décembre 7, 2022

Robert Plant – Carry Fire

Avis :

S’il y a bien un groupe qui a révolutionné la scène Hard, voire la scène musicale tout court, c’est Led Zeppelin. Groupe britannique porté par le chanteur Robert Plant, C’est à travers une succession d’albums majeurs que les anglais ont imposé un style et démontré un talent indéniable. Séparé en 1980, il a bien fallu trouver des alternatives au leader, qui va faire une carrière solo, tout en s’acoquinant avec son nouveau groupe, The Sensational Space Shifters. Carry Fire est le quatrième album solo de Robert Plant, et il marque une sorte de descente progressive vers l’inintérêt global. Délaissant le rock progressif et les fulgurances psychédéliques, le chanteur veut offrir un rock plus doux, avec quelques sonorités orientales. Mais il en résulte un effort très décevant, mou, qui montre que prendre de l’âge et de la sagesse est parfois synonyme d’ennui.

L’album commence avec The May Queen. Le démarrage est plutôt agréable, et on pourrait presque croire à une insertion dans un Folk américain pas désagréable. Le chanteur utilise bien sa voix rocailleuse et nasillarde pour donner de l’épaisseur au titre, et l’illusion va durer quelques minutes. Mais on va vite voir que le morceau tourne en rond et ne possède pas vraiment d’autre structure qu’un couplet/refrain sans pont ni moment intéressant. Cette sensation d’illusion en début de morceau va se perpétuer avec New World… qui pourrait nous faire croire à un titre Rock dans la veine d’un Bruce Springsteen. Mais on va vite se faire chier dans ce titre. C’est toujours mou du genou, et il n’y a pas grand-chose d’intéressant à en tirer. Le problème, c’est que l’on attend toujours beaucoup de la part de Robert Plant, et là, il se contente du minimum syndical.

Season’s Song viendra enfoncer le clou d’un début raté et sans envie de faire bouger les lignes. Ici, on a la sensation d’écouter une ballade pour retraités en EHPAD qui voudraient pécho la vielle Josiane. C’est très à en mourir et on se demande où est passée la fougue du chanteur. Où est cette folie qui l’habitait da    ns sa jeunesse ? On est presque triste pour lui, après seulement trois chansons. Puis arrive Dance With You Tonight, et là, c’est encore une fois une douche bien froide. C’est d’une lenteur insupportable, les riffs sont sans intérêt, presque en arrière-plan, devenant dès lors inexistants. On aura droit à un léger solo, qui se contentera de répéter trois fois la même mélodie, et lorsque les cuivres arrivent, on a juste envie de tout couper.

Avec Carving up the World Again… a Wall and not a Fence, on pourrait avoir un léger aperçu de ce que le groupe aurait pu être sans le côté mollasson de l’ensemble, Les effets de grattes sont plus recherchés et on aura droit à une conclusion sympathique. Mais on reste loin des éclats de génie de Led Zeppelin. On a la sensation que le groupe veut se la jouer bourgeois chic, et rien ne colle à l’esprit rock’n’roll. D’ailleurs, A Way With Words va être le summum de la daube auditive. Une sorte de Word spoken avec un bruit de fond qui se veut touchant et profond, où l’on retrouve quelques violons. Tout cela fait très esprit « jazz », avec une sorte de prétention qui donne envie de buter des riches.

Carry Fire aura beau être un morceau qui s’entiche de sonorités orientales, tout cela sentira juste bon l’appropriation culturelle pour donner un semblant d’identité à un album qui en manque cruellement. Et que dire de Bones of Saints, qui se veut un peu plus rapide que le reste (en même temps, ce n’était pas trop dur), mais qui détient des paroles d’une bêtise crasse. Ici, le chanteur s’interroge sur les armes à feu et d’où elles proviennent pour savoir qui sont les vrais tueurs du monde. On a connu le type plus inspiré… Keep it Hid et ses arrangements électro sera un titre plus gênant qu’autre chose, et même la reprise Bluebirds Over the Mountain n’arrivera pas à nous toucher ou à nous faire ressentir autre chose que de l’ennui. Enfin, Heaven Sent viendra mettre fin à notre calvaire, avec une expérimentation musicale d’une nullité crasse.

Au final, Carry Fire, le dernier album en date de Robert Plant, est un joli ratage. L’ex-chanteur de Led Zeppelin semble sombrer dans une mélancolie pénible et délivre un album sans génie ni énergie, où la musique passe clairement au second plan. Mou, techniquement basique, il ne reste que la belle voix du chanteur pour vraiment nous envoûter. Mais face à une facilité ambiante, on est loin d’être enchanté. Dommage… On espère juste que cela ne sera pas le signe de la retraite pour le chanteur.

  • The May Queen
  • New World…
  • Season’s Song
  • Dance With You Tonight
  • Carving up the World Again… a Wall and not a Fence
  • A Way With Words
  • Carry Fire
  • Bones of Saints
  • Keep it Hid
  • Bluebirds Over the Mountain
  • Heaven Sent

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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