décembre 10, 2022

Le Livre de Boba Fett Saison 1 – C’est pas la Fett…

D’Après une Idée de : Dave Filoni et Jon Favreau

Avec Temuera Morrison, Ming-Na Wen, Matt Berry, Pedro Pascal

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 7

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Spin-off de The Mandalorian centré sur les aventures du légendaire chasseur de primes Boba Fett et de la mercenaire Fennec Shand. Après s’être hasardés dans les bas-fonds de la galaxie, tous deux reviennent au milieu des dunes de Tatooine pour y revendiquer le territoire autrefois dirigé par Jabba le Hutt et son syndicat du crime…

Avis :

On le sait tous, l’univers Star Wars est foisonnant et les scénaristes peuvent écrire autant d’histoires qu’ils le veulent dans cette galaxie. Outre les films initiés par George Lucas, on peut aussi trouver des romans à ne plus savoir qu’en faire, qui sont autant de sources d’inspiration. Chez Disney, on a vite compris qu’il y avait là une manne financière non négligeable à se faire en déclinant Star Wars sous toutes ses formes. Le passage au format série fut une réussite avec les deux premières saisons du Mandolarien. Fort de ce succès plutôt attendu, voilà que les scénaristes prennent les personnages plus ou moins cultes de la franchise pour en faire des spin-off et continuer à étoffer l’univers. Quitte à en faire trop pour pas grand-chose. Et c’est là qu’intervient la série sur Boba Fett, qui va plus décevoir qu’autre chose.

Le vide de l’écriture

Se déclinant en sept épisodes de durée variable allant de trente minutes à une heure, on va vite voir qu’il n’y avait pas grand-chose à dire sur le célèbre chasseur de primes. Ici, il revient sur Tatooine pour prendre la place laissée vacante par Jabba le Hutt et Bib Fortuna. Malheureusement pour lui, les différents quartiers de la ville sont aux mains d’un syndicat qui fait un trafic d’épices et appauvrit grandement la planète, notamment en eau. Il va alors créer une milice pour lancer une offensive face à ces envahisseurs. C’est tout ce que le scénario contient, à savoir la création d’une petite armée autour de Boba Fett pour lutter contre un nouveau syndicat du crime. C’est simple, ça peut aller droit au but, mais ça tient difficilement dans une série, sur plusieurs épisodes. Du coup, il fallait autre chose pour donner de la consistance.

Dès le premier épisode, on sent qu’il faut gratter un peu pour faire du contenu. De ce fait, on va voir comment Boba Fett sort du corps de la bestiole et on alternera les phases présentes et des flashbacks pour raconter comment le chasseur de primes a survécu dans le désert. Le deuxième épisode ne sera d’ailleurs qu’un long, très long, flashback sur l’insertion de Boba chez les tuskens et comment il a appris à respecter cette race du désert et à les défendre. Par la suite, on aura droit à moins de flashbacks, mais à l’arrivée d’un personnage connu, celui du Mandalorien. Et c’est là que le bât blesse vraiment, puisque les épisodes 5 et 6 sont centrés sur le personnage incarné par Pedro Pascal et ce sont les meilleurs de la série !

C’est un comble de se dire que la série qui est censée se concentrer sur Boba Fett devient intéressante lorsqu’elle se focalise sur un autre personnage.

Une série filler ?

Et c’est là qu’il faut se poser la bonne question, Le Livre de Boba Fett n’est-elle qu’une série transitoire pour la troisième saison de The Mandalorian ? Car tout concorde à cette idée. Si le chasseur de primes aurait pu avoir un background intéressant et une histoire nerveuse, cela aurait pu tenir dans un film. Mais il a fallu rajouter deux gros épisodes sur Din Djarin, racontant son éviction de l’ordre des mandaloriens et surtout retrouvant son fils adoptif Grogu. Un bon moyen de s’assurer aussi l’addiction des fans, qui y seront caressés dans le sens du poil avec les deux personnages cultes de la précédente série. Si on connaissait les épisodes filler au sein du série pour rallonger la durée et inclure quelques micro éléments de l’intrigue, ici, on a carrément droit à une série filler, qui permet de mettre deux épisodes du Mandalorien.

Mais l’écriture n’est pas le seul défaut de la série et on va vite s’apercevoir d’une épine dans le pied du show, Robert Rodriguez. Si le bonhomme a à son actif de bons films, on remarquera que c’est parce qu’à chaque fois, il est accompagné par des cadors (Tarantino et Cameron notamment). Ici, il est en roue libre sur le show et chacun des épisodes qu’il a réalisés sont mauvais. On pense bien évidemment au troisième épisode et sa course-poursuite en scooters qui est aussi vive qu’une limace neurasthénique. Fort heureusement, Dave Filoni et Bryce Dallas Howard ne sont jamais loin et arrivent à rattraper le show, en assurant les meilleurs épisodes. Des épisodes plus nerveux, mais aussi plus inspirés, comme l’apprentissage de Grogu par exemple. Cette ambivalence, on la retrouve aussi dans les nouveaux personnages mis en place par la série. Ainsi, si certains seront charismatiques, d’autres seront inutiles.

L’art du mauvais goût

Parmi les personnages les plus emblématiques (et nouveaux), on peut citer le Wookie noir (dont on n’oublie assez vite le nom) qui est vraiment badass et en impose. Il est même dommage que l’on n’en sache pas plus sur lui. Pour les personnages pénibles, on retiendra surtout le gang des modifiés, une bande de jeunes qui ont customisé leur corps avec des bouts de machines et qui conduisent des vespas. Non seulement ils sont moches, mais en plus ils ne servent à rien. Et c’est là aussi que l’on voit les limites de la série, qui badigeonne son univers d’éléments peu plaisants, voire laids. Les ennemis sont génériques et sans réel charisme. Certains effets spéciaux sont imbuvables, avec des incrustations numériques ratées. On se retrouve aussi avec un final qui fait très pauvre et qui est peu spectaculaire.

Au final, on sent que la série n’arrive pas à pallier un manque de budget et un manque d’ampleur, ce qui ne sied pas à l’univers Star Wars. Outre un scénario maigrichon qui n’arrive pas à se rendre très intéressant, on se retrouve avec des personnages assez insipides qui végètent dans une ambiance western low cost. Sans être inintéressante (on notera les deux épisodes sur le Mando), la série n’a pas la carrure de The Mandalorian et n’arrive finalement pas à se sortir d’une torpeur éreintante, d’une facilité scénaristique flagrante et d’un fan service inutile. C’est dommage, il y avait certainement mieux à faire avec tout le potentiel de Star Wars.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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