février 23, 2026

Cold Storage – Attack the Box

De : Jonny Campbell

Avec Joe Kerry, Georgina Campbell, Liam Neeson, Sosie Bacon

Année : 2026

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Science-Fiction

Résumé :

Lorsqu’un microorganisme mutant et hautement contagieux s’échappe d’un confinement en chambre froide en ravageant tout sur son passage, deux jeunes employés – épaulés par un ex-agent de l’anti-bioterrorisme – se retrouvent à lutter pour leur propre survie (et accessoirement celle de l’humanité) au cours d’un service de nuit aussi délirant qu’explosif…

Avis :

Réalisateur britannique, Jonny Campbell débute sa carrière dans la publicité et la télévision, où il se fait rapidement remarquer pour son sens du rythme et son efficacité visuelle. Il enchaîne plusieurs réalisations pour le petit écran, notamment sur des séries et téléfilms britanniques, avant de passer au long-métrage au début des années 2000. Il se fait connaître au cinéma avec le thriller « The Reckoning » (2003), puis confirme son intérêt pour les récits tendus et psychologiques avec « Alien Autopsy » (2006), une comédie inspirée d’une célèbre controverse ufologique. Jonny Campbell navigue ainsi entre télévision et cinéma, développant une mise en scène solide et accessible, souvent tournée vers le suspense, le thriller et le récit inspiré de faits réels.

Pour son nouveau film, le réalisateur s’installe aux États-Unis pour une histoire de science-fiction autour d’un champignon tueur. Mélangeant comédie horrifique, film d’action avec un Liam Neeson vieillissant, le tout mâtiné de moments improbables, de répliques loufoques et même, évidemment, d’un soupçon de romance, l’ensemble se laisse très gentiment regarder, même si ça ne casse pas trois pattes à un canard. D’ailleurs, je ne suis pas certain qu’on se souvienne de « Cold Storage » d’ici la fin de l’année, mais bon, sur l’instant, Jonny Campbell et ses personnages nous auront fait sourire et c’est déjà ça de gagné.

« le genre de petite série B qui sait se faire amusante sur l’instant »

Travis, la vingtaine passée, travaille dans un entrepôt de box ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le jeune homme n’aime pas vraiment son job, mais il fait avec. Ce soir-là, avec sa nouvelle collègue, il fait des découvertes inattendues. L’entrepôt dans lequel il travaille appartenait autrefois à l’armée et cette dernière s’en servait pour stocker des choses classifiées. Vendu depuis des années, aujourd’hui un champignon particulièrement agressif s’échappe des sous-sols pourtant condamnés. Très vite, ce qui ressemblait à une nuit banale de boulot devient une course pour la survie, alors que la créature se répand, contamine et transforme l’espace clos en véritable piège biologique.

« Cold Storage« , c’est le genre de petite série B qui sait se faire amusante sur l’instant même si elle est très loin de marquer les esprits. Écrit en partie par David Koepp, le scénariste de « Jurassic Park » entre autres, « Cold Storage » est un film qui manque d’identité. On pourrait presque le qualifier de film Netflix qui s’est retrouvé à avoir une sortie cinéma alors que ce n’était pas forcément nécessaire. En fait, c’est un ressenti assez étrange, car c’est plutôt bien fait, l’idée est amusante et on se laisse facilement attraper, mais il manque tellement pour vraiment marquer.

De plus, la comédie qui se veut déjantée a de quoi conquérir et nous faire sourire à plus d’une reprise, notamment avec Liam Neeson en vieux soldat fatigué, mais bien décidé à avoir la peau de ce champignon. Il joue clairement avec son image et c’est assez plaisant de le voir dans ce registre semi parodique, oscillant entre sérieux total et second degré discret. D’ailleurs, quand on parle des acteurs, le film est bien tenu par des comédiens qui visiblement s’amusent pas mal. Ça se sent et c’est entraînant. Les interactions fonctionnent, certaines répliques font mouche et l’alchimie du duo principal apporte une énergie sympathique qui permet au film de garder un certain rythme.

« le film déçoit vraiment avec l’utilisation du numérique »

Mais voilà, après tout est facile et prévisible (même la dernière image, on la voit arriver à des kilomètres tant ce n’est pas original). L’histoire et surtout la mise en scène n’arrivent jamais à être à la hauteur des promesses. Là où l’on pouvait imaginer un délire à la « Attack the Block« , on se retrouve finalement avec un film bien sage. Trop sage, trop lisse, et qui, dans ses codes visuels, ne propose pas grand-chose d’innovant. Non, « Cold Storage« , hormis une scène à dos de cafard complètement improbable et franchement amusante, ne bouscule pas et se fait tout à fait lambda, donc oubliable.

Après, lorsque l’on s’attarde sur la mise en scène, si l’ensemble reste correct et lisible, le film déçoit vraiment avec l’utilisation du numérique pour ses effets gores et ses créatures. Franchement, c’est très voyant, parfois franchement laid et surtout ça retire tout le charme que ce type de série B pourrait avoir avec davantage d’effets pratiques. Il y a cette sensation de facilité propre au cinéma contemporain, où l’imperfection artisanale aurait apporté beaucoup plus de personnalité et d’impact. Ici, tout paraît un peu trop propre, trop contrôlé, ce qui affaiblit la dimension horrifique et empêche certaines scènes de véritablement fonctionner.

«  »Cold Storage » nous offre en quelque sorte ce que l’on était venu chercher »

Là où le film s’en sort mieux, c’est dans sa gestion de l’espace clos. L’entrepôt devient un terrain de jeu intéressant, presque labyrinthique, permettant quelques moments de tension réussis. Certaines idées de contamination et de propagation du champignon fonctionnent plutôt bien visuellement, même si elles auraient mérité d’être poussées plus loin. On sent qu’il y avait matière à créer une ambiance paranoïaque et étouffante, mais le film préfère rester dans une dynamique de divertissement léger plutôt que d’explorer pleinement cette piste.

Lorsqu’on fait les comptes, comme je le disais, le film sait se faire amusant sur l’instant à défaut d’être inoubliable. En fait, même si le scénario ne vole pas très haut et n’ose jamais aller plus loin que son délire de départ, « Cold Storage » nous offre en quelque sorte ce que l’on était venu chercher, c’est-à-dire un divertissement sympathique autour de personnages qui essayent de se débarrasser d’un champignon tueur venu de l’espace. Et même si ça ne décolle jamais vraiment, même si ça ne surprend pas, ça reste regardable et parfois même assez fun.

C’est typiquement le genre de film que l’on regarde sans déplaisir, que l’on oublie assez vite, mais qui remplit sa mission première : divertir le temps d’une soirée sans demander trop d’implication émotionnelle. Une petite parenthèse cinématographique qui n’a rien de mémorable mais qui, sur l’instant, fait le job. Et parfois, ce n’est déjà pas si mal.

Note : 11/20

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.