mars 2, 2024

Crazy Bear – Ours Mal Drogué

Titre Original : Cocaine Bear

De : Elizabeth Banks

Avec Keri Russell, Alden Ehrenreich, O’Shea Jackson Jr., Christian Convery

Année : 2023

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller, Policier, Comédie

Résumé :

Le film est basé sur un fait divers hallucinant : en 1985 une cargaison de cocaïne disparue après le crash de l’avion qui la transportait, avait été en fait ingérée par un ours brun. CRAZY BEAR est une comédie noire qui met en scène un groupe mal assorti de flics, de criminels, de touristes et d’adolescents qui convergent tous au cœur d’une forêt du fin fond de la Georgie vers l’endroit même où rode, enragé et assoiffé de sang, un super prédateur de plus de 200 kilos, rendu complètement fou par l’ingestion d’une dose faramineuse de cocaïne.

Avis :

Elizabeth Banks est une comédienne américaine dont la carrière se pose essentiellement dans le domaine de la comédie. Si bien sûr, elle s’est essayée à d’autres genres, c’est surtout avec des films comme « 40 ans, toujours puceau« , « Zack et Miri font un porno« , « We Hot Americain Summer » ou encore « Frère Noël » que je remets l’actrice.

Puis en parallèle de sa carrière de comédienne, Elizabeth Banks s’est laissée tenter au début des années 2010 par le passage derrière la caméra. Elle comme avec le très décrié « My Movies Project« , et par la suite s’en suivra « Pitch Perfect 2 » et « Charlie’s Angels« .

Pour son troisième long-métrage, Elizabeth Banks s’est amusée à exagérer un fait divers qui date des années 80, et plus précisément de 1985. Dans une banlieue de Knoxville, le corps d’un parachutiste fut retrouvé. L’homme était un trafiquant de drogue connu, ce dernier s’est jeté de son avion (qui lui servait pour passer de la coke), mais il était trop chargé et son parachute ne s’est pas ouvert. Avant de sauter, l’homme avait jeté près de quatre-vingt-dix kilos de cocaïne qui sont tombés en pleine nature, et quelques mois plus tard, le corps d’un ours brun avait été trouvé avec dans son estomac une quinzaine de kilos. Si la bête est morte en très peu de temps, avec une telle quantité de drogue, cet ours aurait sûrement été le plus enragé et dangereux du monde. Et c’est de cette idée-là que « Crazy Bear » (que ce titre est parfaitement ridicule !) est parti, inventant une intrigue amusante et déjantée.

« Elizabeth Banks pose une comédie noire qui sait ne pas se prendre au sérieux. »

Un homme est retrouvé mort après que son parachute ne se soit pas ouvert et son corps est retrouvé dans une banlieue de l’état de Georgie. L’homme est un trafiquant de drogue à la solde de Syd. Avant que son avion ne s’écrase, l’homme avait balancé par-dessus bord des kilos de cocaïne et ces sacs se sont retrouvés dans une forêt. Une forêt où un ours brun a décidé d’en faire son apéritif. Sauf que cocaïne et ours brun ne font pas bon ménage et très vite l’animal devient ultra agressif et assoiffé de sang, et ça, ça tombe très mal pour tout un tas de gens qui ont décidé d’aller en forêt ce jours-là.

Ainsi, le nouveau film d’Elizabeth Banks s’annonçait comme un sacré délire et en quelque sorte, c’est bien ce qu’il est, dans le sens où ce « Crazy Bear » est loin d’être déplaisant, nous offrant des séquences totalement absurdes et drôlissimes. Ici, on pense à la scène des arbres ou encore à la très efficace scène de sauvetage de la ranger et surtout de la course-poursuite en ambulance qui s’en suit. Avec ce film, Elizabeth Banks pose une comédie noire qui sait ne pas se prendre au sérieux. De plus, au sein de sa mise en scène, même si le film met un peu de temps à se mettre en place, une fois lancé, la réalisatrice fait simple, court et efficace, tenant son délire jusqu’au bout.

« Malgré le bon moment passé, se pose aussi comme une petite déception. »

Pour donner de la chair fraîche à son ours, le scénario a construit plusieurs petits groupes de personnages qui se retrouvent tous obligés d’aller au cœur de cette forêt où le dit ours les attend. Avec ces personnages, Elizabeth Banks s’amuse à mélanger tous les groupes, avec une mère de famille à la recherche de sa fille, des trafiquants qui sont là pour récupérer les sacs largués la veille, une ranger en date avec un expert de la nature, et des voyous sortis tout droit des années 80. Le cocktail de tout ça donne à l’ours de quoi se régaler, et nous, on a de quoi s’amuser.

Mais voilà, comme je le disais plus haut, le film, malgré le bon moment passé, se pose aussi comme une petite déception, car s’il n’avait été que drôle, absurde et fun, ça aurait pu fonctionner totalement, mais avec ça, Elizabeth Banks a décidé de mélanger les genres poussant, son film vers le film d’horreur très eighties, mais de ce côté-là, sur certaines séquences, le film se prend très au sérieux, et malheureusement, s’il y a de bonnes idées de cinéma horrifique, cet ours numérique au possible abîme souvent la fête. Si l’animal en question est bien fait de loin, bien souvent, lorsqu’il est filmé de près, j’ai eu bien du mal à voir autre chose que du numérique, et ça s’est posé comme vraiment dérangeant, car bien souvent, ça a eu tendance à me sortir du délire.

« Le film se permet des facilités scénaristiques. »

On ajoutera à cela que parfois, toute logique a fichu le camp du scénario. Alors oui, c’est vrai que l’on parle ici d’un ours cocaïné qui dévore tous ceux qui se présentent à lui, mais derrière cette idée amusante, folle, qui ne tient pas la route, le film se permet des facilités scénaristiques, notamment autour de l’intrigue avec les trafiquants, qui ont bien du mal à fonctionner, notamment dans son final et la découverte de la grotte de l’ours qui arrive comme un cheveu de la soupe. Puis il est dommage de voir Ray Liotta tirer sa révérence avec un rôle aussi caricatural et faiblard que celui-là.

Ainsi, ce « Crazy Bear » se pose comme une petite déception, car on se retrouve devant un film qui a du mal à conjuguer ses genres et derrière ça, qui pose un ours numérique aussi étonnant que frustrant (comment n’a-t-on pas pu faire mieux visuellement ? ), mais face à cela, surtout malgré cela, sur l’ensemble, le nouveau Elizabeth Banks aura toutefois réussi à se faire amusant, délirant, et au bout du compte, plaisant. Et cet amusement « gomme » un peu la petite déception.

Note : 10,5/20

Par Cinéted

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