novembre 30, 2022

L’Avocat du Diable

Titre Original : Guilty as Sin

De : Sidney Lumet

Avec Rebecca De Mornay, Don Johnson, Stephen Lang, Jack Warden

Année : 1993

Pays : Etats-Unis

Genre : Policier, Thriller

Résumé :

Jennifer Haines, brillante avocate, spécialiste des causes désespérées, va défendre un client soupçonné du meurtre de sa femme. Elle l’innocente et découvre qu’il l’a piégée et manipulée depuis le départ.

Avis :

Sidney Lumet est l’un des plus grands cinéastes que le cinéma ait vu naître. Fervent défenseur de la justice, passionné par la justice, Sidney Lumet en fait son cheval de bataille à travers l’une des filmographies les plus passionnantes à découvrir. Oui, je suis loin d’avoir tout vu, car en cinquante ans de carrière, Sidney Lumet a signé pas moins de quarante-cinq métrages.

Si Sidney Lumet a connu de très gros succès à travers les quarante premières années de sa carrière, une fois arrivée dans les années 90, le réalisateur n’a pas autant passionné et c’est bien dommage, car son œuvre reste encore une fois intacte, logique, cohérente avec elle-même et surtout elle est excellente, comme va le prouver encore une fois « L’avocat du diable« , un excellent cru qui est aujourd’hui totalement oublié.

Jennifer Haines est une brillante avocate du barreau de New York. La jeune femme a énormément d’ambition et elle aime se battre corps et âme pour défendre ses clients. David Greenhill est un homme qui aime séduire les femmes. Il aime jouer de ses charmes. Accusé du meurtre de sa femme, tout l’accuse et pourtant, il se sait innocent, sa femme s’étant suicidée. Jennifer, touchée et séduite par ce client, se lance alors dans sa défense. Mais très vite, Jennifer a des soupçons. Des soupçons qui vont être confirmés par son client, qui lui laisse même entendre que sa défunte épouse ne serait pas la première. Piégée, se sentant être la prochaine cible de cet homme psychopathe et pervers, Jennifer va essayer de le faire tomber, tout en le défendant, puisqu’il est trop tard pour s’en aller…

Décidément, Sidney Lumet a tout compris au cinéma, et même quand on se retrouve devant un film qu’on pourrait qualifier de mineur dans la carrière de cet immense réalisateur, il demeure un moment de cinéma parfaitement exécuté qui sait exactement où il va et ce qu’il fait.

Il est vrai que le scénario que tient entre ses mains Sidney Lumet n’est pas, dans sa trame, le plus original du monde. D’ailleurs, il est assez facile d’en deviner le final, car il n’y a pas d’autres choix possibles qui se mettent en place sur la route des personnages. Mais ce n’est pas là le plus important et le plus intéressant de cet « … avocat du diable« . Non, le plus importance ici, c’est la réflexion qu’offre le metteur en scène sur la confidentialité avocat/client. Jusqu’à quel point peut-on garder le silence sur des atrocités ? Quand doit-on rompre ce silence, ce qui risquerait d’abîmer à jamais une carrière ? Comment vivre avec l’idée de défendre « une ordure » ? Comment et par quelle astuce peut-on faire arrêter son propre client, sans être soupçonnée ? La justice est faite et rendue par les hommes, elle n’est donc pas infaillible, elle a ses défauts, ses nuances et Sidney Lumet, avec ce film, arrive à non seulement livrer un thriller passionnant, mais il arrive de surcroit à livrer un film qui parle habilement du système judicaire et ne serait-ce que pour ça, « L’avocat du diable » devrait être réhabilité.

« L’avocat du diable« , c’est aussi un film qui est génialement mis en scène par son réalisateur. Évitant pas mal de clichés, installant une ambiance qui ne va faire que se tendre, alors même que l’ensemble demeure assez prévisible, Sidney Lumet démontre encore une fois tout son talent. Court, concis, mais surtout efficace, Sidney Lumet nous entraîne dans un thriller où la manipulation est maîtresse. Un thriller qui comporte beaucoup de nuances, de doubles jeux et qui s’appuie aussi énormément sur le talent de ses comédiens, qui trouve là des personnages géniaux à interpréter. On ajoutera une bonne BO signée Howard Shore qui accentue bien la tension du film

En parlant des interprètes, « L’avocat du diable » est un film qui tient principalement sur ses deux acteurs. Si on trouvera Stephen Lang, toute choucroute et moustache de sortie, si l’on mentionnera Jack Warden dans un rôle très touchant, car il déborde de complicité avec son actrice principale, il est vrai qu’ici, rien ne vaut Rebecca De Mornay et Don Johnson, qui composent un duo d’ennemis passionnant. « L’avocat du diable« , c’est des histoires de doubles jeux et par ce biais, c’est un film qui demande alors à ses acteurs de camoufler les sentiments de leurs personnages et c’est assez génial, car quand l’un donne l’impression de jouer franc jeu, c’est l’autre qui se cache et ce ping-pong, on l’a pendant tout le métrage. Rebecca De Mornay en avocate ambitieuse est fabuleuse, quant à Don Johnson, il arrive à être presque terrifiant, caché derrière des sourires dragueurs ravageurs.

« L’avocat du diable » est donc encore une fois un excellent cru signé Sidney Lumet. Moins important, moins impactant que des films comme « 12 hommes en colère« , « Point limite » ou encore sa dernière œuvre « 7h58 ce Samedi-là« , « L’avocat du diable » ne mérite certainement pas l’anonymat qui lui est réservé. Bref à voir, découvrir et redécouvrir.

Note : 16/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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