juillet 15, 2024

Unleash the Archers – Phantoma

Avis :

La place de la femme dans le Métal est de plus en plus importante et c’est tant mieux, surtout que cela concerne clairement tous les sous-genres. On peut avoir du Mathcore avec Jinjer, du symphonique avec Nightwish, du Death avec Arch Enemy ou encore du Punk Hardcore avec Stinky. Au milieu de tout ça, on peut aussi compter sur le Power Métal, dont l’un de ses dignes représentants est Unleash the Archers. Groupe canadien fondé en 2007, il est à l’origine composé de Brittney Slayes au chant et de Scott Buchanan à la batterie, puis le line-up va changer autour des guitaristes et du bassiste. Si les guitares sont assez stables depuis 2013, c’est en 2021 que le groupe accueille un nouveau bassiste, dont Phantoma est le premier album. Mais pour Unleash the Archers, c’est le sixième effort studio et c’est plutôt pas mal.

En début de carrière, les canadiens étaient déjà dans du Power, mais avec des élans un peu plus Death. Aujourd’hui, le groupe a vieilli, il a gagné en maturation, et son optique est plutôt de pencher vers un Power classique, sans trop de mouvances symphoniques, mais dans un registre finalement assez joyeux. On va ressentir cela dès le premier titre, Human Era, où la chanteuse va se régaler en introduction avec quelques onomatopées guillerettes. Le titre est assez simple dans sa construction, et il ne dégage pas vraiment d’énergie vive. On reste sur quelque chose d’assez doux, avec de bons riffs, mais rien ne viendra nous titiller un petit peu. D’ailleurs, même Phantoma, un peu plus percutant, ne marquera pas trop les esprits. La faute à un clavier un peu trop présent et un style trop années 80. Pour autant, cela n’en fait pas un mauvais titre.

Dans ces deux premiers titres, il manque tout de même un peu de personnalité et une envie de plus frapper nos esgourdes. C’est bien fichu, c’est bien produit, mais ça manque étrangement de gros arguments pour nous mettre dans une ambiance un peu plus rugueuse. Buried in Code, le morceau le plus court du skeud, va renverser un peu cette tendance avec un Power très véloce, qui fait forcément penser à DragonForce. La comparaison est-elle flatteuse ? On laisse le lecteur juge de cela. Puis The Collective commence assez mal avant de bien se réveiller par la suite. La force de ce titre est tout simplement de monter crescendo, tout en gardant ce côté « positif » dans l’atmosphère. C’est assez bizarre de dire cela, mais comme pour la jaquette, on a l’impression d’assister à un lever de soleil tout festif.

Green & Glass va aller dans le même sens que le morceau précédent, tout en y apportant un peu plus de verve dans les moments avant les refrains. Néanmoins, on reste dans quelque chose de très joyeux, qui se pare même de quelques « hou hou » sur la fin. Bref, jusque-là, le groupe nous surprend dans son atmosphère chatoyante et pleine de gaité. Gods in Decay va marquer un léger tournant, en se faisant plus Heavy, plus puissant et plus percutant. Alors oui, on garde un coté 80’s un peu trop prégnant, mais c’est globalement plus rentre-dedans que la première moitié de l’album. Puis Give It Up ou Give It All sera la pièce maîtresse de l’album, aves ses plus de sept minutes, mais on restera un peu en dehors, la faute à un aspect mélo trop prononcé et pas vraiment intéressant.

Heureusement pour nous (et pour le groupe), les trois derniers morceaux sont vraiment très bons. Ghosts in the Mist se sort de sa torpeur eighties pour fournir de gros riffs bien sales qui donnent immédiatement envie de headbanger. Le groupe retrouve une sonorité plus percutante, plus violente, tout en gardant son aspect mélodique. Une belle réussite que viendra alors confirmer Seeking Vengeance qui aborde une rythmique plus rapide et un aspect plus Heavy. Là-aussi, on sent que le groupe en a sous la pédale et délivre un Power un peu plus velu. Enfin, Blood Empress se pare d’une belle introduction pour offrir par la suite du bon riff et une Brittney qui sort un peu de sa zone de confort. En gros, on a trois titres qui sont vraiment bien, et ce n’est pas étonnant que le groupe ait choisi ceux-là pour en faire des clips.

Au final, Phantoma, le dernier album d’Unleash the Archers, est un effort plutôt agréable et sympathique, même s’il faudra attendre un petit moment pour bien rentrer dedans. Il est très étrange que le groupe fasse le choix de mettre les meilleurs titres à la toute fin, et fasse poireauter son auditoire avec des morceaux moyens tout du long. Il aurait été plus logique d’alterner les plaisirs. Mais bon, il n’en demeure pas moins que ce sixième album pour les canadiens est plutôt réussi, même s’il aurait pu être plus nerveux, plus heavy, et donc plus addictif…

  • Human Era
  • Phantoma
  • Buried in Code
  • The Collective
  • Green & Glass
  • Gods in Decay
  • Give It Up or Give It All
  • Ghosts in the Mist
  • Seeking Vengeance
  • Blood Empress

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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