octobre 5, 2022

Michael Schenker Group – Immortal

Avis :

La musique, c’est souvent une affaire de famille. La preuve en est avec Michael Schenker qui est le petit frère de Rudolf Schenker, qui est juste le guitariste de Scorpions. D’ailleurs, dans les années 70, c’est avec ce groupe que Michael commence sa carrière, avant de rejoindre UFO, puis de partir pour fondre son propre groupe. Assez caractériel, le guitariste va vouloir tout gérer de A à Z, entrainant des lors des tensions dans son groupe. Cela durera jusqu’en 1986, où le groupe prend une pause. Michael Schenker préfèrera parler de phase, en octroyant trois à son groupe, du début jusqu’en 1986, de 1992 à 1997, puis de 1998 à aujourd’hui. Immortal est un album un peu particulier, car il fête les cinquante ans de carrière du guitariste, mais il intervient aussi treize ans après le précédent effort. Tout ce temps fallait-il l’attente ?

Le skeud débute avec Drilled to Kill et on espère un titre rapide et puissant. A quelque part, c’est ce que l’on aura, mais on va vite se rendre compte que la sauce ne prend qu’à moitié. Car si le démarrage est tonitruant, le refrain en mid-tempo peine à convaincre, et on se retrouve avec un morceau qui n’arrive pas vraiment à emballer l’auditeur. C’est bien joué, c’est propre, mais il manque quelque chose de plus percutant au titre. Tout comme Don’t Die on Me Now qui s’avère assez laborieux. La rythmique n’est pas optimale, et il manque beaucoup d’éléments pour rendre le morceau intéressant. D’ailleurs, on se surprendra à s’ennuyer durant l’écoute, la faute à un manque de variations et d’envie d’aller vers quelque chose de plus percutant. On avait espoir avec Knight of the Dead, mais là encore, c’est un peu la douche froide.

Comme pour le premier titre, le début est rapide et puissant, lorgnant vers un Heavy classique mais réjouissant, avant de sombrer dans un refrain pénible et sans relief. C’est assez étrange comme sensation, car on a l’impression que le groupe veut faire des refrains catchy, mais il n’arrive qu’à faire un truc un peu ringard, un œil dans le rétroviseur des productions des années 70/80. After the Rain sera encore pire dans le délire. Comme le laisse présager le titre, on aura droit à la ballade de l’album, et c’est assez lénifiant. C’est trop classique et l’ensemble manque de moments forts. De ce fait, le début de l’album est assez mitigé. On se retrouve avec des morceaux qui manque de peps et une ballade qui ne réinvente rien. Fallait vraiment plus d’une dizaine d’années pour écrire tout ça ? Je ne crois pas.

Alors par la suite, on peut dire que l’album s’améliore. Ce n’est pas la panacée non plus, mais globalement, on va prendre plus de plaisir à l’écoute. Devil’s Daughter est un moment qui oscille vers le punk dans les refrains, avant de partir vers un refrain, relativement mou du genou. Mais c’et déjà mieux que les quatre précédents titres. Sail the Darkness est un titre plus court, et donc plus concis, qui va droit au but. Cela permet au groupe d’être plus performant, même si on reste dans un titre qui fait très revival des années 80. Le fait est là, ça fonctionne. La qualité va grandissant alors avec The Queen of Thorns and Roses, qui possède une rythmique entêtante et donne envie, très rapidement, de bouger la nuque. C’est simple, mais ça fonctionne à plein régime. Même le refrain est réussi pour ce titre-là !

Bien évidemment, on retrouve quelques solos plaisants de la part de Michael Schenker. Come on Over appelle à se rentrer dedans, et c’est bien plus pêchu que tout le reste de l’album. Une franche réussite qui fait plaisir à écouter et démontre que le côté Heavy du groupe n’est pas mort, loin de là ! Sangria Morte et ses élans hispaniques ira vers le même niveau, octroyant alors une rythmique plus soutenue et permettant au groupe de montrer les dents, et qu’il ne se repose pas sur sa zone de confort. Enfin, In Search of the Piece of Mind aurait pu nous faire craindre le pire avec son début mollasson, mais c’est un morceau qui monte crescendo et qui s’avère plus complexe que les autres titres. De ce fait, on prend du plaisir à écouter ce titre, même s’il est peu longuet.

Au final, Immortal, le dernier album en date de Michael Schenker Group, est un effort assez déséquilibré, qui ne fonctionne qu’à moitié. Si le démarrage est clairement laborieux, la deuxième partie fonctionne mieux et donne envie de se replonger dans l’écoute. Avant de se rendre compte que le début est pénible. Bref, un album qui n’est pas à la hauteur du talent du guitariste, et qui manque cruellement d’énergie, même si on ne passe pas un moment désagréable.

  • Drilled to Kill
  • Don’t Die on Me Now
  • Knight of the Dead
  • After the Rain
  • Devil’s Daughter
  • Sail the Darkness
  • The Queen of Thorns and Roses
  • Come on Over
  • Sangria Morte
  • In Search of the Piece of Mind

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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