octobre 6, 2022

Mission Scorpio One

Titre Original : Scorpio One

De : Worth Keeter

Avec Jeff Speakman, Robert Carradine, Robin Curtis, Steve Kanaly

Année : 1997

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Des scientifiques sont envoyés sur la station Scorpio One. Mais un sénateur a pour intention de saboter leurs expériences.

Avis :

Afin d’appréhender la qualité ou le contenu d’un film, certains noms d’acteur suffisent à donner un aperçu de la bobine. Avant que Steven Seagal ou Dolph Lundgren n’enchaînent les DTV, d’autres personnalités du cinéma d’action se sont lancées dans des productions poussives et dispensables à plus d’un titre. On songe notamment à Joe Lara, Frank Zagarino, Matthias Hues, sans oublier Jeff Speakman. Ce dernier occupe d’ailleurs la tête d’affiche de Mission Scorpio One. Sur fond d’espionnage et de terrorisme, il est question d’un film d’action qui s’ancre dans un contexte de science-fiction plus ou moins assumé. Tout un programme pour ressasser ce qu’il y a de pire dans les deux genres respectifs…

L’intrigue (ou ce qui y ressemble) ne se contente pas de propos terre-à-terre pour déblatérer son florilège d’invraisemblances. Comme d’autres productions du même acabit, le film de Worth Keeter, grand amateur des Power Rangers, souhaite atteindre un niveau de bêtises stratosphérique dans sa quête de l’éternel héros patriote sans peur et sans reproche. En l’occurrence, les protagonistes sont littéralement mis sur orbite terrestre pour se confronter à une bande de mercenaires dont le cerveau semble avoir encaissé beaucoup trop de jets au décollage. L’idée est simple : voler le concept de fusion à froid pour en dégager des bénéfices indécents.

Le motif mercantile étant avancé, il donne lieu à un enchaînement de comportements stupides et totalement improbables. On fera l’impasse sur la nécessité de se rendre dans l’espace pour l’obtenir afin de mieux se concentrer sur une témérité inutile. Il est en effet bien connu que l’on profite parfaitement de son argent mal acquis lorsqu’on passe ad patres. Au-delà de considérations des plus maladroites, le spectateur doit aussi se confronter à des lignes de dialogues qui frôlent le non-sens. On n’échappe guère aux habituels clichés de circonstances, pas même aux remarques binaires ou peu finaudes quant à l’amorce de la mission de sauvetage ou la pseudo-révélation du vol des données.

Difficile d’évoquer un semblant de jeu d’acteurs étant donné qu’il demeure inexistant. Les faciès de crustacés rivalisent d’indifférence, tandis que leur gestuelle prête à sourire tant elle se plie aux atours artificiels desdites séquences. Les fusillades et les courses poursuites sont involontairement drôles, tout comme les combats. Ceux-ci ne sont pas nombreux, mais sont d’une nullité consommée. Mention spéciale aux plats de la main de Jeff Speakman pour feinter et asséner des coups à ses adversaires. Il n’y a rien de réaliste ou d’impressionnant. Le rendu laisse surtout à penser que le bonhomme tranche du vent avec pour seul effet de flouer des ennemis dont la débilité intrinsèque est proportionnelle à leur myopie non diagnostiquée.

Mais le pire défaut de cette débandade cinématographique est sans doute de prôner un ennui latent, y compris lors des passages les plus « tendus ». Non seulement l’ensemble est dépourvu du moindre intérêt, mais le manque de tension annihile toute connotation distrayante, même au second ou au troisième degré. Pour tout gâcher, le contexte de science-fiction se résume à cette station spatiale en carton. Quant aux raccourcis et approximations scientifiques pour tenter d’y donner corps, on se heurte à une absence totale d’explications ou de détails. Au vu de ce qu’avance l’intrigue dans ses tenants les plus simplistes, ce n’est sans doute pas un mal.

Au final, Mission Scorpio One est une production grotesque, presque loufoque tant elle s’éparpille en tout sens ; à commencer dans l’espace. Le scénario ressasse des clichés et caricatures à un rythme effarant. Ce qui contraste avec une progression ennuyeuse, prévisible et inconstante. En matière d’action, il faut se contenter de fusillades d’une platitude sans nom, tirs au laser à l’appui. Les combats sont tout aussi absurdes avec un Jeff Speakman en roue libre. Il reste un cadre mal exploité dont l’architecture laisse penser à une construction faite avec trois bouts de ficelles et des cartons de déménagement récupérés dans la benne à ordures du studio de production. Il est d’autant plus facile de comprendre pourquoi pareille ignominie a sombré dans l’oubli.

Note : 02/20

Par Dante

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