avril 24, 2024

Andor Saison 1

D’Après une Idée de : Stephen Schiff

Avec Diego Luna, Kyle Soller, Adria Arjona, Stellan Skarsgard

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 12

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Cassian Andor cherche à faire la différence en cette époque troublée. La rébellion est encore balbutiante et nombre d’individus et de planètes se retrouvent impliqués dans toutes sortes de conflits. C’est une période emplie de dangers, de trahisons et d’intrigues où cours de laquelle il va s’engager sur un chemin qui fera de lui le héros rebelle qui défiera le maléfique Empire Galactique…

Avis :

Star Wars est un univers incroyable à exploiter, et les fans les plus hardcore le savent, notamment dans l’univers étendu créé dans les romans. Pourtant, de nombreux scénaristes et showrunners se montrent frileux dès qu’il faut exploiter le filon. Selon toute vraisemblance, Disney préfère concentrer ses séries sur des personnages cultes ou récurrents, à l’image de The Mandalorian ou encore de Boba Fett et Obi-Wan. Si la première citée est plutôt bonne et agréable, ce n’est pas forcément le cas des deux autres, qui sont kitschs à souhait et n’apportent rien à l’univers. Il fallait donc se méfier d’Andor, qui se concentre autour du personnage de Cassian Andor, vu dans Rogue One. Et pourtant, la surprise sera là, avec une série politique qui offre les balbutiements de la rébellion face à l’Empire. Sans être non plus un immanquable, Andor se hisse dans le haut du panier de l’univers Star Wars.

Pourtant, avec les deux premiers épisodes, ce n’était pas gagné. En effet, le démarrage est assez fastidieux, avec une présentation lourde de plusieurs personnages qui seront la base de la rébellion. On suit un Cassian Andor qui cherche sa sœur, et qui va faire une bêtise en tuant deux gardes de l’Empire qui font un peu trop de zèle. A l’aide de quelques flashbacks, on va apprendre toutes les origines du héros, puis il va rencontrer plusieurs amis sur Ferrix, planète où vit sa mère adoptive. Ce name-dropping est un peu complexe et surtout, ça a tendance à nous perdre, et on ne comprend pas où veut nous mener la série. Mais fort heureusement, cela se délite un peu par la suite, lorsque Cassian est embauché pour faire un casse dans une base de l’Empire, et ainsi participer à la première attaque rebelle.

« Bref, la série manipule bien son public, offrant du spectacle et des passages plus lents, plus bavards. »

Si là encore, on retrouve différents personnages dont on se foutra un peu, l’intelligence des scénaristes est de fournir ensuite un épisode dantesque, lorsque le casse se fait, avec tous les combats et la fuite que cela implique. Après trois épisodes un peu souffreteux, on a enfin du mouvement et la série prend toute son ampleur. Le soufflé retombe par la suite, où la politique va prendre de l’importance. On suit alors une sénatrice qui veut combattre dans l’ombre l’Empire, et un Cassian qui doit fuir pour sa vie, mais va partir en prison pour une raison injuste. Jouant constamment sur des tableaux éloignant mais ayant comme rapport la mise en place d’une rébellion contre l’Empire, Andor arrive à se faire intéressante dans le traitement des personnages et les manipulations qu’ils doivent faire pour s’en sortir. Tout n’est pas égal, mais cela reste intéressant de façon permanente.

De plus, on retrouve encore la même construction qu’au départ, c’est-à-dire des épisodes bavards qui vont être entrecoupés de moments de bravoure. La bataille de fin est d’ailleurs bien mise en scène, offrant une tension que l’on ne retrouve pas dans les autres séries Star Wars. Car même si on ne peut craindre pour la vie de Cassian, que l’on revoit dans Rogue One, ce n’est pas la même donne pour ses amis. Jouant sur les rouages politiques, on peut craindre un petit crime insidieux. Quand c’est une question d’infiltration, on ne sait jamais sur qui il faut compter. Dès le départ, et le premier casse, on va vite voir que chacun veut faire son beurre, quitte à trahir pour devenir riche. Bref, la série manipule bien son public, offrant du spectacle et des passages plus lents, plus bavards. Mais tout n’est pas parfait dans cette série.

« Finalement, la série n’est jamais aussi bonne lorsqu’elle s’attarde sur son action, et pas forcément sur ses blablas politiques. »

Les effets spéciaux sont parfois hasardeux, notamment lorsqu’il faut incruster des décors particuliers à des fonds verts. Ce n’est pas très joli, et cette impression de retourner dans les années 80 n’est pas forcément justifiée. Mais à la rigueur, ce n’est pas ce qui est le plus gênant. Le plus gros problème avec Andor réside dans une prolifération de personnages, dont certains ne sont pas très intéressants, surtout dans les antagonistes. Syril, un agent de l’Empire un peu trop zélé, n’est pas charismatique et on ressent beaucoup de pathos dans sa relation avec sa mère. Il en va de même avec Dedra Meero, qui est juste une lieutenante de l’Empire qui veut trop bien faire son travail, et tout cela manque de charisme. Même la relation ambiguë entre Syril et Dedra n’est pas forcément intéressante.

Mais le pire réside dans cette simulation d’attaque, avec encore des noms dont on ignore la provenance, qui va prendre beaucoup de place pour un résultat… décevant. Il en va de même avec le personnage de Saw Guerrera, qui fait immédiatement référence à Rogue One, mais qui n’apparait que deux scènes pour faire bien. Factuellement, ça ne sert à rien, d’autant plus que cela a à voir avec cette fameuse attaque dont on ne fait que parler mais dont on ne comprend rien. Heureusement que le passage dans la prison avec Cassian Andor relève grandement le niveau, montrant les manipulations de l’Empire et le début d’une rébellion avec des personnages qui vont se battre pour faire remonter la vérité auprès du peuple. Finalement, la série n’est jamais aussi bonne lorsqu’elle s’attarde sur son action, et pas forcément sur ses blablas politiques.

Au final, Andor est une série ambitieuse, qui fait beaucoup de bien à l’univers Star Wars, avec pourtant une économie de moyens. Se voulant politique et complexe, sans pour autant perdre le spectateur, la série tente d’amadouer les fanas de la licence, comme les néophytes ou ceux qui s’en foutent un peu. Il en résulte douze épisodes inégaux, mais dont l’équilibre se trouve entre papotages un peu pénibles, manipulations politiques et action savamment dosée. Bref, à ranger aux côtés du Mandalorien, ce qui permet aussi d’oublier un peu Obi-Wan et Boba Fett.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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