décembre 6, 2021

Zoe

De : Drake Doremus

Avec Ewan McGregor, Léa Seydoux, Théo James, Miranda Otto

Année : 2018

Pays : Angleterre, Canada

Genre : Drame, Science-Fiction, Romance

Résumé :

Une histoire d’amour sur fond de nouvelle technologie, avec un laboratoire de recherche scientifique travaillant sur un moyen d’améliorer les relations entre les êtres humains…

Avis :

Les nouvelles technologies ont toujours fait fantasmer les scénaristes et réalisateurs de films. Il faut dire que dans un futur plus ou moins proche, il est fort probable de se retrouver avec des robots qui savent tout faire et comblent nos lacunes. Et si on va un peu plus loin, pourquoi ne pas trouver des androïdes qui seraient plus performants que nous, et surtout, qui combleraient nos manques amoureux. C’est un peu ce que propose Drake Doremus avec Zoe. Film d’anticipation romantico-dramatique, Zoe est un métrage qui tente de pointer du doigt les dérives d’une technologie dont on ne maîtrise pas bien l’éthique, et tente de brouiller les pistes avec une histoire d’amour qui tourne plus ou moins mal. Si sur le papier, il y avait du fond, ce sera une autre paire de manche sur l’écran.

Where is my Mind

Dans cette histoire, nous allons suivre Cole, un informaticien de génie qui a conçu une machine qui permet aux gens de savoir leur compatibilité amoureuse. Manque de pot pour Cole, il est papa divorcé et malgré des tests plus que concluant avec la machine, il ne trouve pas l’amour. Zoe travaille avec Cole. Et Zoe est amoureuse de Cole, mais elle a 0% de compatibilité avec lui. Ce qui est normal, puisque Cole va lui apprendre qu’elle est un androïde, le plus sophistiqué qui soit. Sauf que Zoe va avoir du mal à accepter cette condition, et petit à petit, Cole tombe amoureux d’elle. Avec ce pitch, on aurait pu s’attendre à une romance un peu déviante, qui démontrerait que l’homme peut tomber amoureux d’une machine. Mais Drake Doremus va complètement rater le coche.

Le scénario du film est relativement mal écrit. Le film se perd rapidement dans une romance guimauve entre un humain en manque d’amour, et une androïde qui pense être amoureuse. Sur des débuts pudiques et mollassons, le film part explorer la vision d’un homme qui tombe en émoi devant sa propre création. On pourrait presque y voir le mythe de Frankenstein, mais dans une version rose acidulée un peu pénible. En parallèle de ça, le film explore le mal-être des robots, qui ne ressentent rien, notamment avec le personnage de Ash. Un segment qui ne sert à rien, et qui n’est que peu explorer, voire pas assez. Ajoutons-y une dose de famille divorcée un peu dysfonctionnelle, et on obtient un mélange dramatique imbuvable et même pénible. Le tout perdu dans une mise en scène lénifiante à souhait.

Mou du bout

Avec un scénario aussi insipide et qui ne va pas au bout de ses idées, il ne fallait pas s’attendre à quelque chose de révolutionnaire au niveau de la mise en scène. Car si le rythme est lent et ennuyeux, c’est de la faute de la réalisation. Se voulant contemplatif mais n’étant jamais beau. Evitant soigneusement des plans aériens ou de grandes focales pour tout rétrécir au format d’une micro-ville et d’une paire de quartiers, Zoe ensuque le spectateur. Les saturations de rose et de bleu viennent apporter un semblant d’ambiance néo-romantique, mais cela ne fonctionne qu’à moitié. La faute, encore une fois, à une mise en scène plate, creuse, qui tente parfois de suivre les personnages de dos, mais qui n’impacte jamais son récit. Même la scène de l’accident est d’une grande banalité et nous en touche une sans faire bouger l’autre.

Mais pourquoi Zoe ne marche jamais vraiment sur le spectateur ? Car outre son aspect arty assumé et souvent pénible, on aurait se prendre d’affection pour les personnages, pour leurs émotions et leur histoire. Mais cela ne marchera jamais vraiment. La faute à des protagonistes dont on se fout éperdument. Ewan McGregor joue plutôt bien, comme d’habitude, mais son personnage est à peine esquissé et à peine sympathique. Sorte d’intello coincé qui va finalement d’éprendre de sa création, on n’a pas vraiment envie de le suivre partout. Bien au contre, on s’en fout car il n’a pas d’épaisseur, de background. On aurait pu avoir de la compassion pour Zoe, mais la prestation insipide de Léa Seydoux gâche une partie du personnage. Sans compter sur un robot gnangnan et mou, dont même le sacrifice nous passera au-dessus. Et il ne vaut mieux pas parler d’Ash, le robot dépressif joué par Théo James, qui ne sert absolument à rien.

Robot groggy

Néanmoins, si le film n’est clairement pas réussi, il arrive à rendre l’un de ses sujets intéressants, même s’il ne l’explore pas à fond. En effet, en parallèle de la création d’androïde, Cole fabrique un médicament qui joue sur la sensation d’être amoureux. Deux humains qui se rencontrent prennent ce cachet et pendant un temps, ils vivent la sensation d’être amoureux comme au premier jour. Cela va servir pour les couples qui battent un peu de l’aile, mais les gens préfèrent s’en faire des shoots lors de rendez-vous. Une drogue qui va consumer plein de gens à la recherche de ce sentiment qui rend si euphorique. Même Cole va tomber dedans pour se remettre de sa rupture avec Zoe. On y retrouve donc une critique des laboratoires pharmaceutiques, mais c’est à peine évoqué. C’est surtout sur la dépendance que le réalisateur va faire un effort, même si ça reste minime par rapport au reste de l’histoire.

Au final, Zoe est un film relativement raté et qui ne sait jamais comment faire perdurer sa relation complexe entre Cole et l’androïde. Drake Doremus veut insuffler une patte d’auteur à un film qui n’en avait pas forcément besoin, et délivre un métrage long et ennuyeux, ne sachant comment bien traiter ses sujets. Sans être non plus une catastrophe, Zoe reste un film transparent, qui ne marque ni par sa mise en scène, ni par ses choix narratifs, errant constamment entre des thèmes qui ne sont jamais approfondis correctement. C’est dommage, mais il vaut mieux se rabattre sur Ex Machina.

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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