octobre 6, 2022

Shadow in the Cloud

De : Roseanne Liang

Avec Chloë Grace Moretz, Nick Robinson, Beulah Koale, Taylor John Smith

Année : 2021

Pays : Etats-Unis, Nouvelle-Zélande

Genre : Horreur, Action

Résumé :

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une jeune mécanicienne voyageant avec des documents top secret à bord d’un bombardier B-17 est confrontée à une présence maléfique qui risque de compromettre sa périlleuse mission.

Avis :

Certains scénarios peuvent laisser à désirer sur le papier, tant ils tendent à du grand n’importe quoi. Pour autant, lorsqu’ils sont transposés sur grand écran, la magie opère, et on se dit que finalement, on n’avait tort. C’est un petit peu ce qu’il se passe avec Shadow in the Cloud, le deuxième film de la réalisatrice néo-zélandaise Roseanne Liang. Un film qui a fait parler de lui avec une petite polémique. En effet, le scénario est signé Max Landis, le fils de John Landis, mais il fut écarté du projet en 2019 suite à des accusations de harcèlement sexuel. De ce fait, on peut trouver étonnant que le film soit réalisé par une femme, avec une femme en personnage principal. Mais Roseanne Liang et Chloë Grace Moretz assurent que le script a été réécrit maintes fois depuis le départ de Landis.

Qui est tout de même crédité au générique, suivant la loi de la Writers Guild of America. Néanmoins, cela ne nous dit pas si le film est bon ou pas, mais ce que l’on peut voir, c’est que son pitch est très étonnant. Ici, on nous propose de suivre une jeune femme qui va s’infiltrer dans un bombardier B-17 durant la Seconde Guerre Mondiale avec des « documents » classés top secret. Moquée par l’équipage composé uniquement de mecs, elle va non seulement découvrir qu’ils sont pris en chasse par l’armée japonaise, mais qu’en plus, à bord de l’avion, il y a un gremlins qui détruit petit à petit l’appareil. Deux problèmes au sein d’une même histoire, dont les origines sont totalement différentes. D’un côté, l’Histoire, et de l’autre, le fantastique qui vient mettre un peu d’horreur dans l’ensemble. Mais est-ce que tout cela tient la route ?

Le film est très déroutant dans sa mise en route, puisqu’il tient presque du fantasme, du film de fantôme. On y croise une jeune femme sur une piste d’aviation, dans la brume, et qui tombe un peu par hasard sur le bombardier qu’elle doit intégrer. Cette mise en avant est particulière, mais on ne peut renier une envie de placer une ambiance forte et pesante. Cette dernière sera renforcée lors de la présentation de l’équipage, fait de machos écervelés, où à l’évocation de leur nom, on aura droit à un portrait face caméra avec un fond noir et une exposition à des lumières vertes et rouges. On sent que Roseanne Liang veut peaufiner son style en lui octroyant un effet fantasmagorique. L’idée est bonne, et il est dommage qu’elle ne tienne pas jusqu’au bout, le film tombant dans un classicisme dès lors qu’il aborde le huis-clos.

Car oui, la première partie du film se déroule uniquement dans la boule des mitraillettes dans laquelle est enfermée l’héroïne. Tenue par une Chloë Grace Moretz très convaincante, cette première partie va servir à poser plusieurs éléments. Déjà de montrer le côté machiste des hommes à bord, vulgaires, sûrs d’eux et ne faisant absolument pas confiance à une femme, aussi compétente soit-elle. Mais aussi à installer les deux éléments perturbateurs du film, l’arrivée des avions japonais et du gremlins. Si on a quelques fulgurances dans la mise en scène lors des attaques du gremlins ou quand la boule commence à se détacher, on reste dans une réalisation simple, qui a tous les atours d’un film de studio. A partir de la deuxième partie, lorsque l’héroïne sort enfin de sa cabine, on va vite voir les limites du film, qui se permet des effets visuels dégueulasses, lorgnant vers un Z assumé.

Mais le plus important se trouve finalement dans le fond, plus que dans la forme, même si on peut saluer le rythme du film, qui n’arrête pas une seule seconde, et se paie le luxe d’aller droit au but sans jamais faiblir. Bien évidemment, Shadow in the Cloud est un film féministe, qui met en avant un personnage féminin fort et courageux, plus que tous ces hommes ringards et vulgaires. Si c’est écrit à la truelle et qu’un bulldozer est parfait plus fin, on reste tout de même dans une intention louable, qui montre qu’une femme peut être plus forte qu’un homme, surtout lorsqu’il s’agit d’une mère qui veut protéger son enfant. Il y a un réel enjeu dans le métrage, et même si parfois, on se doute de la finalité, la réalisatrice montre bien le combat de cette femme, que rien n’arrête.

Pas même un monstre retors dont les intentions sont simplement mauvaises. La toute fin du film ressemble d’ailleurs à un ersatz de Predator, avec un affrontement court, mais qui montre la détermination de cette femme, qui commence à en avoir plein le cul d’être constamment agressée. Cependant, encore une fois, le film est assez grossier dans son message. Il n’y a pas une once de finesse dans l’écriture du scénario, ni dans son fond, qui propose une vision intelligente de la femme, mais qui oublie, souvent, de la replacer dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale. De plus, on peut reprocher au film de ne pas vraiment aller au bout des choses. Les personnages secondaires sont très secondaires, et ils n’apportent pas vraiment d’épaisseur à un scénario qui, parfois, manque d’éléments accrocheurs, et d’enjeux.

Au final, Shadow in the Cloud est un film qui souffle le chaud et le froid. Si on peut être épaté par le côté huis-clos du départ, et la prestation sans faille de Chloë Grace Moretz, on reste assez dubitatif sur le mélange des genres, qui parfois à du mal à cohabiter. Tout comme l’humour qui parsème le métrage (le largage de caisses sur le gremlins volant), alors que tout le monde est en train de mourir. Petit film au budget famélique, on ne peut tout de même qu’être admiratif du travail de Roseanne Liang qui propose un vrai spectacle avec du rythme, et une envie de très bien faire. Entre bons et mauvais côtés, le film est symptomatique des productions destinées à la VOD. C’est-à-dire que sans être un grand film, il reste un petit divertissement sympathique.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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