juin 29, 2022

Army of the Dead

De : Zack Snyder

Avec Dave Bautista, Ella Purnell, Omari Hardwick, Ana de la Reguera

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur, Action

Résumé :

Profitant d’une attaque de zombies à Las Vegas, un groupe de mercenaires fait le pari fou de s’aventurer dans la zone de quarantaine pour tenter le braquage le plus spectaculaire de tous les temps.

Avis :

Zack Snyder est un réalisateur qui a une solide base de fans qui sont prêts à le défendre bec et ongles, peu importe le film. Il faut dire que le cinéaste a une carrière intéressante. Débutant dans le film d’horreur, il choisit de faire un remake du Zombie de Romero et il signe un très bon film avec L’Armée des Morts. Rapidement, il enchaine 300, une fidèle adaptation du roman graphique de Frank Miller, et impose une imagerie inédite. Il enfonce le clou avec Watchmen, film de super-héros atypique et passionnant. Mais les super-héros sont ce qui va faire défaut au réalisateur. Il tombe alors dans les bras de DC et propose l’affrontement entre Batman et Superman. Le film a ses adeptes comme ses détracteurs et on ne peut nier une déification des personnages assez intéressantes.

Mais si on gratte un peu le vernis, on se rend vite compte que Zack Snyder n’est pas le plus fin des cinéastes.  D’ailleurs, il faudra à chaque fois se taper des versions longues ou des films fleuves pour voir apparaitre un minimum d’intérêt dans ses films. Du moins ses derniers films, dont Justice League qui fut charcuté par Joss Whedon. Mais c’est là un autre débat, mais ce manque de finesse, cette beauferie assumée, on la retrouve dans Army of the Dead qui prouve à quel point Snyder est surcôté.

Scénario of the Dead

Dans les tuyaux depuis 2004 et se rêvant d’être une suite à L’Armée des Morts, Army of the Dead va sombrer dans l’oubli avant de réapparaître avec Netflix. Avec les coudées franches et sans véritable studio pour le brider, Zack Snyder va alors partir dans un grand n’importe quoi. Ici, les zombies ont envahi Las Vegas suite à un accident. La ville est donc bouclée et ne va pas tarder à être atomisée. Le patron d’un casino demande à un ancien mercenaire de partir ouvrir son coffre-fort pour récupérer de l’argent. Ce dernier étant le nerf de la guerre, le mercenaire accepte et monte une équipe pour l’aider. Dès le départ, on sent un peu l’embrouille du truc. Tous les personnages acceptent sans rechigner, prenant ça presque comme un jeu. Le patron du casino ne donne pas le code du coffre, laissant l’équipe embaucher un spécialiste pour forcer la serrure.

En parallèle, une mère de famille s’enfonce dans la zone et le mercenaire en chef doit prendre sa fille avec lui, car elle bosse dans l’humanitaire et souhaite retrouver cette femme. En gros, tous les personnages sont prêts à mettre leur vie en danger pour de l’argent, ou pour retrouver de parfaits inconnus. Le film distille déjà des éléments de réflexion qui frôle le niveau « maternelle », avec l’avidité des humains, et le côté humaniste altruiste au mépris du danger qui force le respect. Mais là encore, on peut faire fi d’une histoire rocambolesque, puisque de toute façon, nous sommes en présence de zombies. Et des zombies intelligents, qui forment un clan, acceptent des offrandes et font des petits. Oui, Zack Snyder a craqué complet, essayant vainement de rebattre les codes du film de zombies en proposant du n’importe quoi, incohérent et sans aucune sens.

Personnages of the Dead

Cette incohérence va baigner tout le film, du début à la fin. Ce qui doit se résumer à du massacre de zombie avec de grosses armes à feu et de grosses explosions, va vite devenir un chemin de croix et d’ennui pour avoir quelques rares moments de fureur. Le réalisateur a voulu à tout prix inclure des relations plus ou moins fortes entre les personnages. Mais ils sont tous factices et ne remplissent finalement qu’un tout petit rôle. A titre d’exemple, on aura le rigolo de service avec le serrurier allemand spécialiste en coffre. Il va se lier d’amitié avec un gros bras, kiné de son état, qui s’adoucit au fil du film. On aura droit au mexicain prétentieux qui tire pour faire des vues sur Youtube. Ou encore la française qui joue les éclaireuses et se venge d’un type qui viole des femmes.

On reste dans quelque chose de très simple et qui ne fait pas avancer l’intrigue. De plus, tous les personnages sont antipathiques. On n’arrive pas à ressentir de l’empathie pour eux car ils sont lisses et ne correspondent qu’à des critères qui se veulent soient drôles, soient badass. Cette superficialité, on la retrouve aussi dans la relation père/fille qui s’installe assez vite. Une relation houleuse, car la fille fait la gueule à son papa depuis le décès de la mère. L’incompréhension plane, le discours est rompu, et pourtant, il faut une mise en danger de mort pour que les deux se reparlent. On le sait, Zack Snyder a perdu sa fille et cette relation peut être vue comme un pardon du père à sa fille. Mais c’est d’une lourdeur sans équivoque et il n’y a pas un brin de tendresse qui se dégage des deux personnages du film.

Mise en scène of the dead

Le fait que l’on ne ressente rien pour les personnages provient bien évidemment de l’écriture du scénario, mais aussi de sa réalisation. Dès le départ, on sait que l’on plonge dans un film d’une lourdeur sans précédent. On nous ressert un Viva Las Vegas en version crooner imbitable, avec les personnages qui se frittent avec des zombies. Zack Snyder retrouve ses tics de réalisation, avec des ralentis de partout et une hyper stylisation de certains personnages qui pourraient presque se voir comme des acteurs pornos. Le sang gicle, mais l’ensemble est vulgaire. On a l’impression de voir un enfant jouer avec des figurines, mais sans aucun respect pour personne. Pour preuve, on a des robots-zombies, des aliens, des super-zombie, sans que cela en soit cohérent. Et la mise en scène putassière tend à démontrer que l’on fait face à un type un peu débile qui s’amuse pour lui-même.

Au final, Army of the Dead est un ratage complet. Le scénario est complètement aux fraises et ne raconte absolument rien. 2h30 de film pour brasser du vide, c’est long et vite ennuyeux. D’autant plus quand la réalisation est quelconque, voire putassière, et renoue avec tous les tics pénibles d’un réalisateur qui pense avoir une patte artistique. Sauf qu’à chaque fois que Zack Snyder s’est attaqué à un projet « inédit » (qui n’est ni un remake ni l’adaptation d’un comic ou d’un roman), ça a bien foiré. La preuve que ce metteur en scène est surcôté et n’arrive pas à retrouver la simplicité de ses débuts, loin de ses délires égocentriques et égocentrés. Et dire qu’un univers étendu va voir le jour…

P.S. : Zack Snyder est tellement fin, qu’à la fin de son film, il nous cale la musique Zombie de The Cranberries, dont les paroles n’ont aucun rapport avec les morts-vivants, mais ça s’appelle zombie alors c’est cool… Quel génie !

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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