juin 25, 2024

I Vampire

Titre Original : I, Vampire Trilogy of Blood

De : Ted Nicolaou et Denice Duff

Avec Anders Hove, Denice Duff, Julie Michaels, Iona Abur

Année : 2000

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Trois histoires de vampires :
Suppôt de Satan – Victime d’un terrible accident, Michelle est conduite à l’hôpital par une jeune femme prête à tout pour la sauver. Malheureusement, celle-ci ignore que Michelle est un vampire poursuivi par son maître, le terrible Vladislas…
Mémoire d’Outre-tombe – Vicky vit seule depuis que son mari a été incarcéré pour violence conjugale. Lorsqu’elle rencontre un homme aussi mystérieux que séduisant, elle ignore que celui qui hante ses rêves depuis plusieurs jours est un véritable vampire…
Requiem pour un vampire – Invitée par une mystérieuse femme à se produire en concert privé, Sophia se rend dans un magnifique manoir malgré les recommandations de son ami Zachary. Applaudie par toute l’assemblée elle se fait soudainement mordre par le maître des lieux…

Avis :

Le vampire est peut-être la créature fantastique la plus adaptée au cinéma. Tantôt sensuel et machiavélique comme dans Entretien avec un Vampire, tantôt violent et bestial comme pour 30 Jours de Nuit, le suceur de sang a été décliné sous bien des formes, et dans bien des genres, de l’horreur (of course) jusqu’à la comédie, en passant par le drame. De ce fait, il y a une flopée de films vampiriques qui sont de plus ou moins belle qualité, et dans un lot, on peut piocher de bons gros navets. C’est le cas pour I, Vampire, qui est un film à sketches produit par les anciens de Full Moon (pour les plus dégourdis, une société de production spécialisée dans les films d’horreur low cost). Trois déclinaisons du vampire donc, pour un résultat qui fait mal aux yeux, même si on peut lui accorder quelques passages pas inintéressants.

En règle générale, quand il y a des segments, il y a toujours un liant qui regroupe les courts-métrages, afin de donner du sens. On a pu le voir dans V/H/S avec cette collection de cassettes trouvée par des cambrioleurs, mais on retrouve cela dans bien d’autres films. Ici, il n’en sera rien, et on va enchainer trois histoires qui ont pour but de montrer trois vampires différents, ou tout du moins qui ont des relations différentes avec les humains. Ainsi, on aura droit à Suppôt de Satan et son maître vampire tout moche, Mémoire d’Outre-Tombe et son vampire beau gosse pas si maléfique que ça, et Requiem pour un Vampire qui oppose deux vampires dans un combat à mort. Trois histoires qui vont tenter de faire peur avec les moyens du bord, mais qui vont se retrouver saccagées par un montage bordélique.

« Si l’ambiance est plutôt intéressante, avec une teinte verdâtre maladive, on reste sur le carreau sur ce que ça décrit. »

Pour la première histoire, on va donc rencontrer une jeune femme qui tombe sur un accident de la route, et trouve dans un sac mortuaire une femme qui semble encore en vie. Elle ramène alors le corps chez un ami médecin qui découvre immédiatement qu’il s’agit d’un vampire. En parallèle, un vieux vampire du nom de Vladislas se réveille et veut retrouver sa proie. Bien évidemment, il va y avoir conflit entre le médecin et le vampire, avec à la clé une pierre de sang qui servirait des intérêts douteux. Déjà, ce premier scénario est tiré par les cheveux. L’histoire part dans tous les sens, on se retrouve avec des vampires gentils, mais pas si gentils, et un vieux suceur de sang bien vicieux au visage émacié. Si l’ambiance est plutôt intéressante, avec une teinte verdâtre maladive, on reste sur le carreau sur ce que ça décrit.

Il faut dire que là, ça ne raconte rien de bien intéressant, et la mise en scène de Ted Nicolaou force à voir toutes les faiblesses de la production. C’est moche, et ça ne fait rien pour rendre l’ensemble plus digérable. Pourtant, on peut y voir une volonté presque rétrograde de voir le vampire comme une créature perfide et sanguinaire, dont le maquillage révèle toute la monstruosité. Manque de bol, les longs doigts en plastique gâchent un peu la fête, et montre, encore une fois, le faible budget. Mais il semblerait que cela ne soit pas forcément le cas avec le deuxième segment, qui lorgne plus du côté d’un romantisme gothique. Le vampire n’est pas un monstre détestable, mais un notable qui trouve la réincarnation de son amour passé et qui va tout faire pour lui faire remonter ses souvenirs.

« C’est dommage que la forme soit autant aux fraises, et le montage peine dans les scènes d’action, qui sont presque irregardables, la faute à des découpages qui n’ont aucun sens. »

Est-ce parce que c’est une femme (Denice Duff) qui est derrière la caméra, mais la position de cette histoire est plus douce, et c’est peut-être le segment le plus intéressant de la trilogie. Certes, on reste dans un truc qui fait très téléfilm, mais force est de constater que l’histoire et la vision du vampire renoue avec des classiques de la littérature et ce n’est pas si mal. De plus, le scénario incorpore deux choses qui manquaient cruellement au premier segment, un humour débile (ici une tante qui croit à tous les phénomènes paranormaux) et un message sur les maris violents et récidivistes. Aussi incroyable que cela pisse paraître, il y a du fond. C’est dommage que la forme soit autant aux fraises, et le montage peine dans les scènes d’action, qui sont presque irregardables, la faute à des découpages qui n’ont aucun sens.

Enfin, la dernière histoire sera la plus incompréhensible, avec une musicienne de renom qui va se faire piéger par de vilains vampires, et son meilleur ami, vampire aussi, décide d’aller la délivrer. On aura donc droit à un combat entre suceur de sang, dans un délire visuel qui va faire mal, très mal, aux yeux. Les maquillages changent à tous les plans. On a droit à des répliques qui n’ont aucun sens. Et pire que tout, les effets spéciaux seront d’une laideur sans nom. Bref, il s’agit-là du pire segment de la trilogie, et c’était pourtant difficile à faire. A noter tout de même un final plus nihiliste que les autres, qui essaye de se faire à la fois touchant et triste. Mais cela ne sauvera pas pour autant cette histoire, qui nous fait terminer le film sur une mauvaise note et une non-envie incroyable de ne pas y retourner.

Au final, I Vampire est un mauvais film, mais quand on sait qui est derrière le projet (une ancienne succursale de Full Moon), on n’est pas forcément étonné. Pensé au départ comme trois longs-métrages, mais réduit à une anthologie faute de budget, on ne peut que voir le côté charcuté de la chose, et son absence d’envie de faire de l’ambiance au lieu d’un frontal moche et cringe. Bref, malgré quelques idées, une poignée de fulgurances, on reste dans une production téléfilmesque qui laisse pantois devant tant de médiocrité.

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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