juin 24, 2024

Kerry King – From Hell I Rise

Avis :

Le Big Four est un terme que l’on utilise pour définir les quatre plus grands groupes de Thrash américains de la planète. Cela concerne Metallica, Megadeth, Anthrax et Slayer. Bien évidemment, un groupe de Thrash n’est rien sans un guitariste qui a son propre style et qui en impose d’un point de vue technique. Et à ce petit jeu-là, Kerry King remporte la palme du gars qui surprend, déçoit parfois, mais possède une identité bien à lui, ce qui a permis à Slayer de sortir largement du lot. Après une tournée d’adieu en 2019, il était hors de question pour le musicien de lâcher sa guitare et de prendre sa retraite. Retardé à cause du Covid, le premier album solo de Kerry King aura mis un peu de temps avant de parvenir jusqu’à nos oreilles, et l’attente fut palpable.

Quand on dit album solo, il faut tout de même dire que c’est un mot galvaudé. En effet, Kerry King en est le frontman, le décisionnaire, mais il s’est entouré d’une fine équipe pour former un groupe qui porte simplement son nom afin de vendre un max d’albums. A ses côtés, on retrouve donc Kyle Sanders, le bassiste de Hellyeah, Paul Bostaph, le batteur de Slayer, Phil Demmel, l’ex guitariste de Machine Head et Mark Osegueda, le chanteur de Death Angel. On ne peut pas dire que Kerry King se soit entouré de manches, et From Hell I Rise avait tous les atours pour devenir un classique du Thrash. Seulement, lorsque les attentes sont longues, les déceptions en sont d’autant plus grandes, et on aurait pu craindre un pétard mouillé. Est-ce le cas ici ? Pas vraiment, puisque Kerry King frappe fort et de façon précise.

Le premier constat que l’on va faire concerne la durée du skeud. On dépasse les 46 minutes pour treize morceaux, ce qui fait que seuls deux titres dépassent les cinq minutes, et pour le reste, on est dans une moyenne radiophonique, tournant autour des trois minutes. Cela veut donc dire que le guitariste joue la carte de la vivacité, s’éloignant volontairement de compositions complexes qui auraient pu perdre en intensité. Après Diablo, une courte introduction assez addictive, on a droit à Where I Reign et ça tabasse bien comme il faut. Le chant crié est parfait, la rythmique balance la sauce et on aura même droit à un joli solo qui s’intègre parfaitement dans l’ambiance bouillante du titre. Bref, l’entrée en matière est percutante, et on en redemande. Residue va alors faire parler la poudre avec une montée en pression idéale, grâce notamment à une batterie utilisée à bon escient.

Le reste est tout aussi bon, avec de grands coups de frappes et une violence qui donne immédiatement envie de headbanger dans tous les sens. A noter aussi un refrain ultra catchy qui reste un long moment en tête. Idle Hands, qui fut le premier single dévoilé, ne laisse aucun doute sur les intentions du groupe de frapper un grand coup dans la masse. Les riffs sont addictifs et il est bien difficile de ne pas sauter dans tous les sens sur ce titre. Puis Trophies of the Tyrant a ce côté ultra réconfortant dans le riffing, ce qui lui permet de nous mettre en condition pour une écoute optimale. On est en terrain connu, mais c’est fait avec talent et envie, ce qui lui donne une aura particulière. Crucifixation déboule alors, et ce sera l’un des gros morceaux de l’album.

Long de plus de cinq minutes, doté d’une vélocité à toute épreuve, on sent bien que Kerry King veut taper très fort et ne rien laisser au hasard. Entre un refrain mémorable et une vitesse d’exécution folle, le titre est une dinguerie qui laisse complètement sur le carreau. Tension sera bien plus court et direct, tout comme Everything I Hate About You, qui permettront de voir que l’aspect Slayer est toujours là, avec cet aspect vif et violent. Toxic viendra nous taper une nouvelle fois avec un sens inné de la mélodie, tout en restant virulent dans le propos et les riffs. Puis Two Fists aura un petit côté Punk qui fait vraiment plaisir. Rage sera un titre un peu plus impersonnel, mais qui fait amplement le taf, tout comme Shrapnel, même si là, on est au niveau au-dessus, avec une composition plus complexe. Et que dire du dernier titre…

Au final, From Hell I Rise, le premier album de Kerry King en tant que frontman, est une vraie belle réussite. On est dans un Thrash assez traditionnel mais fait avec le cœur et beaucoup d’envie. A quasiment soixante piges, le guitariste livre une galette de qualité, qui ne vaut pas un Slayer de la belle époque, c’est sûr, mais qui reste un album plaisant à plus d’une écoute.

  • Diablo
  • Where I Reign
  • Residue
  • Idle Hands
  • Trophies of the Tyrant
  • Crucifixation
  • Tension
  • Everything I Hate About You
  • Toxic
  • Two Fists
  • Rage
  • Shrapnel
  • From Hell I Rise

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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