octobre 6, 2022

Eragon

De : Stefen Fangmeier

Avec Ed Speleers, Jeremy Irons, Sienna Guillory, Robert Carlyle

Année : 2006

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantasy

Résumé :

Autrefois, la paix et la prospérité régnaient en terre d’Alagaësia. Les Dragons avaient alors fait don à leurs Dragonniers de pouvoirs magiques, et même de l’immortalité. Aucun ennemi ne pouvait les vaincre… jusqu’à ce que l’un des leurs, Galbatorix, décide de trahir pour s’approprier tous ces pouvoirs et en jouir seul en détruisant tous les autres Dragonniers.
Un jeune homme, Eragon, découvre un œuf étrange aux lueurs bleues, qui donne naissance à un Dragon femelle. Il le baptise Saphira. Le temps des Dragonniers est revenu…
Avec l’aide de son mentor, Brom, Eragon va découvrir quel est son vrai destin. Lui seul peut faire renaître l’âge d’or de la justice, il est l’unique espoir du peuple d’Alagaësia, mais pour cela il va devoir affronter Galbatorix et vivre la plus fabuleuse des sagas…

Avis :

Au cours des années 2000, nous avons été plutôt gâtés en matière de Fantasy. Il faut dire que Peter Jackson est passé par là avec son adaptation du Seigneur des Anneaux, et forcément, cela a fait des émules. On taira bien évidemment les horribles Donjons & Dragons, ou encore King Rising d’Uwe Boll, qui ne sont pas de bons exemples. Mais existe-t-il de bons exemples ? Certains ont fondé des espoirs en 2006 avec Eragon, adaptation du best-seller de Christopher Paolini, qui pourrait se résumer en un Seigneur des Anneaux pour adolescents, avec des dragons et des méchants pas beaux. Avec plus de deux millions d’exemplaires vendus uniquement aux States, il était évident que le premier livre allait passer par la case cinéma, et malheureusement, ce fut un terrible échec, aussi bien critique que public. Mais pourquoi un tel projet a-t-il floppé comme cela ?

Parce que bon, il y avait quand même matière à faire des choses intéressantes. Ici, un jeune fermier trouve une pierre étrange lors d’une chasse, et il s’avère que c’est un œuf de dragon. Mais les dragons ont disparu depuis des lustres suite à la trahison de Galbatorix qui les a faits tous abattre afin de devenir le maître du monde. Eragon va alors découvrir sa destinée, devenir un dragonnier et combattre le grand méchant. Un récit initiatique simple dans un monde cohérent, connu de tous, mais qui promet des aventures épiques. Mais dès le départ, on va ressentir comme une drôle d’impression, celle que le film n’a pas les épaules pour un tel récit. Cela se sent par la mise en scène, qui est déjà confiée à un type qui superviseur des effets spéciaux et pas réalisateur.

Stefen Fangmeier a beau avoir des récompenses dans son métier, ce n’est pas pour autant qu’il sait manier une caméra. Le début fait très kitsch, et il n’y a pas de volonté de faire quelque chose de beau. Ni même d’épique ou d’angoissant, ce qui se retranscrit dans les apparitions de John Malkovich. En effet, il est toujours dans la même pièce, en contre-plongée pour montrer sa domination, devant une carte du monde qui semble avoir été dessinée par un môme de dix ans. C’est moche, et on ne prendra jamais cette menace au sérieux. Mais de toute façon, dans ce film, qui a été pensé comme le premier d’une trilogie, ce n’est pas lui le principal antagoniste, mais Durza, un sorcier maléfique joué par Robert Carlyle. Là aussi, on fait face à un méchant dont la méchanceté est la nature même, et qui ne possède pas un background intéressant.

L’acteur surjoue comme un goret, et c’est peut-être l’une des seules choses qui nous sauve de l’ennui. Au milieu de tout ça, le film manque clairement d’un aspect épique. La relation entre Eragon et Brom, son mentor, est assez succincte et manque cruellement de profondeur et d’empathie. Certes, Jeremy Irons est un excellent acteur, mais il semble peu impliqué dans ce projet. De même, le coup du dragon qui grandit d’un seul coup dans les nuages, permettant, dès lors, à Eragon de chevaucher les cieux, ne permet pas une relation solide entre le chevalier et sa monture. Tout va trop vite et on sent que le réalisateur est brimé par un temps qui a dû lui être imposé. Du coup, l’ensemble ne manque pas de cohérence, mais juste de point d’apaisement pour épaissir les interactions et les backgrounds. D’ailleurs, les personnages secondaires ne sont pas intéressants.

Que ce soit la jeune reine qui a sauvé l’œuf de dragon (Sienna Guillory), le chef du clan des gentils planqués dans la montagne (Djimon Hounsou) ou encore Murtagh, le gentil rodeur (Garrett Hedlund), aucun d’eux ne vient susciter le moindre intérêt dans l’histoire. Certes, ils ont des moments de bravoure, mais cela dure peu de temps, et surtout, cela n’impacte pas le scénario ou notre ressenti pour eux. Mais encore une fois, le film était pensé comme un premier chapitre, et forcément, il devait y avoir des choses à dire sur les hypothétiques prochains films, mais l’aspect mercantile à parler, et cela ne restera qu’une fable. Et en l’état, ce film ne tient pas vraiment la route. Même si les effets spéciaux sont solides (merci WETA et ILM), l’histoire n’arrive pas à passionner et on aura qu’un aperçu de la richesse du monde.

Mais bien évidemment, n’incriminer que le public sur cet échec sera de mauvaise foi. Si le film n’a pas marché au box-office, c’est aussi pour des raisons techniques, avec une mise en scène bâtarde et des personnages d’une rare banalité. De plus, malgré un excellent casting, le héros est incarné par un parfait inconnu pour l’époque, Ed Speleers, qui tient-là son premier rôle. Et il n’a pas la carrure pour jouer cela. Il n’est pas charismatique et il lui manque une aura, un charme, qui aurait fait que l’on adhère de suite à son personnage. Difficile aussi de ne pas évoquer le moment de sa sortie, alors que Harry Potter cartonne avec son quatrième volet, faisant de l’ombre à n’importe quelle autre franchise estampillée littérature adolescente. Et la folie du Seigneur des Anneaux était en pleine redescente… Bref, les astres n’étaient clairement pas alignés…

Au final, Eragon est un ratage dans les règles de l’art, aussi bien dans ses aspects techniques que dans son scénario, et même dans son année de sortie. Si Christopher Paolini a d’abord pensé sa saga comme un film, il doit être bien déçu aujourd’hui de voir à quel point son histoire a mal vieilli, notamment à cause d’un metteur en scène sans expérience et d’un acteur principal sans expérience et d’une équipe bien douteuse. Bref, un film raté qui sabordera par la même occasion une franchise, sans que l’on s’en plaigne vraiment…

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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