juillet 22, 2024

Lady Mechanika

Auteur : Joe Benitez

Editeur : Glénat

Genre : Steampunk

Résumé :

Elle est l’unique survivante d’une terrible expérience qui l’a laissée avec deux bras mécaniques. N’ayant aucun souvenir de sa captivité ou de son existence passée, elle s’est construit une nouvelle vie d’aventurière et de détective privée. Elle use de ses capacités uniques pour agir là où les autorités en sont incapables. Mais la quête de son passé perdu ne s’arrête jamais. Les journaux l’ont appelée : “ Lady Mechanika ” !

Avis :

Joe Benitez est un dessinateur de comics qui s’est fait connaître en premier lieu par son travail sur The Darkness de Garth Ennis, puis par des séries qui sont parues chez DC Comics. On peut citer Supergirl et Titans, mais il a aussi exploré la Justice League of America, Batman et Superman. A la fin des années 2000, alors qu’il participe à de nombreuses conventions, il est fasciné par le Steampunk, et notamment par les cosplayeurs qui ont des costumes très élaborés. Dès lors, il commence à faire des recherches sur cet univers, puis gribouille quelques sketchs qui deviendront les éléments primordiaux de Lady Mechanika. Tout d’abord éditée chez Aspen, la série va gagner en notoriété, et l’auteur va alors prendre le pari de créer sa propre maison d’édition pour avoir les coudées franches sur sa nouvelle franchise. Sept tomes plus tard, Lady Mechanika a toujours le vent en poupe.

Pour la petite histoire, Lady Mechanika est une jeune femme qui possède des bras et des jambes mécaniques. Cela lui confère une puissance hors norme qu’elle met au profit des autres en chassant monstres et légendes, et en résolvant quelques enquêtes. Elle est aussi obnubilée par ses origines, dont elle n’a aucun souvenir, et elle recherche des éléments qui pourraient l’aider dans sa quête d’identité. De ce fait, chaque tome pourrait presque se lire indépendamment, puisqu’il s’agit presque à chaque fois d’un stand alone avec une enquête spécifique, mais on retrouvera des éléments communs, notamment dans la recherche d’origine de l’héroïne. Cependant, cette recherche passera constamment au second plan, ralentissant alors le thème principal, comme s’il fallait sortir le plus de tomes possibles. Mais on ne peut imputer cela à Joe Benitez qui s’éclate dans les univers qu’il visite et dans les thèmes qu’il explore.

En effet, sur les deux premiers tomes, on va avoir une critique acerbe des bourgeois et des grands patrons qui veulent toujours s’enrichir au mépris des autres. Lady Mechanika en fera les frais, avec un méchant, Blackpool, qui cache un vilain secret, mais arrive à s’entourer de super-vilain qui vont donner du fil à retordre à l’héroïne. Le problème, c’est que l’on a la sensation que tout cela traine un peu la patte. C’est assez redondant comme schéma narratif, et malgré quelques bonnes idées, comme le sidekick torturé et rigolo malgré lui, on devinera que l’auteur se freine pour son histoire principale, dans le but de sortir le plus de volumes possibles. Cela se ressent aussi sur les autres tomes qui explorent d’autres sujets, mais qui demeurent survolés. On pense à la légende du golem transposée chez les robots, ou encore le coup des vampires dans un septième tome.

Ce qui fait la force de Lady Mechanika, c’est bien entendu son univers Steampunk. Aidé par Peter Steigerwald qui signe les décors, on plonge vraiment dans un monde qui respire la fumée, l’industrie et les machines rétro-futuristes. De plus, l’auteur inclut dans ses histoires des éléments fantastiques intéressants, qu’il pioche dans différents folklores. Le quatrième tome nous plonge dans le jour des morts au Mexique, alors que le sixième propose une fée comme grande méchante, en mettant en avant le problème du libre arbitre. Tout cela concorde à rendre l’ensemble assez intéressant à suivre, malgré un sujet principal qui n’est que trop rarement traité. Heureusement, les relations de Mechanika avec ses amis proposent de vraies réflexions, comme la force de l’amitié, l’entraide ou encore un certain opportunisme. Cela permet de mettre en avant des personnages secondaires assez forts et intéressants.

Bien entendu, ce qui fait le grand succès de la série, c’est la beauté des dessins de Joe Benitez. Certes, au fil des volumes, il est aidé par d’autres dessinateurs, mais force est de reconnaître qu’il a un talent fou. Il n’y a pas vraiment d’hypersexualisation de l’héroïne, même si elle rentre dans des stéréotypes fantasmés par les mecs. Mais elle reste sobre et ne tombe jamais dans la séduction. Si on peut croire que des relations vont se nouer avec divers personnages masculins, il n’en est rien, et l’auteur ne tombe jamais dans ce piège. Elle reste une héroïne badass, qui a du style et en impose. Du coup, les dessins jouent beaucoup sur des poses de Lady Mechanika qui vont prendre toute la page. Si cela est beau, cela fige un peu l’action et a tendance à casser le rythme.

Au final, Lady Mechanika est un comic plutôt réussi, même s’il ne révolutionne pas le genre. En effet, on reste sur des clichés du genre steampunk, avec des éléments fantastiques qui viennent se greffer çà et là. Cependant, c’est plutôt bien fait, avec une héroïne qui en impose et des dessins qui sont tout simplement sublimes (pas avare en bonus, on aura droit à de nombreuses galeries), offrant alors un voyage permanent. Il est juste dommage que les méchants ne soient pas si forts, et que le thème principal autour de l’héroïne soit si timide… En espérant alors une prochaine sortie d’un huitième tome qui arrangera tout ça…

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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