janvier 27, 2026

28 Ans Plus Tard – Le Temple des Morts – Viscéral

Titre Original : 28 Years Later : The Bone Temple

De : Nia DaCosta

Avec Ralph Fiennes, Jack O’Connell, Alfie Williams, Erin Kellyman

Année : 2026

Pays : Angleterre, Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Dans ce nouveau volet de la saga, le docteur Kelson noue une relation aussi troublante qu’inattendue dont les répercussions sont susceptibles de bouleverser notre monde. De l’autre côté, la rencontre entre Spike et Jimmy Crystal tourne au cauchemar. Dans LE TEMPLE DES MORTS, ce ne sont plus les infectés qui représentent la plus grande menace pour la survie de l’espèce humaine – c’est l’absence d’humanité des rescapés qui se révèle être le danger le plus terrifiant…

Avis :

Après des années et des années où l’on a cru qu’il n’y aurait plus jamais de films issus de « 28 jours plus tard« , 2025 a vu arriver « 28 ans plus tard« , un film qui a cassé bien des codes mis en place avec les deux films précédents. « 28 ans … » signait aussi le retour de Danny Boyle à la réalisation, ce qui en soi relevait déjà de l’événement. Et mieux encore, on découvrait que « 28 ans plus tard » était le premier film d’une trilogie qui se veut bien plus sombre, plus désespérée et plus radicale que ce qu’on avait connu jusque-là.

 Alors que Danny Boyle en a réalisé le premier volet et qu’il doit réaliser le troisième, très étrangement, il a laissé sa caméra à quelqu’un d’autre pour ce deuxième film : Nia DaCosta, réalisatrice de « Candyman » et « The Marvels« . Autant dire que là comme ça, Nia DaCosta sur un film « 28 ans … » ça ne m’annonçait rien de bon, car personnellement, j’avais détesté son « Candyman » et si son « The Marvels » se posait comme un divertissement sympathique, il se trouvait très vite oubliable. Clairement, sur le papier, ce choix me faisait peur.

« Un film qui n’a pas peur de déranger, de choquer, de désespérer »

J’adore avoir tort dans ces conditions-là, car si le premier « 28 ans plus tard » m’avait plutôt bien pris dans ses filets, ce deuxième film est passé un cran au-dessus, livrant un film d’une noirceur incroyable. Film radical où la barbarie est pratiquement partout, « … le Temple des morts » pose une histoire terrible, terrifiante et passionnante à suivre. Magistralement mis en scène, posant des moments dingues qui entrent déjà dans les plus forts, les plus fous et les plus douloureux de toute la franchise, Nia DaCosta réinvente encore l’univers en livrant, et c’est une vraie surprise, l’un des meilleurs films de la saga. Un film qui n’a pas peur de déranger, de choquer, de désespérer, et surtout de plonger la saga dans quelque chose de beaucoup plus nihiliste que ce qu’on avait vu jusqu’ici.

Spike est tombé sur les Jimmy, une bande menée par Jimmy Lord Crystal, un satanique persuadé que son père est Satan. Pour survivre, Spike n’a pas d’autre choix que d’intégrer le groupe. Des événements vont alors le ramener jusqu’au Docteur Kelson, qui de son côté mène des expériences qui pourraient changer bien des choses…

Avec « 28 ans plus tard« , Danny Boyle bousculait les codes de son univers et l’on avait hâte de retourner dans cette Angleterre livrée à elle-même, encore plus abîmée, encore plus folle, encore plus violente. Reprenant directement là où le premier film nous avait laissés, « … le Temple des morts » est un film qui va en surprendre plus d’un par ce qu’il raconte et surtout par la radicalité de ses choix.

«  »… le Temple des morts » est un film viscéral qui ne fait aucune concession »

Bien souvent, dans les films de zombies, le plus dangereux finalement, c’est l’être humain. Ici, la noirceur, voire la folie humaine, est poussée à un niveau rarement vu dans une grosse production. « … le Temple des morts » est un film viscéral qui ne fait aucune concession. C’est un film qui engloutit toute forme d’humanité chez une partie de ses personnages, au point que la mort, la torture et la douleur deviennent des non-événements, presque une normalité. C’est terrible, totalement désespéré, et absolument terrifiant.

Ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est ce refus total de la facilité. Le film ne cherche jamais à nous rassurer. Non, ici, tout est sombre, sale et désespéré. Nia DaCosta filme un monde totalement parti en vrille, où la barbarie est devenue normale, où des groupes entiers vivent dans la violence, la folie et la cruauté sans même plus se poser de questions. Et le groupe des Jimmy est à ce titre l’une des idées les plus glaçantes de toute la saga. Une sorte de secte post-apo, mystique, violente, complètement délirante, embrigadée autour d’un chef taré, qui ne vit plus que par la souffrance, la domination et le bon plaisir d’un désaxé total.

Le visage de cette horreur, c’est Jimmy Lord Crystal, incroyablement campé par Jack O’Connell, qui n’est jamais aussi bon que lorsqu’il incarne des pourritures. Mais là, il se surpasse. Il est glaçant, magnétique, imprévisible, presque fascinant dans sa folie. On sent qu’il peut exploser à n’importe quel moment. C’est un monstre qui va marquer durablement cet univers.

« jongler entre horreur absolue et humanité fragile »

Mais il serait injuste de ne parler que de lui, car tout le casting est absolument exceptionnel. Le jeune acteur qui incarne Spike est toujours aussi excellent. Son regard, sa peur, sa rage, son désir de survivre, tout passe par lui. Et puis il y a le Docteur Kelson. Franchement, c’est l’un des personnages les plus marquants du film. Là encore, Ralph Finnes livre une performance folle, tout en douceur au départ, presque rassurant, puis de plus en plus étrange et flippant au fur et à mesure. Avec lui, on a presque l’impression qu’il y a deux films dans le film. D’un côté l’horreur pure avec les Jimmy, et de l’autre quelque chose de plus calme, plus lumineux, presque apaisant. Le montage qui alterne entre ces deux ambiances est vraiment très fort, ça fait du bien, ça permet de respirer un peu, tout en faisant avancer l’histoire et l’univers.

Et c’est là que le film devient vraiment grand : dans sa manière de jongler entre horreur absolue et humanité fragile. Car oui, au milieu de tout ce désespoir, « … le Temple des morts » arrive à offrir de vraies émotions. Il y a des scènes d’une beauté étrange, poétique même, qui contrastent violemment avec la brutalité ambiante. Le plus étonnant, c’est qu’au milieu de tout ce chaos, le film arrive même à offrir une part de fun totalement tordue, avec une scène hallucinée qui se pose d’ores et déjà comme l’une des plus folles des quatre films de l’univers. Une scène complètement dingue, presque irréelle, qui mélange violence, délire, absurdité et spectacle pur. Cette scène, tout comme le film, a tout pour devenir culte.

« Visuellement, le film est une claque »

Très court, ne faisant qu’une heure cinquante, « … le Temple des morts » se fait remarquable d’efficacité, enchaînant son histoire de manière parfaitement fluide et cohérente. La tension est constante, il n’y a quasiment aucun temps mort, aucun ventre mou. Chaque scène sert l’intrigue, chaque séquence fait avancer les personnages, chaque moment a un poids émotionnel ou narratif. L’écriture est d’une cruauté redoutable, n’hésitant pas à faire évoluer certains personnages pour le pire, et vraiment pour le pire. À aucun moment le film ne cherche à protéger son public. Ici, personne n’est à l’abri, et ça se ressent à chaque scène.

Visuellement, le film est une claque. Nia DaCosta impose une mise en scène nerveuse et sale, avec une caméra qui colle aux corps, aux visages et au sang. Les décors sont sublimes dans leur désolation. L’Angleterre n’a jamais paru aussi morte, aussi abandonnée, aussi fantomatique. Bref, c’est de l’excellent travail.

Ainsi, ce quatrième film de l’univers « 28 jours plus tard » est une réussite totale. Moment de cinéma intense et nihiliste au possible, « 28 ans plus tard : Le Temple des morts » est à mille lieues de ce qui se fait en ce moment au cinéma. Puissant, tendu, bousculant, parfois insoutenable, et en même temps empreint de poésie et d’une humanité profondément touchante, ce quatrième volet est un uppercut émotionnel et visuel dont on n’est pas près de se remettre. Franchement, je ne m’attendais pas du tout à ça. Je ne m’attendais pas à ce que Nia DaCosta signe le film le plus sombre, le plus radical et peut-être le plus fort de toute la saga. Comme quoi, le cinéma a toujours cette facilité à surprendre.

Note : 18/20

Par Cinéted

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