novembre 30, 2022

Harley Quinn Infinite

Auteures : Stephanie Phillips et Riley Rossmo

Editeur : Urban Comics

Genre : Super-Héros

Résumé :

Si Harley Quinn revient à Gotham, c’est pour une seule raison : trouver la rédemption. Mais s’excuser ne suffit pas ! L’ancienne complice du Joker décide de s’allier à Batman et de jouer selon ses règles… Et quand les citoyens font justice eux-mêmes en s’attaquant aux anciens sbires de son Mister J, elle y voit l’occasion de faire ses preuves en aidant les clowns grâce à ses talents de psychiatre. Enfin, jusqu’à ce qu’Hugo Strange débarque avec le même programme, soutenu par le maire, et lui vole la vedette tout en partant à sa recherche…

Avis :

On le sait, l’univers de Batman est foisonnant et il contient une pléthore de personnages plus ou moins cultes. Plus ou moins car certains ont rapidement eu les faveurs du public, tandis que d’autres végètent dans des cartons sans avoir fait de gros coups d’éclat. On peut par exemple évoquer Egghead qui revient sur le devant de la scène, la faute à Nicolas Cage qui aimerait l’interpréter pour une potentielle suite au The Batman de Matt Reeves. Parmi les méchants, on notera un bestiaire incroyable et des psychopathes qui auront même droit à leur propre film. On pense inévitablement au Joker de Todd Phillips, mais il ne faut pas oublier Harley Quinn. Cette dernière s’est très vite trouvée un public de fans et aujourd’hui, elle a même droit à des runs solos dans les comics. Penchons-nous donc sur ce nouveau segment, prenant place dans l’âge Infinite.

Pour ceux du fond qui ne suivaient pas, DC est passé à un nouvel âge avec la crise majeure de Batman Death Metal. Sobrement intitulé Infinite, tous les mondes sont désormais au courant qu’il existe un multivers avec une multitude de super-héros dans diverses variantes. Darkseid revient sur le devant de la scène avec son truc d’anti-vie et tous les personnages morts sont revenus à la vie. Bref, un bordel qui va trouver une bonne ligne de conduite dans les runs de chaque personnage. Ainsi, on aura droit à des séries centrées sur chaque personnage se déroulant durant l’âge Infinite. Les plus connus auront eu le droit à des sorties plus ou moins prestigieuses, comme Superman, Wonder Woman, ou encore Batman (qui a même droit à deux séries distinctes), et on va retrouver cette petite Harley Quinn qui va prendre vie sous les crayons de Stephanie Phillips et Riley Rossmo.

Déçue par le Joker et mise de côté au profit de Punchline, Harley Quinn décide de se racheter et tente de faire le bien dans Gotham. Malheureusement pour elle, le Joker a utilisé une armée de clowns pour semer la pagaille dans la ville, et elle a beau faire tous les efforts du monde, les gens la considère comme une ennemie. Pour autant, elle ne baisse pas les bras et demande à Batman de croire en elle. Avec Kevin, un ancien clown repenti, elle veut mettre ses dons de psychiatre pour soigner les anciens acolytes du Joker. Manque de bol, elle se fait voler la vedette par Hugo Strange qui, aidé par le nouveau maire, essaye de mettre au point un sérum qui va faire beaucoup de dégâts. Bref, la série joue sur la rivalité entre deux médecins, mais aussi et surtout sur la repentance d’une ancienne vilaine.

Si bien souvent les runs d’Harley Quinn furent assez décevants à force d’aller dans la gaudriole, on aura ici un sujet de fond assez intéressant et qui va parcourir toutes les planches. Harley Quinn veut faire le bien et se rend bien compte de ses erreurs. Elle va alors devoir lutter contre un avis populaire hostile et faire ses preuves auprès de héros plus connus, comme Batman, bien évidemment, mais aussi Catwoman. Le premier segment met en avant un combat de psychiatre, entre un Hugo Strange massif et impressionnant, et une Harley Quinn chétive, mais combattante et pleine de bonnes résolutions. Le combat trouve une résonnance dans le passif de la jeune femme, qui souhaite trouver un équilibre en payant ses dettes, et donc en combattant Strange sur son propre terrain. Mais ce dernier a les avances du maire, et donc de l’opinion public.

La série fait alors la part belle aux questionnements multiples. Tout d’abord sur sa nature même. Harley est-elle faite pour être une gentille qui aide son prochain, ou a-t-elle vocation à faire le mal, même lorsqu’elle veut faire le bien ? Puis elle va se poser des questions sur ses relations, plus ou moins toxiques, avec des anciens soldats du Joker, comme ce fameux Keepsake, un nouveau vilain que l’on pourrait presque assimiler au Taskmaster de chez Marvel. Enfin, elle va se poser des questions sur sa légitimité, Hugo Strange ayant le maire de son côté, et donc la ville, jouant avec les médias et la crédulité des gens. Tout cela donne de la profondeur au récit, mais aussi à l’héroïne, qui devient de plus en plus intéressante au fil des pages.

Harley Quinn devient un personnage sensible, mais dont la bonhommie va lui permettre de nouer des liens très forts avec certains personnages mutiques. Si le courant passe de suite avec Kevin, ce gros bonhomme tout en rondeur, elle va aussi s’attirer les faveurs de Solomon Grundy, ce zombie qui répète inlassablement la même chose, mais qui voit en Harley une amie précieuse. Dans un deuxième temps, on verra comment Harley tisse des liens fins avec Catwoman, le temps d’une affaire à résoudre. Puis le tome s’achèvera sur une petite histoire d’amour entre Harley et Poison Ivy, mettant en avant des sentiments amoureux importants, rendant le personnage plus touchant encore.

Le tout est livré avec des dessins qui sont de deux ordres. On aura le long segment, porté par Riley Rossmo, qui fait très enfantin. C’est dynamique, les cadrages sont au top, mais les dessins manquent parfois de finesse, notamment au niveau des pieds et des mains. On reste dans un design qui correspond à l’image que l’on se fait de Harley, et qui va parler à un public adolescent. Au niveau des segments plus courts, on ira plus dans un côté classique, réaliste, moderne, peut-être moins marqué d’une patte particulière, mais résolument plus joli.

Au final, ce Harley Quinn Infinite est plutôt une bonne surprise. Si on aurait pu craindre une histoire rocambolesque et délurée sans fond, les deux autrices délivrent un très agréable moment où l’héroïne se pose des questions sur son avenir, sur sa nature et sur ce qu’elle juge juste ou non. Bien loin d’une gaudriole potache qui surfe sur le succès du personnage, on a vraiment droit à un run intéressant, mené avec intelligence, offrant même une ampleur inattendue au personnage. Bref, une excellente lecture, surprenante et attachante.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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