dans un atelier de costumes, pour y suivre la préparation d’un gros film. Drôle et touchant, lumineux, coloré, excentrique parfois, mais toujours très humain et porté sur l’émotion, le réalisateur nous fait sourire autant qu’il est capable de nous émouvoir, et les deux heures et quart que dure cette lettre d’amour ne se sont absolument pas vues passer.
« »Diamanti » est un film audacieux et riche »
Ferzan Özpetek réunit ses actrices pour la lecture d’un film qu’il prépare. Ce film, ce sera « Diamanti« , et il se passera dans un atelier de couture dans les années 60. Un réalisateur prépare un film, et ces femmes devront lui composer différents costumes, et faire quelque chose que l’on n’avait encore jamais vu. Cet atelier est dirigé par deux sœurs, interprétées par Luisa Ranieri et Jasmine Trinca.
« Diamanti » étonne dès son ouverture, car il est tout autre que ce que son synopsis officiel laissait imaginer. En effet, le film s’ouvre sur un repas, où l’on retrouve Ferzan Özpetek en personne, entouré de nombreuses actrices. Le réalisateur explique alors à ses comédiennes et à quatre de ses acteurs, ce qu’il souhaite faire avec son nouveau film. S’ensuit ce qui peut être considéré comme une lecture, et c’est là, à ce moment précis, que l’on bascule à la fin des années 60 pour suivre ces femmes, ces couturières, s’affairer à la création des costumes.
La première chose qui frappe lors de ce voyage dans le temps, c’est la délicatesse des portraits que met en scène Ferzan Özpetek. « Diamanti » est un film audacieux et riche, qui brosse les portraits de pas moins de dix-huit femmes. Dix-huit personnages, toutes plus variées les unes que les autres. Bien sûr, certaines sont plus développées que d’autres, mais chacune a sa place et son importance. Et si chacune apporte quelque chose de plus à cette intrigue, ou plutôt à ce microcosme, c’est ensemble qu’elles prennent forme. Il se dégage de ce film quelque chose de profondément collectif. À un moment, l’une d’entre elles précise que seules, elles ne sont pas grand-chose, mais qu’ensemble, elles sont invincibles. Et c’est vrai. Même si certaines prennent forcément plus de place dans le récit, c’est bel et bien réunies autour d’un même objectif que tout fonctionne.
« »Diamanti » parle autant de création que de la condition des femmes dans les années 60″
À travers ces portraits et cet espace que Ferzan Özpetek met en lumière, le film amuse et touche par toutes ces vies, ces parcours, ces destins, cette entraide, et plus loin encore, par ce que certaines vivent en dehors de l’atelier. « Diamanti » parle autant de création que de la condition des femmes dans les années 60, de leur quotidien, de leurs défis, de leurs batailles. Parfois, le film se fait sombre, mais il conserve toujours une part de lumière, de chaleur et d’humanité qui touche droit au cœur. Impossible de ne pas s’attacher, de ne pas sourire face à ces femmes qui chantent, qui dansent, qui s’aident, qui prennent soin les unes des autres, même lorsqu’il peut y avoir de la jalousie ou des tensions. Toutes les émotions et les parcours servent à enrichir et donner du relief à l’ensemble.
« Diamanti » est porté par une pléiade d’actrices, toutes plus fabuleuses les unes que les autres. Bien sûr, on pourrait citer un nom plus qu’un autre, selon ce que le scénario propose, mais c’est véritablement ensemble que le film fonctionne. Toutes sont magnifiques, drôles, hilarantes, bouleversantes, chaleureuses. Et au-delà de tout cela, il y a surtout le regard presque amoureux que Ferzan Özpetek pose sur elles. Il les filme avec un désir et une tendresse rares. Rarement elles n’ont été aussi bien mises en valeur.

Bref, je pourrais continuer longtemps à dire à quel point « Diamanti » porte si bien son titre. En nous plongeant dans le quotidien d’un atelier de couture, Ferzan Özpetek signe un petit miracle, qui m’a profondément touché. C’est bien simple : j’ai adoré cet univers, ce regard, et plus largement, j’ai adoré suivre chacune d’entre elles. Comme je le disais, j’ai ri, j’ai pleuré, parfois même les deux en même temps… Comme beaucoup de films de Ferzan Özpetek, « Diamanti » sortira discrètement chez nous, et c’est bien dommage, car il mérite que tous les projecteurs soient braqués sur lui.
Note : 18/20
Par Cinéted
