mai 3, 2026

Atreyu – The End is not the End

Avis :

S’il y a bien un sous-genre du métal qui plait fortement à la jeune génération, c’est le Metalcore. Genre décrié par ceux qui se revendiquent comme les gardiens du temple, le Metalcore est un genre accessible, qui mélange, en règle générale, le chant crié dans les couplets, et des refrains entêtants en chant clair. Parmi les fondateurs du genre, on peut évoquer Atreyu, groupe américain qui se fonde en 1998. Pour autant, aujourd’hui, la formation est un peu moins connue que d’autres, la faute à un hiatus en 2011, pour une pause de trois ans, avant de revenir en 2014. Si on peut compter sur certains changements de line-up, le plus important tourne autour du batteur Brandon Saller, qui va quitter les fûts en 2020 après le départ du chanteur, pour prendre sa place dans le chant clair, le growl étant toujours assuré par le bassiste Marc McKnight.

The End is not the End est le dixième album d’Atreyu, et il montre un fort désir d’évolution, et de sortir du carcan du Metalcore moderne. Ici, point de sonorités futuristes ou d’ajouts électro, mais une envie d’aller vers quelque chose de plus joyeux, avec des refrains ultra fédérateurs. Et en un sens, ça fait du bien d’entendre un groupe de métal aller vers des mélodies plus accessibles, tout en ne reniant jamais ses racines. La preuve en est dès le début de l’album. Tout commence avec le titre éponyme, une introduction qui met en avant un cri puissant, et un joli solo de guitare qui met en avant les musiciens. Là où le Metalcore se contente souvent de faire des structures simples et un break virulent, on sent que Atreyu souhaite proposer quelque chose de plus musical et technique. Un choix qui peut ne pas plaire…

Les choses sérieuses débutent avec Dead (oui, la mort sera un sujet qui va parsemer l’album), qui annonce du gros son dès son démarrage, puis les choses vont prendre une direction assez caractéristique du Metalcore, avant de proposer un vrai pont doté d’un solo pertinent et solide. Et que dire du refrain, fédérateur en diable, où l’on sent que le groupe a pensé certains de ses morceaux comme des hymnes à chanter avec le public. Break Me débute comme un titre de Korn au niveau des riffs, puis le chant crié un peu rappé va donner une vibe très intéressante au morceau, qui gagne en puissance au fur et à mesure des écoutes. Néanmoins, le refrain reste moins fort que sur d’autres titres. All For You va marquer une rupture avec ce que faisait le groupe avant, et une mise en avant de ce que veut faire le groupe dorénavant.

Le titre est plus mélodique, presque Pop sur bien des aspects, mais le refrain marche du feu de Dieu, et il sera très compliqué de ne pas chanter par-dessus le frontman. Ghost in Me prend le même chemin, mais avec un côté plus incisif. Les couplets sont plein de rage, et les refrains sont clairement faits pour être chanter en public. Le break est aussi plus sombre et percutant, donnant alors plus de relief au titre. Glass Eater va avoir un petit côté Métal Indus dans son démarrage, avant de lâcher les vannes, et de mettre en avant la force des deux chanteurs qui s’en donnent à cœur joie dans une alchimie palpable. Et puis il y a toujours ce travail autour des guitares qui tricotent, et ça donne une épaisseur en plus au morceau, et au groupe. Puis Wait my Love, I’ll Be Home Soon prend des airs de ballade.

Le morceau est ultra touchant, et montre aussi toutes les facettes du groupe, qui n’hésite plus à faire ce qu’il lui plait, sans céder aux sirènes des fans. Après ce moment de douceur, le groupe balance Ego Death, et on va avoir droit à deux minutes de gros fracassage de crâne. C’est puissant, virulent, et ça ne fait aucune concession, sinon dans les quarante premières secondes, puisqu’un simulacre de refrain vient adoucir l’ensemble, avant de complètement lâcher les vannes par la suite. Death Rattle va continuer sur ce chemin de violence, jusqu’à Child of Light, avec un Max Cavalera qui vient prêter sa voix lors du deuxième couplet. Le groupe continue son chemin de Metalcore joyeux et accessible, tout en proposant de belles compositions entêtantes. In the Dark tape fort, alors que Afterglow bénéficie d’un refrain implacable. Enfin, Break the Glass clôture l’ensemble de façon simple mais pertinente.

Au final, The End is not the End, le dernier album de Atreyu, est une belle réussite, qui fait suite à une petite déception concernant leur album précédent. Il semble que les américains se soient débarrassés de leur côté un peu trop Pop et embrasse avec plus de ferveur leur évolution musicale, jouant avec un metalcore moderne, tout en donnant plus d’importance à leurs musiciens, et notamment à leurs guitaristes, qui peuvent proposer plus de solos. Bref, un très bon album, qui semble passer un peu sous les radars…

  • The End is not the End
  • Dead
  • Break Me
  • All For You
  • Ghost in Me
  • Glass Eater
  • Wait my Love, I’ll Be Homme Soon
  • Ego Death
  • Death Rattle
  • Children of Light feat Max Cavalera
  • In the Dark
  • Afterglow
  • Break the Glass

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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