mai 16, 2021

Le Deuxième Souffle

De : Jean-Pierre Melville

Avec Lino Ventura, Paul Meurisse, Michel Constantin, Christine Fabrega

Année : 1966

Pays : France

Genre : Policier

Résumé :

Trois hommes s’évadent de la prison de Castres, dont Gustave, dit « Gu » qui vient d’y passer huit ans. Le commissaire Blot disparaît tandis qu’un hold-up s’organise…

Avis :

Dans les grands réalisateurs français, Jean-Pierre Melville fait l’office d’un pape dans le monde du cinéma. Plusieurs de ses films sont de véritables classiques du cinéma français. Des classiques importants qui ne cessent de faire toujours plus d’admirateurs, alors que les années défilent.

Arrêtons-nous aujourd’hui sur « Le deuxième souffle« , un film d’hommes mené par l’ami Lino Ventura. Considéré comme l’un des meilleurs films du réalisateur, ce « … deuxième souffle » est un très bon film de gangsters. Un film noir, un film pourri, acide, dont le seul reproche que l’on pourrait lui faire est de parfois abuser d’un peu trop des silences. Mais bon, des silences et du cinéma comme celui-là, on en manque cruellement.

Gustave Minda dit Gu vient de s’évader de prison dans laquelle il vient d’y passer une dizaine d’années. Gu veut quitter la France et fait jouer ses anciennes connaissances, dont la belle Manouche. Alors que cette dernière fait son possible pour aider son ami, alors même qu’elle est trop souvent questionné par l’inspecteur Blot qui se doute de quelque chose, Gu se voit proposer un travail qui va lui rapporter deux cent millions de Francs. Une somme alléchante, dont Gu ne peut se priver s’il veut quitter la France.

« Le deuxième souffle » est un film de braquage et de gangsters comme on les aime et comme on n’en voit plus vraiment en ce moment dans le cinéma français.

Avec un scénario solide, Jean-Pierre Melville nous entraîne dans une intrigue dense et intéressante. Une intrigue qui évolue énormément et qui nous emmènera de Paris à Marseille. Évasion, enquête, manipulation, braquage et règlements de comptes sont au programme de ce film, qui a tendance à s’étirer un peu trop en longueur.

Si le tout est très bien tenu par ses acteurs, je dois dire que le film qui s’étend sur deux heures et demi et a eu tendance à être parcouru de petites longueurs. Jean-Pierre Melville développe énormément ses personnages, ce qui les unit et les différentes intrigues qui les lient ou encore l’enquête de l’inspecteur Blot, mais finalement, à force de vouloir développer et donner du fond et du sens à tout, « Le deuxième souffle » s’essouffle parfois et se trouve être long, surtout dans ses silences, et le film aurait surement gagné à être plus court d’une bonne vingtaine de minutes.

Alors bien entendu, la virtuosité de Melville fait qu’on arrive toujours à re-rentrer dans l’intrigue et toujours trouver quelque chose d’intéressant à offrir à son spectateur et ces longueurs, même si elles se font sentir, face à la qualité de l’intrigue, de la réalisation, et du film lui-même, ne sont que broutille.

D’ailleurs, dans une remise en question, ces longueurs viennent peut-être même de nous-même et non du film. Alors que les films vont de plus en plus vite, peut-être qu’un film qui justement prend son temps pour installer le tout sans mâcher le travail à son spectateur, finit par apparaître comme long face à la consommation du cinéma actuel ? Une réflexion peut-être hors de propos, mais la question est lancée. Car finalement, le tout, ici, est très bon.

« Le deuxième souffle« , c’est aussi une mise en scène qui rend hommage aux films noirs américains. Beaucoup de références au pays de l’oncle Sam y sont répertoriées. « Le deuxième souffle » est un film qui a beaucoup de classe dans sa réalisation, plusieurs plans et plusieurs scènes sont tout simplement extraordinaires.

Puis enfin, « Le deuxième souffle » est très bien tenu par un casting impeccable. De Lino Ventura à Paul Meurisse (incroyable en inspecteur) en passant par Christine Fabrega, Michel Constantin sans oublier Raymond Pellegrin, tous sont parfaits, grands, puissants et fascinants.

« Le deuxième souffle » est un très bon film de gangsters, qui malgré ses longueurs est typiquement le genre de film qui manque au cinéma français. Tenu par des comédiens excellents, doté d’une réalisation classieuse, parcouru de scènes (celle du hold-up est un chef d’œuvre à elle seule) et de dialogues géniaux, Jean-Pierre Melville fait encore une fois des merveilles et finalement, ces longueurs vont être très vite oubliées face aux souvenirs et au plaisir que laisse le film derrière lui.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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