janvier 28, 2022

Alien Convergence

De : Rob Pallatina

Avec Stephen Brown, Mishone Feigin, Caroline Ivari, Cedric Jonathan

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction, Horreur

Résumé :

Quand des créatures reptiliennes volantes envahissent le monde, le dernier espoir des survivants réside dans un avion révolutionnaire…

Avis :

Parmi les boîtes de production du septième art les moins crédibles, on a The Asylum. Société américaine créée en 1997 à Burbank, elle s’est rapidement spécialisée dans le Mockbuster, à savoir reprendre les idées de Blockbusters et en faire des films low cost. Le but est donc de se faire de l’argent en faisant croire à de supers films, en modifiant un petit peu le titre et la jaquette, n’ayant jamais peur de faire dans le mensonger. A titre d’exemple, on peut citer Transmorphers qui ne sera pas signé Michael Bay, ou encore Atlantic Rim, qui ne sera pas de Guillermo Del Toro. Avec des méthodes aussi nauséabondes, on aurait pu croire que la boîte ne tiendrait pas la distance, et pourtant. Une solide base de fans s’est formée autour de la boîte, aimant se gausser des tartines de pixels que nous balance à la tronche la société, sans parler de scénarios ineptes ou d’acteurs à la ramasse, provoquant le rire plutôt que l’étonnement. Le problème, c’est qu’à la longue, quand on fait un mauvais film volontairement, on y ressent une pointe de cynisme, pour ne pas dire de foutage de gueule et au bout d’un moment, faire cela ne rime à rien. En témoigne de nombreux films, comme cet Alien Convergence qui est un summum de nullité dans tous les domaines.

De base, l’histoire ne rime absolument à rien. On retrouve un groupe de personnes en situation de handicap qui pilote des drones avec la force de la pensée. On apprendra donc qu’une jeune femme dirige une expérience pour un secteur de l’armée afin que les soldats meurtris par la guerre puissent continuer leur service s’ils le veulent. Pendant ce temps, trois astéroïdes percutent la Terre à des endroits bien précis, une centrale nucléaire, une centrale électrique et un puits de pétrole. De ces météorites vont sortir trois créatures gigantesques tenant plus du dragon que de l’alien, faisant des ravages dans les villes. Alors que l’armée est impuissante, la jeune femme appelle son équipe et convainc l’armée d’utiliser son système de pilotage par la pensée. Dans les grandes lignes, on pourrait presque y croire, malgré le côté complètement crétin des astres qui tombent sur des endroits précis (tout ça pour faire cracher des choses différentes aux monstres de pixels), mais c’était sans compter sur le savoir-faire d’Asylum.

La première chose qui frappe, c’est la mise en scène. On le sait, on n’aura jamais droit à du Scorsese ou du Nolan dans la précision des séquences, mais là, on touche le bas du bas. Rob Pallatina doit faire partie de ces réalisateurs en devenir à qui il manque des mains et des yeux. La caméra tremble souvent, les plans ne sont pas cadrés, on trouve parfois des séquences de vide, et on ne parle même pas des fond vert, même pour filmer un hangar à avions. Clairement, même pour du Asylum c’est catastrophique et rarement on aura atteint un tel niveau d’indigence. Ajoutons à cela des acteurs qui se demandent encore ce qu’ils font là. C’est bien simple, aucun n’est crédible dans son rôle. Entre le paraplégique que l’on laisse seul dans une bagnole pour surveiller les alentours, le manchot qui stresse pour rien, ou encore la nana en béquilles mais on se demande bien pourquoi, rien n’est fait pour que l’on ressente de l’empathie. Les blagues nulles s’enchainent à tour de bras, les séquences d’action sont lénifiantes (le moment gênant où l’homme paraplégique essaye de démarrer une voiture pour esquiver une grosse bestiole…) et au final, on ne retiendra qu’un seul nom, Ishiro, mais uniquement parce que c’est le seul asiatique de la bande.

Alors oui, on pourrait penser qu’Asylum essaye de faire un minimum de « social » en plaçant des personnages en situation de handicap comme des héros, réussissant à vaincre la menace extraterrestre, mais il n’en sera rien, ou tout du moins pas vraiment, puisque les seuls vrais héros sont la fille en bonne santé et son père en chaise roulante, les autres devant rester devant un écran à les regarder faire. Tout ça pour appuyer une liaison discordante entre père et fille qui vont devoir recoller les morceaux pour réussir une figure acrobatique dans la tronche du méchant. C’est assez triste, mais c’est là que l’on voit tout le cynisme d’Alien Convergence et tout l’amateurisme d’Asylum qui en plus de se foutre de la tronche du spectateur, chie littéralement sur ses personnages et ce qu’ils peuvent représenter. Et que serait un film Asylum sans son monstre géant en CGI imbuvables. Pour le coup, si on veut de la daube, on est servi, avec un alien qui ressemble non pas à la créature de la jaquette, mais à un semblant de dragon qui aurait un peu trop forcé les lectures gothiques, au point d’en devoir biscornu et moche, tout simplement. Outre les mauvaises incrustations, le design est infect et rien ne colle vraiment. De plus, certaines compétences sont complètement laissées à l’abandon, comme ces vers qui creusent des trous ou encore cette faculté de se rendre invisible qui disparait totalement durant tout le reste du métrage. Même dans l’écriture, Asylum se fout de nous.

Au final, Alien Convergence est une purge innommable et complètement décadente. La société Asylum se perd de plus en plus dans sa volonté de faire de mauvais films pour faire rire la galerie et commence à entreprendre des actions malveillantes, trompant honteusement le spectateur et offrant des films qui sont tout simplement mauvais, voire insultants. Alien Convergence en est la preuve, démontrant par la même occasion toute l’escroquerie qu’il y a derrière cette entreprise fumeuse et qui est tombée bien bas.

Note : 00/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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