mai 11, 2021

The Road Home

Titre Original : Wo de fu Qin mu Qin

De : Zhang Yimou

Avec Zhang Ziyi, Honglei Sun, Hao Zheng, Yulian Zhao

Année : 1999

Pays : Chine, Hong-Kong

Genre : Drame

Résumé :

Luo Yusheng (Honglei Sun), un homme d’affaires, revient dans son village situé au nord de la Chine pour les funérailles de son père, un instituteur. Sa vieille mère insiste pour que toutes les traditions funéraires soient respectées.

Avis :

Zhang Yimou est un réalisateur dont j’aime énormément le cinéma. Pour dire, même dans ses films moins bons, ou mauvais, il y réside toujours quelque chose d’intéressant, un plan, une idée. Bien souvent, Zhang Yimou, ou du moins son cinéma, est résumé au « … secret des poignards volants« , à « Heros« , « La cité interdite » ou « Épouses et concubines« . Mais au-delà de ces très bons films, Zhang Yimou, c’est plus de trente ans de carrière et plus d’une vingtaine de films, et beaucoup d’entre eux demeurent totalement méconnus, comme le cas de celui sur lequel je vais m’arrêter.

Sorti en 1999 en Chine et cinq ou six ans plus tard directement en DVD chez nous, « The Road Home » est un film totalement inconnu dans la carrière du réalisateur et c’est vraiment dommage, car le film est de toute beauté. Avec ce film, Zhang Yimou nous livre une très belle histoire d’amour, et plus encore, il nous livre un film amoureux. Amoureux de ces traditions qui s’oublient peu à peu, amoureux de sa campagne chinoise, ou encore plus, amoureux de la vie tout simplement. Bref, « The Road Home » est un bouleversement et est surtout l’un des plus beaux films de son réalisateur.

Luo Yusheng habite en ville. Le jeune homme revient dans le village de son enfance car son père est décédé. Son père est mort dans un hôpital à des kilomètres du village et sa mère veut que son amour soit enterré au village. Le retour du corps de son père aurait pu être simple, sauf que sa mère tient énormément à ce que les traditions soient respectées, et que le corps de son défunt mari soit ramené à pied par des porteurs, pour que ce dernier puisse retrouver le chemin de sa maison. Luo, qui n’est pas forcément un traditionnel convaincu, acceptera-t-il ce cortège qui pourrait revenir à une petite fortune ?

« The Road Home » est une merveille. Une merveille émotionnelle, mais aussi visuelle et sensorielle. Avec ce film, Zhang Yimou nous a sorti le grand jeu et il nous livre un film tendre, poétique, sincère et surtout amoureux, totalement amoureux.

« The Road Home« , c’est un film qui prend le temps de nous raconter une histoire, un vécu et une rencontre. « The Road Home« , c’est un film qui prend le temps de raconter le passé pour éclairer le présent, peut-être même l’avenir. Le monde évolue en permanence, et parfois certaines traditions se perdent au fil des années. Certaines traditions ne trouvent plus de sens aux yeux des jeunes générations et avec « The Road Home« , Zhang Yimou a voulu livrer un poème en images. Un poème riche, subtil, intelligent et intense, en nous racontant une histoire d’amour d’un autre temps. Cette histoire, c’est celle d’une rencontre et d’un coup de foudre entre une paysanne et un instituteur venu enseigner dans un tout petit village perdu dans le nord de la Chine. Certes, le film sera un peu naïf, mais grâce à cela, cette histoire pleine de tendresse et de douceur n’en sera que plus belle.

« The Road Home« , c’est un scénario délicat qui va en étonner plus d’un, tant celui-ci surprend en s’attardant sur de petits détails qui vont donner toute sa richesse au film. Bourré de moments suspendus dans le temps, le réalisateur chinois nous passionne avec très peu de chose, arrivant à rendre un premier regard unique, arrivant à rendre la reconstruction d’un simple bol cassé, un moment unique de cinéma. Il y a tant de choses qui sont ici superbement simple, que le cinéaste magnifie en permanence. Et c’est de toute cette simplicité, de toute cette histoire, de tout son héritage, que Zhang Yimou nous entraîne vers ce final qui ne pouvait être autrement. Oui, c’est un peu convenu, mais c’est absolument bouleversant.

« The Road Home« , c’est aussi de la poésie dans sa mise en scène, dans les choix que Zhang Yimou fait pour nous raconter cette histoire. Autant le dire de suite, il est vrai qu’il va falloir quelque peu s’accrocher sur le premier quart, qui peut avoir tendance à en décourager certains, dans le sens où le réalisateur fait le choix d’un film terne, en noir et blanc. Un film où la vie, à l’image du personnage de la mère, s’est arrêtée avec la mort de son amour. Cette ouverture a tout du film d’auteur un peu chiant, mais il serait vraiment dommage de ne pas poursuivre, tant le réalisateur nous entraîne dans un film éblouissant, qui arrive totalement à justifier son ouverture. Pour le reste, comme je le disais, le film est sublime, Zhang Yimou magnifie ces décors, la campagne chinoise, et transforme chacune de ses scènes en de véritables tableaux, tous plus beaux les uns que les autres. Des tableaux magnifiques, soulignés avec une grande douceur par une BO magique de Bao San qui nous restera longtemps en tête après la séance.

Enfin, « The Road Home« , c’est deux acteurs aussi puissants que délicats. Si l’on peut mentionner Hoa Zheng et Yulian Zhoa qui incarne les personnages âgées dans le présent, « The Road Home« , c’est Honglei Sun qui est absolument merveilleux dans le rôle de l’instituteur et surtout, c’est Zhang Ziyi, alors dans son premier rôle, et elle crève tout simplement l’écran. L’actrice déborde de simplicité à chaque instant, elle compose un personnage absolument adorable qui finit par nous bouleverser. Quand on la voit dans ce premier rôle, il est évident que Zhang Yimou l’ait choisi, tant Zhang Ziyi déborde de talent.

Une histoire magnifique, d’une richesse folle, servie par des acteurs magistraux, et une mise en scène qui arrête le temps, « The Road Home » est une superbe ode à la vie, à l’amour, au temps qui passe, et à ces traditions qui peuvent paraître illusoires, et qui pourtant qui restent importantes, prenant tout leur sens et leur beauté au sein de cette histoire. Zhang Yimou est un immense réalisateur et il le prouve encore une fois avec cette merveille totalement méconnue. Une merveille qui fut si unique et si bouleversante qu’elle ne peut qu’entrer dans les films qui m’auront le plus touché de Zhang Yimou. « The Road Home » trouve donc sa place aux côtés du « … secret des poignards volants« , « Coming Home » ou encore « Happy Time« .

Note : 18/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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