octobre 27, 2020

Hellraiser

hellraiser

De : Clive Barker

Avec Andrew Robinson, Clare Higgins, Ashley Laurence

Année : 1987

Pays : Angleterre

Genre : Horreur

Résumé :

Julia et son mari Larry emménage dans une nouvelle maison avec la fille de Larry, Kirsty. Mais Julia a eu autrefois une liaison avec le frère de Larry, Frank. Ce dernier est entré en possession d’un cube diabolique qui lui a fait découvrir les enfers. Grâce à une goutte de sang, il revient à la vie mais à besoin de davantage de sang pour renaître. Avec l’aide de Julia, il va tenter de redevenir « humain ». Mais Kirsty a des doutes sur Julia…

Avis :

Pour tout amateur de films d’horreur, le nom de Hellraiser signifie forcément quelque chose. Saga mythique du cinéma de genre ayant débuté en 1987 avec un certain Clive Barker aux commandes, le premier film sera l’amorce d’une série de nombreuses suites et d’une présence maléfique incroyable du nom de Pinehead (non, cela ne veut pas dire tête de bite). On reconnait un film culte à son image dans le monde, et Hellraiser en fait partie, car que l’on ait vu ou pas un des films de la saga, la figure pleine de clous de ce cher cénobite nous reste en mémoire et a surement du traumatisé un bon nombre de bambins amateurs de frisson. De plus, pour tout lecteur passionné par le genre fantastique/horrifique, Clive Barker n’est pas non plus un inconnu. Romancier de talent et connu pour ses livres de sang, il est aussi le scénariste de l’incroyable Candyman et le réalisateur de ce Hellraiser. Partisan du mouvement Splatterpunk, c’est-à-dire introduire un modèle urbain, avec des gens souvent asociaux ou en marge avec des tueurs sanglants, des monstres jusqu’auboutistes, bref avec de joyeux tarés plus que violents, voir carrément déviants. Alors qu’en est-il de ce Hellraiser, premier film de Barker ? Son statut de film culte est-il mérité ?

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Il n’est pas facile ce rubik’s cube !

On reconnait très rapidement la patte de Barker, car avec Hellraiser, il signe ses thèmes favoris en proposant quelque chose de profondément malsain, urbain et fantastique. L’histoire de ce premier film commence par une scène assez bizarre, avec un homme se livrant à l’ouverture d’un cube dont l’aspect laisse présager quelque chose de diabolique. Et effectivement, l’homme va se retrouver découpé en morceaux et une main bizarre va s’amuser à faire un puzzle avec son visage. Quelques temps après, une famille vient vivre dans la maison du drame et l’homme de famille n’est autre que le frère du disparu dont sa femme était amoureuse (oui, c’est une salope !). Sauf que le mari va entrer dans la pièce où est mort son frère en laissant tomber une goutte de sang sur le sol. Cela suffit à faire ressusciter son frère mais pas entièrement. Complètement dévoué à rendre forme humaine à son amant, la femme va ramener et tuer des hommes dans cette pièce pour donner du sang. Sauf que cet homme est recherché par des êtres difformes, des cénobites, alliant plaisir et souffrance et dont les pouvoirs sont exceptionnels. Bien entendu, la fille du père va se douter de quelque chose, va trouver le cube et va se retrouver confrontée aux cénobites. Elle est face à un cruel dilemme, faire un marché avec les cénobites pour leur donner son oncle ou se débarrasser du cube. Si le scénario parait assez simple, il a le mérite de présenter des personnages qui sont devenus incontournables de la scène horrifique, avec Pinehead et ses compagnons de torture, au look si particulier, et si gênant.

Les thèmes forts de ce métrage se retrouvent dans une ambiance très malsaine et pourtant très contemporaine et très urbaine. Barker va proposer une horreur indicible d’antan dans un monde actuel et presque rassurant. Sauf que cette horreur, ces créatures, sont au-delà de la technologie et apporte une angoisse constante dans un milieu familier. Bien évidemment, tous les personnages on des vices plus ou moins cachés, et cela fait partie de l’univers de Barker qui aime présenter des personnages marginaux et des monstres issus de quelque chose de profondément mauvais. On a pu le voir avec Candyman, bien que postérieur à Hellraiser, où la présence des HLM et le racisme latent ont créé un monstre de toute pièce. Hellraiser explore un peu moins le thème de l’urbanisme, mais il va aller plus loin dans la démonstration de la déchéance humaine et de son incapacité à se délester de ses vices, voulant toujours plus et étant trop curieux. Ainsi, les cénobites sont les gardiens de ses vices et mettent les humains face à leurs déviances, arborant un physique punk extrême, suggérant une douleur permanente. L’ambiance résultant de ce postulat est profondément malsaine, glauque, montrant que finalement l’homme n’est rien et qu’il n’assume aucun de ses actes. A quelque part, le film est vraiment très noir voir dépressif dans un traitement visuel fort.

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Ah ben je t’avais bien dit de ne pas aller chez ce Delajoue, c’est un charlatan.

Ce qui est fort dans Hellraiser, c’est que l’on accordera de l’importance à trois acteurs, mais surtout aux cénobites et au maquillage des créatures maléfiques. Bien entendu, l’homme qui incarne Pinehead est vraiment très convaincant. Doug Bradley arrive à donner une aura très personnelle au chef des cénobites et cela le rend d’autant plus dérangeant. Et pourtant, ce n’est pas le pire au niveau du maquillage. La femme ou encore celui qui claque des dents sont bien plus terrifiants, physiquement parlant, mais on voit très rapidement que ce ne sont que des subalternes. Tout cela grâce à la prestation sobre et glaçante de Doug Bradley. Après, on s’attachera relativement vite à la jeune fille du métrage, Kristy, qui va être l’héroïne du  film. La prestation d’Ashley Laurence reste efficace et correcte, bien que son personnage soit assez quelconque. Mais les deux acteurs les plus efficaces sont Claire Higgins, dans le rôle de la belle mère vénéneuse et amoureuse du défunt frère de son mari, et le frère en question qui tente désespérément de ressusciter. Si Claire Higgins surjoue un peu, elle n’en demeure pas moins intéressante dans un rôle froid et sans pitié où l’on voit que l’amour peut rendre cinglé. De l’autre coté, Sean Chapman reste très convaincant en beau gosse machiavélique et il arrive presque à devenir plus détestable que les cénobites, finalement victimes de leur propre rôle. Et c’est assez fort de la part de Clive Barker, car les monstres ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

Ce qui reste hallucinant dans ce film, outre sa marque visuelle assez forte, ce sont les effets spéciaux et les maquillages. Quand on sait que le film date de 1987, on en apprécie d’autant plus le travail fourni pour donner quelque chose de sombre et glauque. Ainsi les cénobites sont les plus hideux personnages vus jusqu’ici. Sorte de démons intemporels, leurs physiques et leur ingratitude frôle le dégout tout en leur donnant une sorte de force qui impose le respect. Les maquillages sont sublimes et ce n’est pas rien qu’ils sont devenus des personnages cultes parmi les plus célèbres boogeymen. Mais le meilleur travail revient sans aucun doute à la résurrection du mauvais frère qui se reconstitue avec du sang frais. Si l’on excepte sa première transformation qui ressemble à un modelage filmé à l’envers, les effets du maquillage qui montre son évolution sont assez remarquables pour l’époque. Bien évidemment tout cela a un impact assez fort qui font de Hellraiser un film à part, noir et sale voir cauchemardesque. Les effets gores, bien qu’assez grossiers, ajoutent à l’horreur ambiante du métrage. Bien entendu, tout n’est pas parfait, comme le monstre à l’envers qui avance en bavant et qui n’est pas aussi crédible que les cénobites. D’ailleurs, on  remarquera le chariot derrière lui qui le pousse et qui le fait avancer vers sa victime. Mais d’un autre coté, cela rajoute un charme intéressant au film.

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Ben alors, tu viens plus aux soirées ? On s’est fait une soirée bricolage, je me suis fait clouer, je te dis pas comment !

Au final, Hellraiser demeure un très bon film d’horreur qui n’a pas volé son statut de film culte. Totalement à part dans son thème et dans son traitement, Hellraiser propose un mélange d’urbanisme, de modernité et de monstres intemporels rappelant presque les ouvrages de Lovecraft avec ses grands anciens. Profondément glauque, sale, explorant les vices de l’être humain, Clive Barker signe une œuvre malsaine qui renvoie l’homme à son état de petit poussière dans l’univers. Si tout n’est pas parfait, on reste quand même scotché devant une si belle maîtrise et devant ce visuel très travaillé. Bref, une réussite pour ma part.

Note : 16/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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2 réflexions sur « Hellraiser »

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