mai 1, 2026

The Haunting of Alice D. – Navet en Maison Close

De : Jessica Sonneborn

Avec Juan Riedinger, Megan Ann Hensley, Aaron Massey, Kritina Page

Année : 2014

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

À la fin des années 1890, Davenport House était un bordel célèbre et prospère, jusqu’à ce qu’une jeune prostituée nommée Alice s’y suicide. Après sa mort, le bordel est devenu hanté par le fantôme d’Alice et a finalement été abandonné. Plus d’un siècle plus tard, l’ancienne structure est rénovée en un magnifique manoir. On dit toujours qu’il habite le fantôme d’Alice. Malgré cela, le nouveau propriétaire, riche et arrogant héritier de la fortune de Davenport, décide d’organiser une fête endiablée pour sa première nuit dans la maison.

Avis :

S’il y a bien quelque chose qui sent mauvais, c’est quand un film d’horreur demeure inédit en France. Il n’y a pas trente-six solutions, soit c’est un film qui a traumatisé du monde, et les producteurs sont trop frileux pour le sortir, soit c’est tellement mauvais que personne n’en veut. A part peut-être Prime Video pour remplir son catalogue de films à caractère mensonger. Bref, la magie d’internet fait que parfois, on peut tomber sur des films qui ne sont jamais sortis chez nous, et on le regrette amèrement par la suite. Long-métrage qui promet de la possession et des fantômes revanchards, The Haunting of Alice D. demeure inédit chez nous, la faute à un casting amateur, à une réalisatrice inconnue, et on ne va pas tourner autour du pot, à une histoire ringarde qui ne fait absolument pas peur. Bref, un navet comme on en voit peu.

L’histoire débute à la toute fin du XIXème siècle, dans une maison close. Une jeune femme discute avec sa petite sœur, jusqu’à ce qu’elles soient séparées de force par un proxénète violent et sans sentiment. C’est là le premier point d’arnaque du film qui, pour attirer le chaland, annonce Kane Hodder dans le casting (acteur bien connu des amateurs d’horreur), mais il ne fait qu’une apparition furtive en tant que méchant du XIXème siècle. Bref, après cette introduction qui veut poser les éléments d’un semblant d’intrigue, on se retrouve de nos jours, avec une bande de crétins qui veulent faire une fête dans l’ancien bordel, alors tout récemment rénové. Et pour bien faire la bringue, des prostituées sont invitées, afin de former quatre couples distincts. Et bien évidemment, pendant la visite du bordel, des choses étranges vont se passer. Mais des choses à faire frémir un chat peureux…

« On est clairement dans de l’amateurisme »

Le film ne dure qu’une heure et quart, et pourtant, on a la sensation d’une durée de plus de trois heures. Il faut un temps infini avant que ne se déclenche un effet montrant la présence d’un fantôme. Et cet effet, c’est un lustre qui bouge. Il est clair qu’on est dans les bas-fonds de l’horreur, avec des effets pratiques dignes d’un film amateur avec trois bouts de ficelle. Par la suite, les choses ne vont pas s’améliorer, puisqu’on aura droit à une table basse qui se déplace, ou encore à des portes qui claquent. Rien d’autre ne viendra déranger la vie sexuelle de nos quatre couples qui se forment tant bien que mal. Afin d’éviter de faire des frais de maquillage, on aura aussi des choses effrayantes hors cadre, avec des acteurs qui tirent des tronches de six pieds de long pour faire croire à un truc vraiment affreux.

On est clairement dans de l’amateurisme, et dans une prise de risque minime. Mais à la rigueur, si les personnages sont empathiques, et s’il y a un fond dans le film, on peut se dire que ce cache-misère est un moindre mal. Malheureusement pour nous, rien ne va nous être épargné. Déjà, l’histoire est inutile et inintéressante. Le message de la réalisatrice est clairement de montrer les violences faites aux femmes, mais cela ne marche pas, la faute à des nanas complètement raccord avec leur métier (prostituée), et qui ne se battent pas plus pour s’en sortir. Pire, les hommes sont de beaux salauds, mais comme ils payent, ils ont le droit de faire ce qu’ils veulent des filles. Comment dire que le scénario se met volontairement des bâtons dans les roues, et annonce le contraire de ce qu’il veut faire.

« la réalisation de Jessica Sonneborn est tout simplement catastrophique »

Quant aux personnages, on est en roue libre totale. C’est bien simple, on en est à un stade où on ne sait même pas comment ils s’appellent. Ils n’ont même pas de fonction particulière dans le film. On a quatre types, qui sont là pour se faire de jolies filles. Et on a quatre filles, qui sont là pour se faire sauter en gagnant un max d’argent. C’est tout. Le scénario ne va pas pisser plus loin, et il ne cherche pas forcément à renforcer ou défaire des liens particuliers. Il y a bien un couple, avec une fille qui ne peut pas blairer l’un des amis de son petit ami, mais cela n’apporte rien à l’histoire, ni à son déroulé. Déroulé qui se termine très rapidement, avec un fantôme qui apparait dans les dernières minutes, et un type qui surréagit pour battre les filles à coups de tisonnier.

Enfin, il faut aussi parler très rapidement de la réalisation de Jessica Sonneborn. C’est tout simplement catastrophique. C’est très mal filmé, les cadres semblent être aléatoires, il n’y a aucune recherche d’ambiance particulière, et les lumières sont saturées à l’extrême. Enfin, surtout le blanc, puisque le film baigne dans un espèce de coton lumineux, un peu comme dans Les Feux de l’Amour. Cela donne une sensation de suivre un vieux téléfilm des années 80, et c’est très désagréable. Pour un film de fantôme, qui veut aussi faire une partie historique, on se retrouve face à un film qui semble avoir un filtre blanc, et c’est d’un kitsch assez sidérant. Et puis il n’y pas d’autres lumières pour mettre une ambiance plus maléfique ou malaisante. On reste sur du basique mal fichu, digne d’un truc vaguement amateur.

Au final, The Haunting of Alice D. est un très mauvais film, et rentre dans cette catégorie de long-métrage qui n’ont absolument rien à dire, mais qui arrive quand même à le faire mal. Moche, sans aucun intérêt, mal joué et doté d’un scénario qui montre le contraire de ce qu’il veut dénoncer, on est clairement dans un navet de compétition. Après plus de vingt ans à baigner dans toutes sortes de film d’horreur, celui-ci rentre aisément dans les pires que l’on ait vu jusqu’à présent, c’est dire le niveau…

Note : 01/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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