avril 24, 2024

Escape Game 2 – Le Monde est un Piège

Titre Original : Escape Room : Tournament of Champions

De : Adam Robitel

Avec Taylor Russell, Logan Miller, Thomas Cocquerel, Indya Moore

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Escape Game 2 – Le Monde est un piège est la suite du thriller psychologique à succès qui a terrifié les spectateurs à travers le monde. Dans cet opus, six personnes se retrouvent involontairement enfermés dans une nouvelle succession d’escape games. Ils découvrent peu à peu leurs points communs qui peuvent leur permettre de survivre… et se rendent compte qu’ils ont déjà tous joué à ce jeu auparavant.

Avis :

Le monde du cinéma n’est pas forcément là pour fournir de la qualité à son public. Il suffit qu’un film soit rentable pour enclencher derrière une suite, voire une franchise, et devenir alors un produit lucratif dont la volonté artistique a foutu le camp. Prenez Escape Game d’Adam Robitel. Jouant sur le succès fulgurant des salles de jeux desquelles il faut s’échapper en moins d’une heure, le réalisateur livre un thriller bas de gamme, avec des personnages tous plus inintéressants les uns que les autres. Pourtant, alors que le film n’a coûté que neuf millions de dollars, il en rapportera près de 155 millions. Forcément, après un tel carton, il fallait qu’une suite voit vite le jour, d’autant plus que ce premier film se terminait par une fin ouverte. De ce fait, deux ans plus tard, voilà que déboule Escape Game 2, et ce n’est pas forcément une bonne chose.

Ici, le but est de reprendre les deux survivants du premier film, et de les mettre dans une situation délicate. C’est-à-dire que lui a bien envie de profiter de sa vie et de tirer un trait sur cette histoire, mais elle, elle veut faire tomber cette entreprise qui tue des gens en toute impunité. D’un commun accord, ils décident alors de se rendre à New York, à l’adresse de la société, pour les faire plonger. Manque de bol, ils se retrouvent de nouveau dans un nouvel escape game, avec comme complices, des vainqueurs d’anciens jeux. Bref, Adam Robitel ne se prend pas vraiment la tête, et décide de refaire le même film, en changeant les protagonistes et les pièges. C’est très fainéant, d’autant plus qu’entre temps, certains DTV sont sortis sur le même thème, et n’ont pas réussi à faire mieux.

« On sent que le script essaye de mettre un peu de fond dans cette histoire. »

Le problème avec ce pitch de départ, c’est que l’on ne va pas y croire un seul instant. Le piège est très gros, montrant que la société qui organise ses jeux est très puissante. Mais on n’en saura pas plus, le film restant volontairement obscur sur ce point-là, peut-être pour enclencher par la suite une nouvelle suite, voire une préquelle. Du coup, on a du mal à rentrer dans l’histoire et dans cette espèce de bac à sable qui ne joue plus forcément sur les passés des personnages, mais plus comme une succession de pièces qui ont un rapport avec une tierce personne que l’on ne connait pas et qui se nomme Sandy. Bien évidemment, nous aurons le fin mot de cette histoire à la fin, qui tisse un lien ténu avec le premier film, mais cela reste une note d’intention un peu filoute.

Cependant, ce que l’on ne peut retirer au film, c’est qu’il propose des personnages qui sont bien plus intéressants que dans le premier opus. Cela ne veut pas dire que l’on va ressentir de l’empathie pour eux, mais ils ont chacun des raisons d’en vouloir aux organisateurs du jeu, et de ce fait, ils sont plus aptes à coopérer. D’autant plus qu’ils sont un peu plus torturés que dans le premier film, à l’image de ce prêtre un peu alcoolique sur les bords, ou de cette femme qui était influenceuse et qui a fini par être « défigurée » par le jeu. On sent que le script essaye de mettre un peu de fond dans cette histoire, critiquant les réseaux sociaux, la recherche de la gloire ou encore l’abandon d’un enfant. Cela reste en filigrane, mais au moins, contrairement au premier film, il y a un peu plus de mâche.

« on peut aussi reprocher au film d’être très timide sur sa mise en scène, mais surtout sur son aspect horreur. »

Mais le film retombe tout de même vite sur les mêmes travers que précédemment. Si les pièges sont intéressants et bien fichus, ils sont trop rapidement exécutés. Il semble totalement improbable de sortir de la pièce de la banque en si peu de temps, avec tout plein de trucs à fouiller. Le scénario ne fait aucun effort pour rendre l’ensemble crédible, et du coup, stressant. On a souvent droit à des coups du sort, des coups de poker, et le pire, c’est que ça marche. Difficile, dès lors, d’accorder du crédit à l’ensemble. Même sur la fin, on a l’héroïne qui va nous sortir ses cours de physique-chimie pour dilater du verre. On a cette désagréable sensation d’être pris pour des débiles. C’est con, car il ne manque pas grand-chose pour impliquer le spectateur dans le jeu, et donc dans le stress.

Enfin, on peut aussi reprocher au film d’être très timide sur sa mise en scène, mais surtout sur son aspect horreur. Certes, Adam Robitel lui-même estime que son film est plus un thriller qu’un film d’horreur, mais tout de même, certaines séquences auraient mérité plus d’attention, et un côté plus craspec pour vraiment nous cueillir. La salle de la pluie d’acide par exemple, aurait pu être bien plus forte avec quelques éléments gores. Alors oui, il y aurait plusieurs versions du film, avec notamment une qui est plus sale que les autres, mais quand même, pourquoi faire deux versions ? S’il ne faut pas y voir une intention mercantile pour éviter les interdictions dans les salles de cinéma… Et c’est bien là l’un des plus grands malheurs de ce film, se radoucir pour plaire à un plus grand nombre, et devenir trop lisse pour nous impacter.

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Au final, Escape Game 2, sobrement sous-titré Le Monde est un Piège, n’est pas foncièrement un mauvais film. Il se révèle même être un peu au-dessus de son aîné. Mieux construit et porté par des personnages plus intéressants, ce film pêche tout de même par une mise en scène lambda, des acteurs peu attachants et surtout une timidité crasse sur les mises à mort et les pièges. On a l’impression que le cinéaste se freine pour ne pas trop choquer les spectateurs, afin de s’ouvrir à un public plus jeune. C’est dommage, il y avait matière à faire bien mieux, surtout avec le budget alloué à cette suite, qui ne va pas fonctionner en salle, et c’est peut-être mieux comme ça…

Note : 09/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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