mars 6, 2026
BD

Mickey et les Mille Pat

Auteurs : Jean-Luc Cornette et Thierry Martin

Editeur : Glénat

Genre : Fantasy

Résumé :

Quelque part, enfouie dans le labyrinthe d’une forêt sans âge se trouve la maison de Mickey. À l’époque moyenâgeuse où nous retrouvons ici la fameuse souris, il vit d’amour, de calme, d’eau fraîche et de cueillette. Parfois, Minnie l’invite à pique-niquer, ou alors Dingo – Dingo-le-sanguinaire comme il aime aussi se faire appeler – lui demande de devenir son écuyer… Des aléas inévitables et relativement innocents en règle générale, même quand les sortilèges du vieux sorcier célibataire Clodomir viennent s’y mêler… Cela dit, lorsqu’un jour Pat Hibulaire apprend que le dragon du coin garde auprès de lui un trésor inestimable, c’est une toute autre soupe ! Pat parvient à s’emparer d’une potion démultiplicatrice et se plie en bien plus de quatre pour obtenir les montagnes d’or entourant le monstre cracheur de feu.

Avis :

L’association entre Disney et les éditions Glénat est une véritable poule aux œufs d’or. Il faut dire que l’éditeur à mis les petits plats dans les grands, au sein d’un collection qui brille surtout par sa beauté, avec de belles reliures et un savant mélange de nouveautés et de vieux titres remis au goût du jour. De plus, on peut noter la présence d’auteurs de renom qui jouent le jeu, comme Régis Loisel ou encore Lewis Trondheim. Cependant, ce n’est pas parce qu’il y a des auteurs talentueux que la collection est forcément bonne. Ou tout du moins qu’elle reste sur une qualité linéaire. En effet, comme toute collection qui se respecte, il y a les bons albums, les albums moyens, et ceux qui sont carrément dispensables. En prenant Jean-Luc Cornette et Thierry Martin sur un ouvrage, on espérait avoir un Mickey digne de ce nom.

Mais dès l’entame, on va vite déchanter. Déjà, la première chose qui frappe, ce sont les dessins. Ils sont assez simplistes, voire parfois grossiers, et il ne faut pas chercher une beauté visuelle transcendante. Thierry Martin a un style très particulier, assez naïf, qui colle parfaitement à l’histoire, mais qui empêche l’univers de prendre de l’ampleur. On est ici sur un monde Fantasy plutôt marrant, avec ce qu’il faut de magicien et de dragon gardant un trésor, mais malgré la présence de quelques double-planches, on reste sur un graphisme qui manque de relief. Bien entendu, cela reste personnel, et il est sûr que certains aimeront ce graphisme un peu simple, un peu naïf, qui pourrait coller à l’univers de Disney sans problème, avec un petit côté « comics strip » à l’ancienne. Mais là encore, c’est discutable, on peut avoir des dessins moyens pour une histoire qui nous faire vibrer.

Et c’est là que le bât blesse. Non pas que Mickey et les Mille Pat soit une mauvaise bande-dessinée au sein d’un histoire qui ne vaut pas le coup. C’est juste que c’est très simple, et que l’ensemble manque d’une réflexion plus profonde. L’ouvrage est divisé en quatre chapitres qui s’imbriquent les uns dans les autres. Le début montre Mickey et Minnie qui partent en pique-nique, et cette dernière, trop curieuse, rentre chez Clodomir le magicien, trifouille ses potions, et se prend une potion multipliante sur la tête. Plusieurs Minnie voient alors le jour, et le magicien va devoir réparer cette erreur. Sauf que Pat Hibulaire a vu cela, et il va alors se multiplier à son tour pour piquer le trésor du dragon. Et il faudra bien un Mickey malin comme un lynx pour résoudre cette sordide affaire. C’est là le point de départ de cette BD.

Un point de départ qui va ensuite évoluer pour présenter quelques personnages de l’univers de Disney, et notamment Dingo, qui va participer à un tournoi pour gagner dix pièces d’or et un gâteau de Minnie. L’humour est alors omniprésent, avec un personnage loufoque qui se bloque le dos, et qui ne sert finalement à rien, sinon à présenter Mickey comme un preux chevalier qui fait preuve d’audace (et de chance) dans ce tournoi. Encore une fois, c’est très drôle, mais c’est un humour naïf, enfantin, qui est plaisant sur l’instant, mais qui ne reste jamais vraiment en tête. Et globalement, c’est ce qui va rester à la fin de la lecture. Une histoire simple, sympathique, mais qui ne marque pas, et à laquelle il manque de la profondeur, un vrai message réflexif à destination d’un public jeune.

Alors oui, on a tout l’univers Fantasy qui correspond aux codes du genre. On retrouve les chevaliers, les dragons, le roi qui ne sert à rien, sinon à bouffer des gâteaux, le magicien un peu gauche, mais tout ce petit monde s’agite sans rien proposer de vraiment glorieux. On y voit forcément les références à Fantasia ou encore à Merlin l’Enchanteur, deux anciens dessins-animés cultes de chez Disney, mais ça manque d’épaisseur et on a l’impression d’assister à des gimmicks plus qu’à autre chose. Et la dernière chose qui frappe un peu, c’est le langage employé. Si parfois, il est soutenu, de temps à autre, on part vers du langage familier, voire grossier. C’est déroutant, et surtout, ça ne rentre pas du tout dans les codes de la Fantasy, ni même d’une BD à destination de la jeunesse. C’est dommage…

Au final, Mickey et les Mille Pat est une bande-dessinée décevante au sein de la collection Disney/Glénat. On aurait pu s’attendre à un humour plus fin, à des situations ubuesques et à une réflexion plus poussée, mais on se retrouve avec un humour naïf qui manque de relief, et qui n’a pas grand-chose à dire. Alors on ne peut pas dire que ce soit mauvais, mais ça reste plutôt fade, malgré la proposition qui sort un peu des sentiers de la collection, avec un dessin moins lisse. Bref, une BD en demi-teinte, qui plaira peut-être à certains…

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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