janvier 18, 2026

Ryde – Uber Kills

De : Brian Frank Visciglia

Avec David Wachs, Jessica Serfaty, Ronnie Alvarez, Veronica Loren

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur, Thriller

Résumé :

Un nouveau service de voiturage par Internet fait fureur à Los Angeles. Jasmine et Marcus compte en profiter pour rentrer chez eux après une soirée passée dehors. Ils ignorent encore que leur chauffeur est un tueur en série, qui a déjà massacré plusieurs de ses clients à l’issue de courses nocturnes

Avis :

Les nouvelles technologies ont toujours eu un certain succès quand il faut les aborder sous l’angle de l’horreur. On a déjà eu Countdown et son application qui s’amuse à vous dire quand vous allez mourir. On peut aussi citer des films comme Unfriended qui se joue des réseaux sociaux et des creepy pasta. Il était évident qu’il ne fallait pas attendre bien longtemps pour voir débouler une application à la Uber, mais qui tourne mal. C’est le choix qu’a fait Brian Frank Visciglia avec Ryde. En gros, il s’agit d’une application de taxi à laquelle on peut souscrire un abonnement, et dire nos destinations, afin d’aller plus vite avec le chauffeur. Le problème, c’est si le chauffeur est un psychopathe qui va décider qui doit vivre ou mourir dans sa bagnole. Un pitch assez alléchant, mais qui ne va pas tenir bien longtemps.

La première chose qui frappe au regard de ce film, c’est son côté un peu cheap, mais qui ne s’assume pas. On sent que le cinéaste essaye de faire au mieux, et tente de prendre des plans qui peuvent avoir de la tronche, avec notamment de nombreux néons et des plans larges qui essayent de mettre Los Angeles en valeur. Sauf que ça ne marche jamais vraiment, car les quartiers choisis sont, au mieux, inhabités, ou tout du moins inactifs. Il y a une production qui est faiblarde, et malgré tous les atours que met le réalisateur, ça ne fait pas illusion. Et le démarrage avec ce type qui planque rapidement un cadavre ne met pas vraiment dans l’ambiance. C’est très cliché et ne sert à rien. On sait que l’on regarde un thriller horrifique, donc la scène ne sert pas vraiment.

« D’un point de vue narratif, c’est d’une linéarité crasse »

Par la suite, le film se perd dans la présentation de ses personnages. Ce qui est un comble, car personne n’est vraiment travaillé ou personnifié. On suit une jeune femme qui se prépare pour sortir, et son petit ami arrive, et c’est un vrai connard. Elle veut se rendre à l’anniversaire d’une amie, mais lui veut aller chez un pote, et il impose ses choix. La présentation est sommaire, mais suffisante pour détester ce goujat et ne pas comprendre ce que cette femme fait avec lui. Très rapidement, on bascule auprès d’un type qui se fait lourdement draguer par une femme. Elle l’amène chez elle, et il la bute de sang-froid. A partir de là, on va suivre les pérégrinations de ce tueur, qui va tuer un conducteur de l’application Ryde, puis prendre des gens et les buter un peu au hasard. Et c’est tout.

D’un point de vue narratif, c’est d’une linéarité crasse. Le rapport entre le couple du début et le tueur consiste simplement à une rencontre fortuite via l’application, et une autre rencontre un peu plus tard entre la nana du couple et le tueur, qui y voit sa nouvelle victime. Rien de bien neuf, et on va gentiment s’ennuyer devant un film qui n’a aucune profondeur. Et le pire, c’est qu’ils se sont mis à trois pour écrire un tel scénario. Le tueur ne présente aucun charisme, il n’a pas de background, et il tue de façon aléatoire, sans modus operandi. David Wachs a beau présenter un physique avenant à la American Psycho, il a une expression d’huître et ne dégage absolument rien. On se demande même comment il arrive à attirer autant la gent féminine sinon grâce à une carrure imposante.

« on sent une légère vibe Sex Crime« 

La seule toute petite originalité que l’on peut trouver dans ce film, c’est son côté sensuel, voire sexuel. On aura notre comptant de scènes dénudées, tout le temps des femmes, et certains passages se veulent sexy, comme cette scène à trois au bord d’une piscine. Pour un film qui n’a pas bénéficié d’une sortie en salle, c’est assez surprenant. On est plus habitué à des séquences ringardes et cheapos, et là, on sent une légère vibe Sex Crimes. Mais attention, ça reste très léger. Et surtout que cela n’aura aucune influence sur notre ressenti. Les personnages ne seront pas plus travaillés, les victimes n’auront aucune raison d’être butées, sinon qu’elles sont principalement des femmes, et que cela peut avoir un écho avec la jeunesse de ce tueur, qui semble traumatisé par quelque chose. Mais quoi ? On n’aura jamais le fin mot de l’histoire.

Un fin mot qui espère nous faire une suite, via une fin ouverte digne des plus grands nanars. Néanmoins, si on gratte beaucoup, on peut déceler dans les meurtres une certaine catharsis. La première victime est une allumeuse qui couche avec le premier venu. La deuxième femme tuée est une femme d’affaire insupportable, exigeante et mauvaise. Parmi les autres victimes, on retrouve des filles faciles alcoolisées et droguées. Bref, les raisons des meurtres puent le puritanisme à plein nez, et ça peut paraître rigolo, tant ça se veut sulfureux mais rétrograde dans ses idées. Il faudra néanmoins noter quelques passages gores mal foutus, comme cette pauvre femme qui se fait décapiter à coups de poing américain, ou certains gros plans sur des coups de couteau dignes d’un film amateur. On n’y croit pas une seule seconde tant l’arme fait factice, issu d’un magasin de farces et attrapes.

Au final, Ryde est un mauvais film. Le principe même de l’application n’est pas vraiment utilisé. Il s’agit juste d’un psychopathe qui se prend pour un uber et qui va buter des gens au hasard. Mal fichu, mal joué et tenant des personnages d’un vide abyssal, le film de Brian Frank Visciglia ne tient pas la route une seule seconde et rentre dans cette catégorie de films d’horreur sans âme, sans talent, et sans une écriture un peu exigeante, avec des protagonistes intéressants, et un sujet réflexif. Bref, passez votre chemin, et votre permis, c’est plus sûr.

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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