février 18, 2026

Marty Supreme – Portrait Empathique d’un Connard

De : Josh Safdie

Avec Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion, Kevin O’Leary

Année : 2026

Pays : Etats-Unis

Genre : Biopic

Résumé :

Marty Mauser, un jeune homme à l’ambition démesurée, est prêt à tout pour réaliser son rêve et prouver au monde entier que rien ne lui est impossible.

Avis :

Après plusieurs années d’absence, les frangins Safdie sont de retour sur les écrans, chacun de leur côté. Si Benny Safdie s’est légèrement fait bouder avec son « Smashing Machine« , Josh Safdie est quant à lui porté par une hype assez dingue autour de son premier film en solo. Avec ce projet, Josh Safdie avait envie de continuer à explorer ses thématiques, mais à travers un biopic qui n’en est pas vraiment un. Il s’intéresse donc à Marty Reisman, un joueur de tennis de table qui, entre les années 50 et 80, a connu son petit moment de gloire.

Mais ce qui intéresse le réalisateur, ce n’est pas tant la carrière sportive que le personnage derrière. Ce qui lui donne envie de faire ce film, c’est de raconter un homme piégé dans son propre ego. Un personnage excessif, embarqué dans une spirale qui le dépasse, qui le met sous pression, et qui finit par tout faire exploser autour de lui.

«  »Marty Supreme » est un régal »

« Marty Supreme« , c’est l’énorme succès surprise de A24, ce studio qui s’est forgé une sacrée réputation ces dernières années et qui a su s’imposer dans le paysage actuel. Et franchement, ce film autour du tennis de table est mille fois plus étonnant que ce qu’on pouvait imaginer. Excessif, débridé, parfois complètement barré, comédie hilarante alors même que son personnage principal est un connard fini, « Marty Supreme » est un régal. Dans ce qu’il raconte, dans la façon dont il le raconte, et surtout parce qu’il est porté par un acteur absolument magistral qui trouve ici l’un des meilleurs rôles de sa carrière.

Marty Mauser est un jeune homme de vingt-trois ans à l’ambition totalement démesurée. Sportif, il est obsédé par le tennis de table et est convaincu qu’il est le meilleur. Après un passage remarqué en Angleterre, il vise les championnats du monde à Tokyo. Problème : il n’a pas un sou. Il lui faut donc trouver de quoi financer son voyage, et ça va lui coûter beaucoup plus cher que prévu…

Surprise totale pour ce premier film signé Josh Safdie. De manière générale, les films sur le sport ne sont pas vraiment ma tasse de thé. Je n’ai aucun esprit de compétition, donc les récits de sacrifice pour devenir « le meilleur », ça me laisse souvent froid. Et puis, de temps en temps, il y a une exception qui vient tout casser. Aujourd’hui, c’est « Marty Supreme« .

« L’intrigue devient imprévisible »

Pourquoi ? Parce que ce n’est pas qu’un film sur le sport. Ce n’est même presque pas ça. C’est le portrait d’un jeune mec prêt à tout pour réaliser ses rêves, quitte à devenir infect. Et normalement, les films avec des personnages qu’on peut qualifier très facilement de gros connards, ça me fatigue vite. Mais là, ça fonctionne. Marty est insupportable, arrogant, manipulateur, persuadé qu’il est un génie. Son ego est tellement surdimensionné qu’il faudrait inventer un mot pour le définir. Il ment, il manipule, il embrouille tout le monde, il se fourre dans des situations improbables… et pourtant on le suit avec le sourire aux lèvres.

Ce qui est génial, c’est que le film glisse petit à petit. On commence avec un film de sport un peu nerveux, puis ça bascule vers une comédie complètement débridée. Par moments, on frôle presque le film de mafieux tant les embrouilles deviennent improbables. Et ça, on ne l’avait pas vu venir. L’intrigue devient imprévisible, c’est le chaos et franchement c’est hilarant.

« Timothée Chalamet est monstrueux. Totalement investi, démesuré »

Mais le plus fort, c’est que derrière ce cirque permanent, toutes les conneries et autres rebondissements improbables, il y a quelque chose d’assez touchant qui s’installe. À force de le voir foncer droit dans le mur, à force de le voir se débattre avec son ego et ses rêves, le portrait de Marty change. Le personnage devient touchant, il grandit sous nos yeux. En fait, « Marty Supreme » se poserait presque comme un parcours initiatique. Comme le passage à l’âge adulte d’un jeune con qui ouvre enfin les yeux. Et même s’il restera un peu le même, quelque chose aura changé à jamais. La dernière scène remet tout en perspective et conclut merveilleusement le film.

Et évidemment, impossible de parler du film sans parler de Timothée Chalamet. Il est monstrueux. Totalement investi, démesuré, drôle, insupportable, magnétique. Il rend Marty à la fois détestable et fascinant. Il ose tout. Il en fait des tonnes, mais toujours avec une précision incroyable. On sent qu’il s’amuse, qu’il se lâche, et ça donne un personnage qu’on n’oublie pas. Autour de lui, les seconds rôles sont aussi très bien choisis. Même les plus petits personnages existent vraiment et apportent quelque chose. Personne n’est là pour faire joli.

Au final, « Marty Supreme » est une vraie surprise. Le film ne ressemble pas du tout à ce qu’on attendait. Il est plus drôle, plus fou, plus imprévisible. Et surtout, alors que tout est fait pour qu’on déteste Marty, on s’accroche à lui. On adore le voir oser, manipuler, tenter, rater, recommencer. On rit beaucoup. On est parfois mal à l’aise. Et quand le générique arrive, on aurait presque envie d’y retourner direct pour revivre le chaos. Si le grand film de Janvier était signé Chloé Zhao, on peut très facilement dire que le grand film de Février est signé Josh Safdie.

Note : 18/20

Par Cinéted

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