novembre 30, 2021

Candyman – Le Film qui n’a pas fait le Bzz

De : Nia DaCosta

Avec Yahya Abdul-Mateen II, Teyonah Parris, Nathan Stewart-Jarrett, Colman Domingo

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

D’aussi loin qu’ils s’en souviennent, les habitants de Cabrini Green, une des cités les plus insalubres en plein cœur de Chicago, ont toujours été terrorisés par une effroyable histoire de fantôme, passant de bouche à oreille, où il est question d’un tueur tout droit sorti de l’enfer, avec un crochet en guise de main, qui pourrait apparemment être convoqué très facilement par qui l’oserait, rien qu’en répétant son nom 5 fois devant un miroir.

Dix ans après que la dernière des tours de la cité ait été détruite, l’artiste peintre Anthony McCoy et sa petite amie Cartwright, directrice de galerie d’art, emménagent dans un appartement luxueux, sur le site de l’ancienne cité, aujourd’hui complètement nettoyé et reconverti en résidence réservée à une classe sociale jeune et aisée. Alors que la carrière d’Anthony est au point mort, il rencontre par hasard un ancien habitant de la cité d’avant sa rénovation qui lui raconte ce qui se cache réellement derrière la légende du CANDYMAN. Désireux de relancer sa carrière, le jeune artiste commence à se servir des détails de cette macabre histoire comme source d’inspiration pour ses tableaux, sans se rendre compte qu’il rouvre la porte d’un passé trouble qui va mettre en danger son équilibre mental et déclencher une vague de violence qui en se propageant va le forcer à faire face à son destin.

Avis :

Réalisatrice américaine, Nia DaCosta est tombée en amour pour le cinéma quand elle a découvert « Apocalypse Now« . Après ce film, elle se dirige vers des études de cinéma et plus précisément dans la production audiovisuelle. Après avoir réalisé quelques courts, elle écrit un scénario, « Little Woods« , qui sera sélectionné à Sundance dans la sélection Screenwriters and Directors Labs. Elle mettra alors son scénario en scène en 2017. Le film est disponible chez nous depuis Avril 2020 sur Prime Vidéo et il réunit Tessa Thompson et Lily James. Fort de cette première expérience, Nia DaCosta est alors choisie pour mettre en scène le remake/suite de « Candyman« , film de Bernard Rose sorti en 1993.

Je vais être franc dès le départ, je n’ai pas vu le film de Bernard Rose. Ce n’est pas l’envie qui m’en manque, mais je n’ai jamais encore eu l’occasion de mettre la main dessus. Je me suis donc lancé dans ce « remake » sans savoir où je mettais les yeux (car oui, de « Candyman« , en fait, je n’en connaissais que le titre, je ne savais même pas de quoi cela parlait…) et je dois dire que je ressors très partagé de ce film, voire même un peu plus.

Si le film de Nia DaCosta tient de bonnes idées de mise en scène, je dois dire que l’intrigue en elle-même m’a laissé complétement sur le bas-côté, tenant un message assez terrible. Bordélique au possible, « Candyman » propose des personnages que je n’ai tout simplement pas compris. Confus, brouillon et surtout très lourd, ce « Candyman« , qui plus l’air d’être une suite qu’un remake, m’a tout simplement largué, aussi bien dans son intrigue que dans son message.

Anthony McCoy est un artiste qui est en mal d’inspiration. Un jour, il découvre une légende urbaine, celle de Candyman, un croque-mitaine. La légende dit que si l’on prononce son nom cinq fois devant un miroir, celui-ci apparaît derrière nous pour nous tuer a l’aide d’un crochet planté dans son bras. Fasciné par cette histoire, Anthony retrouve l’inspiration et décide de faire de cette légende le sujet de son travail, or, le jeune homme va se faire complétement happer par Candyman.

Si l’on s’arrête sur l’esthétisme de ce « Candyman« , Nia DaCosta a vraiment de quoi épater, la jeune réalisatrice nous offrant des séquences très bien foutues. Plusieurs des meurtres tiennent une très belle mise en ambiance, et ces scènes fonctionnent à la perfection. L’une d’entre elles, dans un appartement, est même un petit bijou. Pour raconter la légende de Candyman, la cinéaste a l’idée aussi d’utiliser des marionnettes et des jeux d’ombres, et franchement, en plus d’être esthétiquement parlant très belles, ces scènes-là sont entre guillemets les plus intéressantes, car elles racontent une histoire, et présentent bien le mythe de Candyman. On notera aussi le très beau et bon score de Robert A.A. Lowe.

Mais voilà, si cette mise en scène a de très bonnes idées et offre parfois ce que l’on est venu chercher, c’est bien tout ce qu’aura ce « Candyman » pour lui, car le reste, ce n’est vraiment pas ça du tout. La première chose qui me vient en tête au sortir de ce film, c’est le brouillon de son histoire. Franchement, le scénario est alambiqué, et hormis le concept de « Candyman » (dire son nom cinq fois devant un miroir et se faire tuer après), pour le reste, on ne comprend pas grand-chose à l’intrigue et aux personnages. Personnages d’ailleurs qui sont assez vite agaçants.

Mais c’est ne sera pas ça le plus dérangeant avec ce « Candyman« , car lorsqu’on commence à comprendre un peu l’intrigue, « Candyman » 2021 porte en lui un message assez raciste. Moi qui pensais me retrouver devant un film d’horreur, je me suis retrouvé devant un film politique, qui me dit sans demi-mesure et nuance qu’ici, les blancs sont tous pourris et méchants et que les blacks ne sont que les victimes des blancs, et alors, le Candyman, cette légende des quartiers, apparaît dans un dernier acte comme un super-héros vengeur qui sauve les blacks d’une injustice policière, et c’est tellement appuyé que ça en devient pathétique. Je ne suis pas contre les films politiques (j’adore ça même), et je suis loin d’être contre des films qui font passer des messages, mais encore faut-il que ces derniers soient livrés avec mesure, nuance et écriture, et ici, il n’y a rien de ce tout ça. Ce « Candyman » est juste un film qui est bourré de clichés et qui est tellement appuyé d’un côté, et si brouillon de l’autre, qu’il n’arrive jamais à convaincre et finalement à intéresser.

Et quand je parlais des personnages qu’on ne comprend pas (le best of étant le personnage tenu par Colman Domingo, qu’est-ce que veut ce type et comment fonctionne son emprise ?), ces dits personnages sont aussi tenus par des acteurs assez peu convaincants. Franchement, Yahya Abdul-Mateen II est on peut plus agaçant et franchement, on ne pige rien à ce personnage bête au possible, qui se laisse complétement entraîner dans cette transformation qu’on ne comprend pas elle-même. Nathan Stewart-Jarrett est insupportable de cliché (sous couvert d’ouverture et de bienveillance, le personnage saute les deux pieds dans la mare du gay insupportable et évidemment narcissique). Franchement, seule Teyonah Parris s’en sort plutôt bien, enfin au niveau du jeu, car le personnage, là encore, ce n’est clairement pas ça.

Cette première incursion dans le cinéma de Nia DaCosta me laisse terriblement dubitatif, car si la metteuse en scène offre de très belles idées dans sa mise en scène, ces dernières n’arrivent pas à effacer tout le reste de son film, qui en plus d’avoir une intrigue qui galère à se faire comprendre, « Candyman » s’aventure dans une histoire pathétique, où ce tueur au crochet revenu d’entre les morts est là pour tuer du blanc gratuitement d’un côté (la scène du lycée) et venger les blacks de l’autres dans un final qui m’a totalement laissé sur le carreau. Bref, ce premier film de Nia DaCosta est une bien belle déception et ça, c’est vraiment dommage.

Note : 07/20

Par Cinéted

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