juillet 15, 2024

The Whale

De : Darren Aronofsky

Avec Brendan Fraser, Sadie Sink, Ty, Simpkins, Hong Chau

Année : 2023

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Charlie, professeur d’anglais reclus chez lui, tente de renouer avec sa fille adolescente pour une ultime chance de rédemption.

Avis :

Depuis qu’il a débuté, Darren Aronofsky a toujours marqué le public et les cinéphiles avec des films qui restent et qui s’imposent en nous. Il faut dire que le réalisateur nous a offert de sacrés moments de cinéma entre « Requiem For A Dream« , « Black Swan« , « Mother !« , ou encore mon préféré, « The Fountain« . Avec une telle filmographie, chaque film de Darren Aronofsky a fini par s’imposer comme un événement qu’on attend avec beaucoup d’impatience et de curiosité.

On n’avait plus de nouvelles de Darren Aronofsky depuis son tripé « Mother ! » qui a fait couler beaucoup d’encre, et derrière ça, qui a provoqué pas mal de discussions entre amis.

Loin du « fantastique », pour son huitième film, Darren Aronofsky nous revient avec un grand drame, en suivant sur une semaine un père qui essaie de renouer avec sa fille, qu’il a abandonné des années plus tôt.

«  »The Whale » se pose comme un drame à l’état pur. »

Jouissant d’une atmosphère incroyable, sombre et lumineux à la fois, pessimiste et en même temps plein d’optimisme, tenu par un acteur bouleversant de bout en bout de film, ce nouveau film de Darren Aronofsky est un superbe drame, qui se pose comme un choc émotionnel, avec lequel on ressort de la salle, et dont on n’a pas envie de se séparer.

Charlie est un professeur d’écriture qui donne des cours en ligne, car Charlie est atteint d’obésité morbide, qui fait que Charlie ne sort plus du tout de chez lui. Souffrant d’un trouble cardiaque, Charlie sait bien qu’il ne vivra pas bien longtemps encore. Voulant mettre des choses en ordre, Charlie voudrait se rapprocher de sa fille, qu’il a abandonné voilà huit années, lorsqu’il est tombé amoureux d’Allan, un de ses étudiants avec qui il a vécu une belle histoire. Alors que sa fille accepte de le voir, Charlie a bien du mal à trouver les mots et les gestes pour renouer avec elle.

On le sait, Darren Aronofsky n’est pas là pour nous mettre à l’aise. Chacun de ses films est une expérience qui ne nous laissera pas indifférent et « The Whale » n’échappera pas à cette règle. Adapté d’une pièce de théâtre qui avait été un choc pour le réalisateur, « The Whale » se pose comme un drame à l’état pur. Un grand drame comme on en voit pratiquement plus. Écrit par Samuel D. Hunter, auteur de la pièce de théâtre, « The Whale » est un film très riche dans ce qu’il raconte, aussi bien dans son histoire que dans ce qu’il dit et fait avec ses personnages.

« Dur et cru, « The Whale » est la conjugaison parfaite de tous un tas de sujets. »

Enfermé dans un petit appartement, « The Whale » nous invite dans le quotidien lourd, voire presque morbide, d’un personnage qui, comme je le disais, ne peut sortir de chez lui. Darren Aronofsky nous présente alors Charlie, un homme d’une cinquantaine d’années atteint d’obésité morbide, et très vite l’on comprend la fatalité de son histoire, et le final tragique qui l’attend au bout des deux heures que le film dure. Dur et cru, « The Whale » est la conjugaison parfaite de tous un tas de sujets. Ainsi, le réalisateur y parle aussi bien de l’autodestruction, voire d’un long et lent suicide, que du mal-être d’un homme, de la douleur d’un amour perdu, ou encore des religions, voire des sectes, qu’on peut trouver aux Etats-Unis ou ailleurs.

Ici, cet homme mange encore et toujours pour combler un vide qui ne peut être comblé. Puis devant tout ceci, se sachant condamné, ce même homme, avant de partir, voudrait prendre contact avec sa fille, une adolescente de dix-sept ans en colère. Avec cette relation faite de cris, de jugements, de cruauté, voire de vengeance, mais aussi d’amour et de sentiments, « The Whale » explore avec émotion et subtilité le pardon, et plus loin encore, une quête de rédemption. Le film est déchirant, et l’on se retrouve secoué par toutes les émotions et les maux que cette histoire évoque, et même si l’on devine où ce scénario va aller, la force des personnages et des émotions qui s’échappent de cette histoire, qui finalement est très simple, nous tiennent de bout en bout de film. Et mieux encore, puisque le film, une fois son générique arrivé, ne nous lâche pas, et l’on ressort de la salle comme hanté par ces personnages qu’on a aimé, autant que l’inverse.

«  »The Whale« , entre ses lignes, est aussi un film qui sait se faire lumineux. »

Comme je le disais, le film est très sombre, et il y a beaucoup de pessimisme qui s’échappe de l’ensemble. Pourtant, malgré cela, « The Whale« , entre ses lignes, est aussi un film qui sait se faire lumineux. Derrière les jugements, derrière la honte, la maladie, le drame, les non-dits et j’en passe, il y a aussi beaucoup d’entraide, beaucoup d’acceptation, beaucoup d’humour, puis le film ne cesse de se faire optimiste malgré son issue fatale. Son « – People are amazing » est déchirant de sens et de lumière alors même que le film n’a jamais été aussi sombre, et c’est ça la force du cinéma de Darren Aronofsky. Le réalisateur est capable de mélanger les tons, et de toujours trouver l’écho juste pour nous bousculer et nous toucher au plus profond.

« The Whale » est aussi une résurrection, celle d’un acteur qu’on ne voyait plus ces derniers temps et qui trouve là l’un des plus grands rôles de sa carrière. Cet acteur, c’est Brendan Fraser et autant le dire d’emblée, l’acteur est puissant, et ne cesse de nous faire vibrer de bout en bout de film. Bluffant, méconnaissable (le maquillage est incroyable et bouleversant), renversant, il est incroyable dans la peau de cet homme en quête de pardon, d’amour, et derrière, qui se détruit petit à petit de manière incontrôlable, et le plus dur dans tout cela, c’est qu’il en est parfaitement conscient. Face à lui, pour l’accompagner, ou le provoquer, ou encore disserter, Darren Aronofsky fait intervenir peu de personnages, mais ils sont tous, absolument tous, intéressants, que ce soit Sadie Sink, Hong Chau, Ty Simpkins, ou même Ryan Heinke, qui incarne le livreur, tous apportent quelque chose et trouvent parfaitement leur place.

« Comme toujours chez Darren Aronofsky, son film est une expérience aussi visuelle que sensorielle. »

Enfin, comme toujours chez Darren Aronofsky, son film est une expérience aussi visuelle que sensorielle. Tenu par un rythme lent et parfaitement maîtrisé, Darren Aronofsky arrive sans aucun mal à nous tenir, alors que jamais on ne sort de ce tout petit appartement. Tenu par une photographie sombre et incroyable, tenu par les notes de Rob Simonsen qui offre là une des plus belles BO de ce début d’année, tenu par une mise en scène crue (et serrée, le choix de la taille de l’écran en 4.3 est tellement logique, ça donne l’impression que tout est trop petit pour le personnage, tout est étriqué), mais qui ne tombe jamais dans le voyeurisme, le jugement ou encore l’effet de choc, « The Whale » se fait beau, triste, difficile et incroyable à tout moment et derrière ça, il marque durablement, de par ses images, ses idées, et tous les sens avec lesquels il joue en cours de voyage, car oui, se déroulant sur une semaine environ, ce film a des allures de voyage. Un voyage où se conjuguent ténèbres et lumière.

Ainsi, le nouveau Darren Aronofsky n’échappe pas à cette règle et se pose comme une claque. Beau et triste de partout, cette rédemption de ce père au crépuscule de sa vie et cette jeune fille qui, elle, en est à l’aube, nous entraîne vers un final attendu et tellement beau à la fois. Bref, ce film est une merveille !

Note : 18/20

Par Cinéted

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