
De : Jospeh Merhi
Avec Sam J. Jones, Sherrie Rose, Jason Lively, John Saxon
Année : 1992
Pays : Etats-Unis
Genre : Action
Résumé :
Trois flics sont contraints de faire équipe pour faire tomber un parrain de la pègre locale.
Avis :
Face à l’effervescence de films d’actions, de polars et de thrillers, les années 1990 ont décliné ces genres sous toutes les coutures. En parallèle des blockbusters et des productions qui ont pu bénéficier d’une sortie au cinéma, on assiste également à pléthores de métrages de seconde zone et de DTV qui ont pullulé à cette époque. Alternant entre le navet et le nanar, on découvre des films bancals et sommaires qui, depuis, ont sombré dans les oubliettes du septième art. Si certains d’entre eux ont pu s’enticher d’un statut de distraction coupable, d’autres se sont avérés aussi pénibles que ridicules. Et cela ne tient pas uniquement au caractère désuet des bobines…

Avec Maximum Force, Joseph Merhi signe un métrage dénué d’ambition et de qualités. Il n’y a qu’à constater cette triple séquence d’introduction pour s’en convaincre. Tour à tour, on assiste à la présentation des protagonistes à travers des situations éculées, pour ne pas dire caricaturales. L’intrigue donne le ton avec des scènes improbables. Les combats clandestins aboutissent à une volée de balles dans le plafond, un féru d’armes à feu qui dézingue un hélicoptère ou une policière sous couverture qui se dénonce elle-même ! Le lot d’incohérences est déjà bien chargé et cela n’est rien en comparaison de ce qu’il advient par la suite.
« le film est perclus de stéréotypes raciaux »
En effet, ce trio est amené à se rejoindre par l’entremise d’un supérieur hiérarchique. Là encore, on assiste à une fin de non-recevoir pour que tous consentent à s’unir, et ce, quelques secondes plus tard. Leur décision ne tient pas même à quelques arguments supplémentaires. À partir de ce moment, on pourrait néanmoins s’attendre à un travail de sape de la part des protagonistes. En d’autres termes, mener des actions à l’encontre d’un antagoniste au patronyme nippon, mais dont les origines s’écartent sciemment du pays du soleil levant. Soit dit en passant, le film est perclus de stéréotypes raciaux et d’un doublage tout aussi douteux.
Seulement, ils décident de se terrer dans un immeuble désaffecté pour s’entraîner. L’un en cassant des planches de contreplaquées, l’autre en jouant aux voitures téléguidées et la dernière en s’adonnant à des séances zen. C’est sans compter sur l’arrivée impromptue de ninjas d’opérettes, puis d’un commando décérébré pour mettre à mal leur retraite. Les investigations en restent au point mort, tandis que leur inertie finit par rendre l’ensemble pénible. Ça s’amuse et ça flirte sans même s’interpeller sur leurs proches ou, à défaut, le bon déroulement de leur mission. Maximum Force, c’est avant tout une volonté manifeste de hisser l’ennui à des strates incommensurables d’incohérences.
« On distingue moult faux raccords et invraisemblances en pagaille »
On distingue moult faux raccords et invraisemblances en pagaille. Au-delà de l’imbroglio scénaristique généralisé, il faut également compter sur une interprétation catastrophique de la part du casting. Du cabotinage en fausses notes pour traduire une émotion évidente, on assiste à des réparties qui confèrent au comique embarrassant, ne serait-ce que pour exposer la mort d’un personnage ou une opposition de points de vue. Cela sans oublier une dernière partie qui part en roue libre avec l’intrusion d’un catcheur surgi de nulle part et d’une panne d’électricité qui provoque une vague de panique et de stupidité dans le cercle mafieux. Mention spéciale à leur irruption dans un ascenseur hors service qui finit en chute libre, plusieurs dizaines d’étages plus bas.

Au final, Maximum Force déploie des trésors de médiocrité et de bêtises pour amalgamer quelques relents scénaristiques aux clichés explicites. À tout point de vue, le film de Joseph Merhi ne cesse de multiplier les tares et les bévues, au point de rendre l’ensemble aussi indigeste que risible. Entre les personnages caricaturaux, les situations incongrues, les dialogues indigents, l’absence de rythme et de cohésion, on s’inflige un spectacle affligeant. Même si l’on écarte de la prévisibilité intrinsèque de l’intrigue, les invraisemblances, faux raccords et raccourcis scénaristiques se chargent de nous rappeler la piètre entreprise à laquelle on nous convie. Ou comment filmer une production fauchée, affublée d’une histoire binaire dont le déroulement frôle le non-sens…
Note : 02/20
Par Dante
