avril 17, 2024

La Nouvelle Femme – Monte Sorry

De : Léa Todorov

Avec Jasmine Trinca, Leïla Bekhti, Rafaëlle Sonneville-Caby, Raffaele Esposito

Année : 2024

Pays : France, Italie

Genre : Drame, Historique

Résumé :

En 1900, Lili d’Alengy, célèbre courtisane parisienne, a un secret honteux – sa fille Tina, née avec un handicap. Peu disposée à s’occuper d’une enfant qui menace sa carrière, elle décide de quitter Paris pour Rome. Elle y fait la connaissance de Maria Montessori, une femme médecin qui développe une méthode d’apprentissage révolutionnaire pour les enfants qu’on appelle alors « déficients ». Mais Maria cache elle aussi un secret : un enfant né hors mariage. Ensemble, les deux femmes vont s’entraider pour gagner leur place dans ce monde d’hommes et écrire l’Histoire.

Avis :

Parisienne, Léa Todorov a fait des études de sciences politiques à Paris, mais aussi à Berlin et Vienne. C’est au début des années 2010 qu’elle se lance dans le cinéma par la voie du documentaire. En 2012, elle présente « Sauver l’humanité aux heures de bureau« , puis en 2014, « Utopie Russe« . Par la suite, après avoir montée sa maison de production, elle participe à l’écriture de « Révolution école : l’éducation nouvelle entre les deux guerres » qui sera réalisé par Joanna Grudzinska et c’est là qu’elle commence à se documenter sur Maria Montessori, qui fera l’objet de son premier film.

Maria Montessori, c’est une femme qui a révolutionné l’école et l’apprentissage chez les jeunes enfants, et faire un film sur cette femme était, sur le papier, on ne peut plus intéressant. Mais une fois transposé sur l’écran, qu’est-ce que cela donne ? Assurément, « La nouvelle femme » est un film intéressant de par les portraits qu’il fait, et comment il raconte la prise de conscience de cette femme. Mais au-delà de ça, cette « … nouvelle femme« , c’est aussi un film qui aborde beaucoup d’autres sujets, et très étrangement, c’est peut-être là qu’il s’en sort le mieux, notamment lorsqu’il s’aventure sur la place de la femme dans la société au début du siècle dernier. Après, si le film est intéressant, il se fait aussi trop lent, bien trop lent, ce qui nous donne la sensation que jamais il ne démarre vraiment.

« La méthode Montessori est assez survolée. »

Paris, 1900, Lili d’Alengy est une célèbre courtisane et artiste de cabaret. Mais Lili a un secret, elle a eu un enfant, mais cette dernière est considérée comme idiote, et Lili l’a cachée chez sa mère. Mais lorsque celle-ci meurt, elle voit revenir dans sa vie cette petite fille qu’elle ne peut montrer au monde. La jeune femme part pour Rome, où elle a quelques connaissances, et c’est là qu’elle va vouloir placer sa fille dans une école où enseigne une femme aux méthodes particulières.

Pour son premier long-métrage de fiction, Léa Todorov a donc choisi de poser sa caméra au début du siècle dernier pour un film qui sera loin d’être facile à faire. S’intéressant à Maria Montessori, figure féministe et personnage particulièrement intéressant de par son parcours et les choix qu’elle va faire pour devenir la femme que l’histoire connaît, « La nouvelle femme » est un film pourtant assez inégal.

Riche dans son scénario, « La nouvelle femme » est un film qui doit arriver à parler autant de son personnage, de sa vie, que de sa méthode, du moins, le film racontera le parcours pour arriver à cette méthode qui la rendra célèbre. « La nouvelle femme » expose bien ce parcours, le travail de Maria Montessori, on passe notamment beaucoup de temps en classe, avec des enfants dit « idiots » alors qu’ils sont neurotypiques. Si le film prend le temps de présenter le travail de Madame Montessori, il est vrai que la méthode Montessori est assez survolée, la réalisatrice préférant (et peut-être à juste titre) s’arrêter sur une Maria Montessori qui est en train de se construire. Une Maria Montessori qui, petit à petit, se découvre et s’affranchit elle-même. Le personnage fait alors face à des choix qui sont intéressants, notamment vers la fin, ou beaucoup d’éléments se rassemblent et son destin s’emballe.

«  »La nouvelle femme » manque de souffle, manque caractère. »

Avec ça, « La nouvelle femme » c’est aussi un film qui va dresser des portraits de femmes au début des années 1900. Léa Todorov y parle très bien de la place de la femme dans la société de l’époque. La réalisatrice offre plein de détails, d’anecdotes parfois même révoltantes. Le film parlera aussi des mœurs, des jugements et de la question de l’image, au regard par exemple du personnage de Lili, qui doit quitter Paris un temps pour cacher sa fille aux yeux du monde. Puis évidemment, le film parle de maternité, du fait d’être mère, avec ce que cela implique, avec ces contradictions. Bref, cette « … nouvelle femme » est riche, et peut-être même trop, car comme je le disais plus haut, malgré tout cela, il y a quelque chose qui fait que le film n’arrive pas vraiment à nous entraîner et nous passionner.

C’est un peu comme si tout était en retenu, comme si le film n’osait jamais aller pleinement dans son histoire et restait parfait en surface. En fait, à bien y réfléchir, « La nouvelle femme » manque de souffle, manque caractère, de scènes et d’instants mémorables, et au-delà de ça, le film manque d’émotions. Si parfois, il se fait touchant, on ne peut pas dire non plus qu’il sera marquant. Et ça, c’est vraiment dommage, car on sent et l’on voit qu’il y a un vrai travail fait sur ce film, notamment dans sa reconstitution, dans ses décors, ou dans le choix de ses plans.

Après, du côté de la mise en scène, s’ajoute à tous ces manques un rythme très lent, qui fait que cette « … nouvelle femme » est long. Alors même que le film fait à peine une heure et demie, l’ensemble tire en longueur et donne la sensation de faire du sur place et de ne pas oser enfin aller dans son histoire, d’affronter son histoire.

Dommage donc pour ce premier film de Léa Todorov. « La nouvelle femme » est un film qui a plein de jolis arguments pour lui (et je n’ai même pas parlé de ces deux excellentes actrices que sont Jasmine Trinca et Leïla Bekhti), ce qui fait qu’assurément, il est intéressant, mais il ne le sera pas suffisamment pour nous tenir d’un bout à l’autre. Après, ça se laisse gentiment regarder, mais il n’est pas sûr qu’à la fin de l’année, on s’en souvienne, ce qui est fort dommage au vu de son sujet et de son personnage.

Note : 12/20

Par Cinéted

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