janvier 21, 2022

Troll Hunter

Titre Original : Trolljegeren

De : André Ovredal

Avec Otto Jesperen, Glenn Erland Tosterud, Johanna Morck, Tomas Alf Larsen

Année : 2011

Pays : Norvège

Genre : Fantastique

Résumé :

Armés d’une caméra vidéo, un groupe d’étudiants norvégiens se lance à la recherche de mystérieuses créatures qui sèment la pagaille dans la région. Durant leur traque, ils vont découvrir un mystérieux braconnier surnommé le « chasseur de Trolls ».

Avis :

Après l’engouement autour du Projet Blair Witch, le found-footage est devenu un genre à part entière. La base du concept est de proposer une immersion qui lorgne du côté du « film-vérité », à ne pas confondre avec le faux documentaire. Les deux approches présentent des similarités évidentes, mais également des différences notables. Dans les faits, le premier se pare surtout d’une atmosphère amateuriste. Le second se montre plus rigoureux, du moins est-ce là les intentions que devraient respecter les réalisateurs qui s’insinuent dans ce type de projet. Avec Troll Hunter, on se situe à la confluence de ces deux traitements.

À l’image de la référence précitée, le scénario débute par un texte d’introduction qui fait valoir la découverte opportune du présent métrage. Les subterfuges narratifs sont connus de tous et demeurent évasifs pour instaurer le mystère initial. Cela ne va pas sans quelques invraisemblances au vu des aboutissants et de l’implication du gouvernement norvégien. On retrouve également un trio d’apprentis cinéastes attelés à la production de leur film d’études. Sur ces points, le métrage d’André Øvredal se révèle classique dans son propos, respectant les fondamentaux du genre, sans jamais vraiment s’en départir.

Toute la singularité de Troll Hunter se focalise sur son sujet principal : les trolls. Créatures fantasmagoriques généralement assimilées à la fantasy, les trolls font rarement l’objet d’une incursion dans un contexte réaliste. On peut néanmoins évoquer le diptyque Troll initié par John Carl Buechler, datant des années 1980. Toujours est-il que l’idée fait montre d’une originalité évidente et interpelle le spectateur quant à son traitement. En l’occurrence, il ne s’agit pas de gnomes, mais de monstres qui affichent une taille impressionnante, du moins pour la plupart d’entre eux. Lorsque ce n’est pas le cas, ils compensent leur gabarit par leur nombre.

Si l’angle d’approche et le sujet diffèrent sensiblement, les débuts d’André Øvredal rappellent ceux de Gareth Edwards avec Monsters. Pour leur métrage respectif, les deux réalisateurs ont disposé d’un budget restreint, mais sont parvenus à en tirer parti comme il se doit. On songe à la qualité des effets spéciaux qui fonctionnent pour parfaire l’illusion. Dans le domaine du found-footage, on dissimule généralement le manque de moyens par des cache-misère de mise en scène. Par exemple, une caméra frénétique qui ne cesse de s’agiter ou des angles de vue excentrés pour cacher l’objet présumé de la terreur des intervenants.

Troll Hunter se montre particulièrement explicite avec des créatures dont les irruptions demeurent bien amenées. Lorsque le troll à trois têtes, le Tusseladd, surgit de la forêt, on suggère tout d’abord la fascination avant d’exposer une violence à même de faire perdre toute contenance aux protagonistes. Cela vaut également pour la séquence du pont ou l’irruption dans la grotte. Essentiel pour dépeindre leur hostilité et le danger à les côtoyer (ou les chasser, c’est selon). Et que dire du gigantisme du Jotnar, dont la démesure peut atteindre les 100 mètres de hauteur ? On apprécie également la volonté de mettre en avant différentes espèces avec des caractéristiques physiques dissemblables pour mieux s’intégrer dans leur environnement de vie respectif.

Au final, Troll Hunter s’avance comme un found-footage de qualité. S’il n’évite pas quelques scories inhérentes au genre, il n’en demeure pas moins efficace et bien construit dans son évolution. Soutenue par la majesté des paysages norvégiens, l’intrigue s’appuie sur des enjeux attendus, mais transposés dans un contexte à l’atmosphère si particulière. Enchanteur de jour, les contrées s’imprègnent d’une aura menaçante à la tombée de la nuit. Grâce à un travail artistique de qualité et des effets numériques bien intégrés à l’image, les créatures bestiales sont aussi dangereuses qu’impressionnantes. On dénotera également une pointe de second degré dans certaines réparties qui permet d’apprécier le film d’André Øvredal à sa convenance. Une chasse aux trolls originale et immersive.

Note : 14/20

Par Dante

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